Chafic Zakaria et Antony Acciarri de Monark Eco Fibre à Granby demeurent confiants d’arriver à construire des bases solides pour commercialiser la fibre d’asclépiade.

Asclépiade: la commercialisation plus ardue que prévu

La commercialisation de l’isolant thermique produit à base de fibre d’asclépiade tarde à se concrétiser. La PME granbyenne Monark Eco Fibre a récemment coupé les ponts avec la coopérative d’agriculteurs Monark et a dû se trouver in extremis une nouvelle source d’approvisionnement.

« On s’est retrouvé dans une impasse. On ne pouvait pas continuer à travailler avec eux [la coop]. On a pris le taureau par les cornes. Nous avons mis fin à la relation d’affaires et nous avons trouvé une autre source d’approvisionnement », explique le président de Monark Eco Fibre, Chafic Zakaria.

Dans une lettre adressée à la présidente de la coopérative Monark, dont La Voix de l’Est a obtenu copie, le président de Monark Eco Fibre déplore notamment n’avoir reçu que deux des 100 tonnes « promises » de la récolte 2017. « Cette absence de fibre nous a fait perdre une année complète de production et de revenus, en plus de décevoir plusieurs clients importants », fait-il valoir.

La récolteuse mécanique testée l’an dernier par la coop n’ayant pas fait ses preuves, la récolte 2018 devra vraisemblablement être réalisée de façon manuelle. La coopérative, située à Saint-Tite, ne serait donc pas en mesure de livrer les quantités qui avaient, semble-t-il, été confirmées le printemps dernier.

« Ça nous retarde énormément dans le développement de la commercialisation. Ça a des conséquences. Mais on va se rattraper avec des producteurs prêts à faire en sorte qu’une vraie filière de l’asclépiade du Québec prenne forme », affirme M. Zakaria.

Récolte
Plutôt que d’acheter les récoltes de la coop, Monark Eco Fibre transigera donc, sans intermédiaire, avec certains producteurs membres de la coop ou encore avec d’autres qui ont quitté le regroupement, de même qu’avec des cueilleurs d’asclépiade, dit le président de l’entreprise.

« Nous faisons appel à ces individus, ces producteurs sérieux qui veulent continuer, qui y croient, et qui ont manifesté depuis quelques jours leur intérêt à travailler avec nous directement. Ce qui nous réjouit au plus haut point », affirme-t-il.

Monark Eco Fibre affirme être en mesure de coordonner la logistique de la récolte manuelle cet automne. Le processus pourrait être mécanisé à partir de l’an prochain, alors que la PME dit avoir accès à « une technologie qui fonctionne ».

Dans un monde idéal, Monark Eco Fibre a besoin de 100 tonnes pour poursuivre ses activités de développement et lancer la production à petite échelle. À ce jour, deux axes de commercialisation auraient été ciblés : l’isolant thermique qu’on pourra retrouver dans des vêtements de plein air, mais aussi dans les sacs de couchage et la literie, ainsi que le fil d’asclépiade qui pourra être utilisé pour fabriquer du tissu, à l’instar du coton, du chanvre et du lin.

« Nous avons toujours des clients. Ils sont intéressés à placer des commandes à la condition qu’on puisse démontrer qu’on a la capacité d’approvisionnement qui puisse suivre la croissance », soutient Chafic Zakaria.

À cet effet, il affirme d’ailleurs être à la recherche de producteurs intéressés à cultiver de l’asclépiade sur leur terre.

Les fondations de la filière de l’asclépiade, cette plante longtemps considérée comme de la mauvaise herbe, demeurent très fragiles. Mais M. Zakaria reste confiant d’arriver à construire des bases solides pour cette nouvelle fibre, développée à l’origine par Protec-Style. Cette dernière ayant fait faillite, Monark Eco Fibre en a racheté les actifs à l’automne 2017.

La coopérative Monark n’a pas retourné l’appel de La Voix de l’Est.