Le directeur du Service de police de Granby, Bruno Grondin, estime que le nombre de pistolets taser que possède le service ainsi que le nombre de policiers formés sont suffisants.

Arme à impulsion électrique: un déploiement efficace à Granby

Un coroner recommande un plus grand déploiement des armes à impulsion électrique pour intervenir entre autres en présence de personnes en crise à la suite du décès d’un homme atteint par les balles d’un policier dans le Centre-du-Québec. À Granby, 30 % des effectifs policiers sont formés pour l’utiliser et ce nombre ne sera pas bonifié. La direction souhaite toutefois franchir une nouvelle étape en accueillant dans ses rangs un travailleur social pour aider les agents lors de diverses interventions, notamment en santé mentale.

Le pistolet taser est utilisé depuis 2017 par les agents du Service de police de Granby, qui en possède six. Vingt-cinq policiers sont formés — et requalifiés chaque année —, ce qui assure l’accessibilité à au moins une arme à impulsion électrique en tout temps.

« Rien ne nous porte à croire qu’on est à risque comme organisation lors des interventions. Le 30 % que nous avons, ce sont des policiers formés qui répondent aux appels, qui sont sur le terrain. On forme les policiers qui interviennent auprès des citoyens », explique Bruno Grondin, directeur du Service de police de Granby, qui n’a pas voulu commenter le rapport du coroner qui recommande l’ajout d’armes à impulsion électrique.

À ce moment-ci, précise-t-il par contre, rien ne justifie de former davantage d’agents et de posséder plus de pistolets électriques. « Quand on a des appels à risque, par exemple en santé mentale, on s’assure toujours qu’un policier qui a une arme à impulsion électrique soit sur les lieux, renchérit le chef de police. Jusqu’à maintenant, dans les interventions que nous avons réalisées, il n’y a pas une situation où on aurait pu l’utiliser et qu’il y en avait pas. »

L’arme, qui est principalement utilisée en présence de personnes en crise qui résistent à leur arrestation et représentent un danger pour leur sécurité, celle du policier ou des autres personnes présentes, a été déployée à huit occasions en 2019 et à quatre reprises en 2018.

Travailleur social dans la police

L’ensemble du personnel policier a également reçu la formation « désescalade-état mental perturbé » de l’École nationale de police pour mieux les outiller dans leurs interventions. Les agents sont d’ailleurs intervenus à 478 occasions en 2019 auprès de ces personnes comparativement à 345 en 2014, une augmentation de 28 %.

Les policiers reçoivent quatre jours de formation chaque année avec les moniteurs en emploi de la force du service. À chaque occasion, l’intervention auprès d’une personne en crise ou dans un état mental perturbé est abordée. « Ça fait partie des mises en situation », précise M. Grondin.

Le service de police veut aller encore plus loin dans son approche en intégrant dans ses rangs au moins un travailleur social pour faciliter l’intervention des policiers, mais également mieux répondre aux besoins de la population.

« On est proactifs sur le terrain. On veut aider la population et on a besoin des experts, des travailleurs sociaux, affirme M. Grondin. Ils pourraient travailler à nos interventions, dans des cas spéciaux »

Une première rencontre, qualifiée de « positive » par le chef de police, a d’ailleurs eu lieu avec les représentants du CIUSSS de l’Estrie dans le cadre de ce projet.