«Je vais revenir, c'est certain. Cet aréna, c'est ma vie...», affirme Guy D'Arcy.

Après 38 ans, Guy D'Arcy quittera le centre sportif Léonard-Grondin

Guy D'Arcy n'avait pas 18 ans lorsqu'il a été embauché en tant qu'aide-gérant au Palais des sports de Granby, plus tard devenu l'aréna Léonard-Grondin, puis le centre sportif Léonard-Grondin. L'aréna, c'est pas compliqué, aura été le seul et unique bureau qu'il aura connu. Et à 56 ans, après 38 ans et demi de loyaux services, dont les 11 derniers comme coordonnateur de l'endroit, il s'apprête à tirer sa révérence.
«Je suis rendu là, mais je suis un brin nostalgique en même temps, explique celui qui est né à Granby et qui n'a jamais vécu ailleurs. Honnêtement, ça a été une belle et grande aventure...»
La dernière journée de travail de D'Arcy est prévue le jeudi 22 décembre. Mais son dernier gros match de hockey aura lieu ce vendredi soir, alors que les Inouk recevront le Titan de Princeville. Et il avoue que ça risque d'être une soirée spéciale. 
«C'est la 12e saison des Inouk et je n'ai jamais raté un match!, lance-t-il. Quand je vais saluer tous ces gens que je salue à chacune des parties, il va certainement y avoir un peu plus d'émotion qu'à l'habitude. On verra bien.»
Car des matchs de hockey, il en a vu des tonnes dans «son» aréna. Ceux des Bisons et des Prédateurs, ceux du hockey senior, ceux des Inouk, ceux du tournoi bantam, des autres tournois, ceux du hockey mineur, ceux des ligues de garage... 
«Je n'oublierai jamais la conquête de la coupe du Président par les Prédateurs, en 1996, et celle de la coupe Napa par les Inouk, en 2014, les deux fois ici même. C'était de grands moments pour notre ville. J'espère qu'on aura l'occasion de revivre ça.»
La plus belle entrevue 
Guy D'Arcy n'avait pas encore fini son cégep lorsqu'il a été embauché par feu Jacques Paré, qui était à la tête de l'organisme responsable de la gestion des installations sportives de Granby. Alors gérant de l'aréna, Denis Tardif lui avait dit qu'il y avait un poste qui venait de s'ouvrir. 
«J'ai eu droit à la plus belle entrevue qui soit!, se souvient-il en riant. C'était chez M. Paré, dans son salon, et j'étais assis dans son La-Z-Boy! Je n'oublierai jamais ni Jacques, l'homme qui m'a donné ma chance, ni cette rencontre!»
Pendant 25 ans, ensuite, il a travaillé tous les week-ends et souvent de soir. Mais il affirme ne s'être jamais plaint. 
«Pendant 25 ans, j'ai été ici à 6h tous les samedis et tous les dimanches matin afin d'ouvrir l'aréna. Ça prenait quelqu'un pour le faire et c'était moi. Et il y a eu aussi plein de 26 décembre à l'époque où le Tournoi Lévrard-Trudel débutait le lendemain de Noël. Mais j'avais un emploi qui me permettait de bien faire vivre ma famille et je me considérais quand même privilégié.»
Les grandes rénovations de l'aréna, auquel on a aussi ajouté une troisième glace, constituent des moments forts de son long séjour rue Léon-Harmel. C'était en 2010. 
«On a travaillé fort, très fort. Je me rappellerai toujours qu'il a fallu vider le building en un temps record. Mais ça a valu la peine. On était dus pour une grande rénovation et on était mûrs pour une troisième glace à Granby. Aujourd'hui, on a un bel endroit, un endroit moderne et fonctionnel, où c'est très agréable d'aller.»
D'ailleurs, il le promet: il reviendra au centre sportif Léonard-Grondin. 
«Je vais certainement laisser tomber la poussière un peu. Avant de faire des plans pour ma retraite, je vais me reposer, je vais profiter de mes petits-enfants au maximum. Mais je vais revenir, c'est certain. Cet aréna, c'est ma vie...»
Les rencontres, ses plus beaux souvenirs
Guy D'Arcy va quitter le centre sportif Léonard-Grondin la tête remplie de souvenirs. Mais il admet que les rencontres effectuées au fil des ans demeurent ce qu'il y a de plus riche à ses yeux. 
«D'abord, je pense à tous ces bénévoles qui mettent tellement d'heures pour l'amour des jeunes, dit-il. Moi, je suis payé pour venir ici, pas eux. J'ai tellement de respect pour ces gens-là. Mais il y a aussi tous ces joueurs et tous ces entraîneurs avec qui j'avais un bon contact.»
D'Arcy parlera notamment de Patrick Roy, de Pierre Turgeon, de Francis Bouillon, de Michel Therrien­ et de David Lapierre. 
«Quand je voyais Roy recevoir 50 ou 60 lancers par match et se faire planter 9-1, je n'aurais jamais pensé qu'il connaîtrait une telle carrière dans la Ligue nationale. Lapierre, lui, disait que j'étais son psychologue: une fois ou deux par mois, il venait dans mon bureau et il me racontait ses problèmes avec son équipe. C'était des moments privilégiés. Et en bon psy, je respectais le secret!»
Granby a aussi déjà été une bonne ville de lutte. Dans les années 80, le promoteur Tony Mule amenait régulièrement les Dino Bravo, Gino Brito et même le Géant Ferré chez nous. 
«À la fin de la soirée, tout ce beau monde venait dans mon bureau pour calculer les profits de la soirée. Je me sentais tellement petit à côté d'eux!»
Des anecdotes comme celles-là, il pourrait en raconter pendant des heures.