Le DG de Bromont, Éric Sévigny, a présenté les grandes lignes du projet dès le début de la séance du conseil.

Arborescence: les élus bromontois donnent le feu vert

KnightsBridge pourra aller de l’avant avec la phase initiale de son projet domiciliaire Arborescence à flanc de montagne. Après des mois de pourparlers avec la Ville, le promoteur a fourni un plan d’ensemble qui concorde avec les attentes de la municipalité. Ainsi, les élus ont donné lundi leur aval à la signature d’un protocole d’entente entre les deux parties, assorti d’une série de conditions.

« Dans le dossier, la Ville a démontré qu’elle prend au sérieux l’environnement. Je n’ai jamais vu un projet avec autant de conditions. On n’a pris aucun risque pour s’assurer que tout allait bien s’intégrer dans la nature. Vraiment, tous les services municipaux ont travaillé très fort et on a eu une excellente collaboration des promoteurs », a indiqué le maire de Bromont, Louis Villeneuve, en marge de la séance du conseil.

C’est avec soulagement que le président et cofondateur de KnightsBridge, Simon Gervais-Boyer, a accueilli la décision des élus. « Ça commence bien l’année. Il reste quelques détails à finaliser, mais on est prêts. La phase un est presque vendue à 50 %. Dès que l’on atteindra 65 %, on lancera la phase subséquente », a-t-il mentionné en entrevue. 

Notons qu’en octobre, les élus avaient refusé les plans d’ensemble présentés par le promoteur, lui demandant d’apporter une série de correctifs. Parmi les points qui achoppaient, on retrouvait entre autres certaines « contraintes liées à la présence d’un milieu humide et d’un cours d’eau identifiés au rapport de caractérisation biologique ». « Le réseau de sentiers de la ville est un atout important, favorise les déplacements actifs et contribue au développement touristique de la ville. [...] il n’a pas encore été démontré que ce lien important puisse être conservé dans la planification du projet », peut-on également lire dans le document. On fait ici principalement référence aux pistes Divine et C-1. La révision de remblais et déblais est aussi réclamée par la Ville. 

Le président de KnightsBridge, Simon Gervais-Boyer

Piste multifonctionnelle Divine

La refonte de la piste multifonctionnelle en montagne Divine, afin de l’intégrer au projet domiciliaire, a suscité des inquiétudes au sein de la population au cours des derniers mois. Une solution a été mise de l’avant pour dénouer l’impasse. Celle-ci consiste à ce que le sentier soit relocalisé par la Ville aux frais du promoteur. L’opération sera réalisée de concert avec les Amis des sentiers ainsi que des spécialistes en la matière, a précisé le maire Villeneuve. L’entente prévoit aussi que la partie du lot comprenant la piste sera cédée à la municipalité, qui n’avait auparavant « aucun droit » sur cette portion du sentier. 

Une approche « gagnant-gagnant » selon M. Gervais-Boyer. « Ultimement, les gens vont utiliser la piste. Ça aurait été moins cher de faire [les travaux] nous-mêmes, mais on veut s’assurer que le réaménagement soit bien fait », a-t-il soutenu.

Déboisement

Dès le début de la séance du conseil, la municipalité a dressé le portrait des conditions auxquelles KnightsBridge devra se conformer. Liste qui a par ailleurs été bonifiée comparativement à la plus récente mouture du projet. Parmi ces obligations, un plan de déboisement devra être fourni. À ce chapitre, un dépôt de garantie de 50 000 $ devra être versé par le promoteur pour pallier un éventuel non--respect de cette clause. De plus, des ingénieurs civil et forestier suivront de près l’avancement des travaux. Un plan d’aménagement de conteneurs semi-enfouis devra également être approuvé.

Dans sa version actuelle, le projet prévoit que 45 % du couvert boisé sera préservé. Pour y arriver, le promoteur préconise la construction des cinq bâtiments totalisant une cinquantaine d’unités d’un seul côté des rues. De plus, la technologie sera mise à contribution afin d’optimiser l’espace restreint de stationnement disponible grâce à un système de partage via une application.

De même, les services techniques de la Ville ont travaillé de concert avec le promoteur afin de restreindre au maximum la largeur des voies de circulation. Celles-ci passeront ainsi de 31,5 m (projet initial) à 12 m. « L’effort est considérable. Lorsqu’on est en contexte de montagne, on doit faire l’effort de revoir les normes à la baisse. Il n’est pas logique de construire des autoroutes », a imagé le directeur général de Bromont, Éric Sévigny, lors de sa présentation. 

« Il faut éviter les erreurs du passé avec le Club des Cantons, a pour sa part mentionné à La Voix de l’Est le président de KnightsBridge. On vend la nature, alors on ne veut pas la raser. »