«Le but n’est pas de faire faire de la plomberie aux professeurs ou de les envoyer dans les CHSLD!», dit la présidente du Syndicat de l’enseignement de la Haute-Yamaska, Sophie Veilleux.
«Le but n’est pas de faire faire de la plomberie aux professeurs ou de les envoyer dans les CHSLD!», dit la présidente du Syndicat de l’enseignement de la Haute-Yamaska, Sophie Veilleux.

Arrêté ministériel: «Ça ne touche pas les enseignants»

Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est
Les commissions scolaires ont semé l’émoi, mercredi soir, en diffusant un arrêté ministériel stipulant que tout employé du secteur de l’éducation pourrait être appelé à faire des tâches autres que celles prévues aux conventions collectives.

Mais pour la présidente du Syndicat de l’enseignement de la Haute-Yamaska, qui représente les enseignants de la commission scolaire du Val-des-Cerfs, il n’y a pas lieu de s’inquiéter.

« Logiquement, ça ne touche pas les enseignants, soutient Sophie Veilleux. Le but, ce n’est pas de faire faire de la plomberie aux professeurs ou de les envoyer dans les CHSLD ! »

L’objectif est de « s’assurer de pouvoir mettre en place des services de garde adéquats pour les personnes travaillant dans les services essentiels » comme les infirmières, les pharmaciens et les policiers, précise-t-elle.

S’il vient à manquer d’éducatrices en garderie, les enseignants pourraient être appelés en renfort, car « la priorité est de maintenir les services ».

Mme Veilleux reconnaît que la mesure « pourrait s’appliquer éventuellement à des enseignants », s’il manque d’éducatrices, mais ils « seraient utilisés en dernier recours » et d’abord sur une base volontaire. 

La situation est tout de même « préoccupante » aux yeux d’Éric Plourde, président du Syndicat de l’enseignement du Haut-Richelieu, qui représente les enseignants de la commission scolaire des Hautes-Rivières, car les conventions collectives se trouvent d’un coup modifiées.

« Sans nos conventions collectives ni notre filet social, on fait quoi ? », demande-t-il.

Un retour à l’école... virtuel ?

En ce qui concerne la suite des activités scolaires, la question d’éventuels cours donnés via internet est également discutée à Québec, tout comme l’annulation pure et simple de l’année scolaire.

« Pour le moment, il y a beaucoup de situations hypothétiques, dit Paméla Blouin, coordonnatrice aux communications à la commission scolaire du Val-des-Cerfs, par courriel. Nous nous préparons en vertu de différents scénarios. Nous devons toutefois attendre les prochaines directives ministérielles pour confirmer nos actions. »

Elle ajoute : « Nos énergies sont actuellement déployées pour assurer le fonctionnement des mesures d’urgence et des services essentiels, dont les services de garde d’urgence scolaires. Les services éducatifs et les directions d’établissement réfléchissent également à des ressources éducatives en ligne qui pourraient être suggérées aux parents dans l’éventualité où la fermeture des établissements scolaires serait prolongée ».

Val-des-Cerfs ne donne pas d’entrevue téléphonique, écrit Mme Blouin, puisque « les situations sont encore hypothétiques en ce qui concerne les événements après le 27 mars ».

Canaux de communication

La présidente du SEHY déplore que la commission scolaire ait coupé les canaux de communication en ces temps de crise du coronavirus. 

« On me répond, mais pour me dire qu’il n’y a pas de réponse », dit Sophie Veilleux.

Elle fait remarquer que plusieurs enseignants sont suppléants, à forfait ou surnuméraires et qu’ils s’inquiètent de connaître la suite des choses puisqu’ils ne sont présentement pas payés. 

« On me dit qu’il y a des choses plus urgentes à traiter. Mais ils ont des factures à payer eux aussi. »

Tous les établissements d’enseignement du Québec sont fermés au moins jusqu’au 27 mars ; les enseignants titulaires restent rémunérés.