« Les citoyens ont le droit de savoir à qui ils ont affaire », a dit le maire sortant Arthur Fauteux au sujet de la candidate à la mairie Corinne Labbé.

Arthur Fauteux discrédite Corinne Labbé

Corinne Labbé n’a pas la carrure pour occuper le poste de maire de Cowansville, affirme Arthur Fauteux. Ses promesses et déclarations sont un leurre pour tromper les électeurs, soutient le maire sortant qui doute en plus de sa probité.

Dans une sortie musclée vendredi matin, M. Fauteux s’est attaqué au programme électoral de Mme Labbé et de son travail de conseillère. Il a maintes fois recouru à l’expression « fausses nouvelles » pour parler des déclarations de l’aspirante mairesse. « Les citoyens ont le droit de savoir à qui ils ont affaire », a-t-il indiqué.

À l’automne 2016, a dit M. Fauteux­, Mme Labbé a tenu un point de presse disant craindre que le conseil augmente les taxes foncières. Le conseil avait pourtant statué sur un gel en juillet, soutient le maire. Plusieurs citoyens l’ont interpellé sur ce sujet lorsque les reportages de La Voix de l’Est et du Guide ont été publiés. Elle les a sciemment induits en erreur, dit-il.

Citant plusieurs reportages rapportant certaines des décisions et déclarations de Mme Labbé­, M. Fauteux­ a noté des contradictions entre son discours et ses gestes au conseil, notamment le fait qu’elle adopte le budget 2017, mais qu’elle rejette le programme triennal d’immobilisations. Les deux vont ensemble, a-t-il dit.

Promettre la construction d’un centre communautaire, comme Mme Labbé l’a suggéré, relève de la folie, a-t-il dit. Celui de Lac-Brome a coûté quatre millions de dollars, a-t-il rappelé. Comment la conseillère peut-elle s’inquiéter autant du niveau de la dette et s’engager ainsi pour un centre communautaire ?, s’est demandé le maire qui ne sollicite­ pas un autre mandat.

En début de campagne électorale, Mme Labbé a promis de rehausser les standards dans l’attribution de contrats. M. Fauteux a vivement déploré le message derrière un tel engagement. « Je qualifierais cela de tendancieux et ça laisse l’impression que nous ne faisons pas tous les efforts nécessaires pour obtenir les meilleurs prix. »

« On parle de candidats qui se présentent sans idées. Est-ce qu’on peut aussi parler de gens qui disent n’importe quoi ? », s’est interrogé à voix haute M. Fauteux. Selon lui, Mme Labbé nuit à l’image de la Ville, fait fuir de possibles investisseurs et induit les citoyens en erreur lorsqu’elle parle des finances publiques de la municipalité.

Respect des règles

Les attaques de M. Fauteux ne se sont pas arrêtées là. Il a également remis en question la probité de l’ancienne conseillère. Elle aurait facturé des rencontres de travail à la Régie intermunicipale de gestion des matières résiduelles de Brome-Missisquoi, où elle a siégé de 2013 à 2016, pour lesquelles elle n’avait pas le droit. Une directive de l’organisme oblige les membres de son conseil d’administration de ne facturer qu’une seule journée lorsqu’ils assistent à plus de deux rencontres. À au moins deux reprises, elle n’aurait pas respecté cette règle, dit-il.

M. Fauteux laisse entendre qu’elle aurait reçu 1000 $ en rémunération de la Régie intermunicipale des déchets de Brome-Missisquoi sans en avoir le droit. Il a exhibé des courriels de la directrice générale de la Régie, Carole Lebel, où elle en discute avec un avocat, ainsi que la liste des rencontres auxquelles Mme Labbé a participé.

En réponse aux questions des journalistes, M. Fauteux a assuré que sa sortie ne pouvait être interprétée par une possible avance de Mme Labbé dans les intentions de vote. Il dit n’avoir aucune information à ce sujet. Son but est que la démocratie puisse s’exprimer, a-t-il dit.

M. Fauteux a reconnu appuyer la candidate Sylvie Beauregard dans la course à la mairie. Il ne fait cependant pas campagne pour ou avec elle, a-t-il dit.

Il a toutefois dit que son épouse travaillait à la campagne de Mme Beauregard.

«Il est temps de changer d’air et d’ère»

Estomaquée. Voilà comment Corinne Labbé a accueilli les attaques du maire Arthur Fauteux à son endroit.

« Ce n’est pas possible. Je ne sais pas par où commencer ; il y a tellement d’éléments », a-t-elle d’emblée réagi lorsque contactée en fin d’après-midi pour réagir à la sortie de M. Fauteux.

La candidate ne comprend pas que M. Fauteux, qui ne se représente pas, se mêle ainsi d’une campagne électorale. « Si un des candidats à la mairie n’est pas d’accord avec ce que je propose, avec ce que je dis, c’est à lui ou elle de me le dire. Mais pourquoi le maire sortant s’en mêle-t-il ? », s’est-elle demandé.

Mme Labbé n’a pas l’intention de commenter les critiques et allégations de son ancien collègue du conseil municipal. Cela ne servirait à rien, selon elle. « On est en campagne pour élire un nouveau conseil. On n’est pas là pour parler de l’administration sortante. Je n’ai pas à lui répondre. Il est temps de changer d’air et d’ère », a-t-elle illustré.

Concernant ses émoluments à la Régie, Mme Labbé n’a pu donner d’explications, disant ne pas avoir les informations en mains. Elle occupait à ce moment le poste de vice-présidente de l’organisme paramunicipal et s’occupait entre autres choses des communications. Il se peut, dit-elle, qu’elle se soit trompée par mégarde en déposant ses feuilles de paie. « Il y a peut-être eu un mélange. Je ne sais pas. Il faudrait vérifier », a-t-elle dit.

Mme Labbé voit dans cette intervention du maire un signe de panique. « C’est une chasse aux sorcières. On a peur que je gagne. C’est ce que je comprends de tout ça. Pensez-vous que sa candidate ne se sent pas menacée  ? »,
a-t-elle dit. « Mon porte-à-porte est excellent. Le contact avec les gens est excellent. Ma campagne va vraiment bien. C’est sur ça que je veux me concentrer. »