Le président de la section locale 9700 des Métallos, Clément Masse, était visiblement heureux de recevoir la visite du directeur québécois d’Unifor, Renaud Gagné.

Appui d'Unifor aux syndiqués de l'ABI: «un juste retour des choses»

BÉCANCOUR — Le directeur québécois d’Unifor, Renaud Gagné, a profité de sa tournée des régions mardi pour aller à la rencontre de membres de la section locale 9700 des Métallos qui sont présentement en lock-out à l’Aluminerie de Bécancour. Déjà annoncé, le chèque de 11 150 dollars a été remis au syndicat de l’ABI, une somme recueillie par les sections locales d’Unifor au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

«Et ce n’est pas tout, toutes les sections locales de toutes les régions sont sollicitées et déjà plusieurs autres dons affluent à nos bureaux. Ce n’est qu’un juste retour des choses alors que la section locale 9700 des Métallos s’est toujours montrée solidaire de travailleuses et travailleurs en conflit de travail. On a pu le constater nous-mêmes dans deux conflits majeurs, ceux de Silicium et de Delastek qui ont reçu un appui majeur des gens d’ABI», s’est plu à rappeler M. Gagné.

Selon lui, les récentes menaces d’imposer des taxes sur l’acier et l’aluminium produit au Canada sont très inquiétantes. «On a beau être exemptés pour le moment, Trump a été très clair en disant que ça dépendra du résultat de la négociation de l’ALÉNA. Ce qui revient à dire que si le Canada ne lui concède pas ce qu’il veut, il va nous imposer des taxes. Ça n’a pas de sens de négocier comme cela», a-t-il indiqué.

D’ailleurs, parmi les sujets abordés dans sa tournée, il y a justement la renégociation de l’ALÉNA alors que le syndicat représente des membres dans presque tous les secteurs qui seront potentiellement impactés dont l’automobile, le bois d’œuvre, le papier journal et surcalandré, l’aérospatial et l’aluminium.

Et Unifor s’inquiète particulièrement du fait que le Canada ait signé l’Accord de partenariat transpacifique «en surprise et sans que l’on connaisse exactement le contenu». «Il faut bien comprendre que cet accord risque de paver la voie au futur ALÉNA. Ce qu’on a concédé dans cette négociation, les Américains voudront aussi l’obtenir», a fait remarquer M. Gagné.

Le dirigeant syndical rappelle que «l’ALÉNA, dans son état actuel, n’est pas un bon accord. Il faut que des dispositions efficaces soient incluses pour la défense des droits du travail et de l’environnement. Il nous faut aussi un bon dispositif de résolution des conflits», a-t-il expliqué. C’est d’ailleurs le même message qu’Unifor maintient lors des différentes rondes de négociation, ses dirigeants, dont M. Gagné et Jerry Diaz, président national, y participant alors que leur organisation y est invitée par le gouvernement fédéral.

Les instances d’Unifor profitent aussi de cette occasion pour discuter des prochaines élections québécoises qui se tiendront à l’automne. 

Lors d’une rencontre des sections locales en novembre dernier, les membres ont pu contribuer au processus de création de la plate-forme d’Unifor. Des équipes de militantes et militants seront mises en place partout au Québec afin d’aller à la rencontre des candidates et candidats des différents partis politiques et de présenter ces revendications. 

Au menu de cette plate-forme, on retrouve plusieurs revendications axées sur l’amélioration des conditions de vie et de travail de l’ensemble de la population notamment par la bonification des normes du travail, le renforcement de la loi en matière de santé et sécurité, l’amélioration du régime public de retraite, de meilleures dispositions en matière de syndicalisation et plus de mordant pour les dispositions antibriseurs de grève, de l’investissement massif dans les services publics et une bonification de la formation tout au long de la vie. 

Les autres sujets concernés par les revendications portent sur la protection de l’emploi et de l’économie, l’obtention d’une société plus juste et égalitaire, la protection de l’environnement, la mise en place de mesures transitoires pour les emplois perdus dans la lutte aux changements climatiques, de meilleurs mécanismes pour protéger la langue française, un canal de communication afin d’assurer un dialogue entre les gouvernements et la société civile dont les syndicats et plusieurs revendications sectorielles : aérospatial, automobile, forestier, médias et transport.

Finalement, à la mi-avril, le syndicat amorcera la négociation du contrat modèle avec l’entreprise cible choisie par les membres soit la compagnie Produits forestiers Résolu (PFR). Cette négociation traite des items salariaux, du régime de retraite et des avantages sociaux. Les clauses locales sont en train de se négocier à travers les usines de PFR. 

Lorsque le contrat modèle sera conclu, il servira de référence pour la renégociation des conventions collectives du reste de l’industrie papetière de l’est du Canada.