Un triangle amoureux est à l’origine du crime survenu au coin de la rue Saint-Hubert et du boulevard Leclerc Ouest, à Granby.

Attaque à la machette à Granby: l’auteur écope de 14 mois de prison

Le jeune auteur d’une attaque à la machette survenue en mai 2017, à Granby, aura du temps pour réfléchir à la portée de ses actes.

Imberbe, l’air juvénile et portant une chemise à carreaux verte, Jean-François Laforest, 21 ans, s’est vu imposer une peine de 14 mois de prison, jeudi, pour ses gestes commis à la suite d’un triangle amoureux.

Son rival habitait comme lui un immeuble au coin de la rue Saint-Hubert et du boulevard Leclerc Ouest. Mécontent d’avoir été pris à partie, l’accusé lui aurait brisé une fenêtre. Le lendemain, c’est une vitre de son propre appartement qui subit le même sort.

Les deux belligérants en viennent aux poings dans la rue ce soir-là, après quoi M. Laforest revient armé d’une machette. Il en aurait asséné plusieurs coups à la victime, bien que le tribunal n’en reconnaisse qu’un seul.

On retient cependant que la victime a subi de sérieuses blessures — nécessitant plusieurs traitements médicaux — et qu’elle reste avec « une grande peur de l’accusé », a indiqué le juge Serge Champoux, de la Cour du Québec.

« Les blessures de [la victime] sont loin d’avoir guéries, dit le magistrat. Mais il a cessé ses fréquentations négatives. »

«C’est plate que deux jeunes en soient arrivés là», dit le père de la victime, Martin Nadeau.

Contexte

Comme toute peine prend en considération autant le crime que les circonstances, les conséquences et le caractère de l’accusé, le juge a spécifié le contexte particulier de l’accusé qui, il y a quelques semaines, a reconnu sa culpabilité.

M. Laforest n’a pas eu une vie facile. Placé tôt en famille d’accueil, il est retourné chez un proche pour être abandonné de nouveau, à 11 ans, devant la porte du poste de police de Granby. Rebelote en centre d’accueil puis, laissé à lui-même à 17 ans, il abandonne l’école et se consacre à la vente et à la consommation de cannabis.

Il souffre d’impulsivité et d’un trouble de l’attachement — ce qui est compréhensible, dit le juge. Il n’avait pas d’antécédent judiciaire. Le juge a aussi pris en compte le fait que l’accusé est jeune, qu’il a manifesté des regrets et de l’empathie envers la victime et qu’il a amorcé des démarches pour donner un meilleur sens à sa vie.

Mais la cour a aussi retenu qu’il s’agissait de violence gratuite, dont la victime en subit encore les séquelles, que l’évaluation de Jean-François Laforest est mitigée quant à son potentiel de réinsertion sociale et qu’il a été arrêté de nouveau après les événements pour bris d’engagement et possession de drogue.

Conclusion

Devant ces faits et après avoir consulté la jurisprudence applicable, le juge Champoux conclut qu’une peine de 14 mois de détention est justifiée. La Couronne demandait deux ans de prison et la défense, six mois.

Compte tenu du temps passé en détention préventive, l’accusé devra en réalité passer huit mois en incarcération et respecter, ensuite, une probation de trois ans.

Le père de la victime, Martin Nadeau, juge la sentence satisfaisante, mais déplore que la cour ait retenu que son fils n’a reçu qu’un seul coup. « Il est encore jeune et il faut qu’il fasse sa vie, dit-il à propos de l’accusé. Maintenant, il faut passer à autre chose. C’est plate que deux jeunes en soient arrivés là. »