La Cour supérieure a rejeté la poursuite de 120 000 $ intentée par Maxime Lacasse (photo) contre le Service de police de Bromont et un de ses policiers.

Arrestation musclée: un policier de Bromont blanchi

Le tribunal rejette une poursuite de 120 000 $ intentée par un citoyen de Bromont contre le service de police local et l'un de ses policiers à la suite d'une arrestation musclée.
Cinglant, le juge Paul-Marcel Bellavance, de la Cour supérieure, indique dans sa décision que le demandeur Maxime Lacasse est « loin » d'avoir fait la preuve qu'il a été maltraité par l'agent Stéphane Bazinet la nuit du 9 février 2013. Il le condamne de plus à payer tous les frais de justice et d'expertise.
« J'ai bien l'impression qu'il n'a pas digéré son arrestation (NB : antérieure, pour alcool au volant) en 2010 et que ceci l'a aveuglé dans les réactions qu'il a eues suite à ses rencontres avec les trois policiers, plus particulièrement celle avec le policier Bazinet », écrit le magistrat dans son jugement rendu le 20 janvier. 
« La boisson (...) semble être la cause de tous ses malheurs, de ses réactions et de ses mauvaises décisions. » 
Détresse
Maxime Lacasse, un estimateur en assurances de 38 ans, reprochait au policier d'avoir refusé de lui porter assistance alors qu'il était « en détresse » et tentait de retourner chez lui à pied après une soirée bien arrosée.
L'agent Bazinet a refusé de le raccompagner après l'avoir croisé sur le boulevard Montréal, invoquant qu'une autopatrouille « n'est pas un taxi ». Il aurait aussi refusé de donner son nom. Le ton a monté et M. Lacasse a passé le haut de son corps à travers la fenêtre ouverte du côté passager pour voir l'insigne du policier. 
Après une courte échauffourée, l'agent est reparti et le demandeur s'est dirigé vers le poste de police, situé boulevard Bromont, pour utiliser le téléphone extérieur d'urgence. Au 911, il a dénoncé sa situation et insisté à plusieurs reprises qu'il jugeait scandaleux que le policier ne se soit pas identifié.
L'agent Bazinet l'a rejoint devant le poste de police et constaté que M. Lacasse était toujours agressif. Avec l'aide de deux autres policiers, il l'a arrêté puis incarcéré. L'estimateur allèguera au procès que le policier l'a « chargé comme un quart-arrière de football », ce que le tribunal n'a pas cru, soulignant l'absence de preuve de blessures.
Déontologie
« La seule concession que je serais prêt à faire au demandeur est que le policier Bazinet ne s'est peut-être pas identifié si cela lui a été demandé. Si ce fut le cas, c'est un problème en déontologie, non un cas de poursuite de plus de 100 000 $ qui a entraîné pour la Ville et son policier, leurs assureurs ou syndicat, si ce fut le cas, des dépenses énormes. » Il n'y a pas eu de plainte en déontologie dans ce dossier.
« Les trois agents pouvaient fort bien déduire qu'ils avaient affaire à un type en boisson qui a pris la mauvaise décision de marcher ce soir-là et qui voulait que les policiers le reconduisent chez lui, ce qu'ils n'ont pas à faire s'il n'y a pas une situation de détresse. »
Des accusations de voies de fait, de menaces et d'entrave au travail d'un policier avaient été déposées contre Maxime Lacasse, mais il en a été acquitté. Par le passé, il a été condamné deux fois pour conduite en état d'ébriété et une fois pour bris de condition. Son permis lui avait d'ailleurs été retiré au moment de son arrestation en 2013.
Selon son avocat, Me Robert Jodoin, il n'y a pas matière à interjeter appel. Du côté du Service de police de Bromont, le directeur Jean Bourgeois a tout de même préféré réserver ses commentaires avant que le délai d'appel soit écoulé. L'avocat de la Ville de Bromont, Me Charles Michaud, n'a pas rappelé La Voix de l'Est.