La majorité des élèves de troisième cycle du primaire des écoles de la Haute-Yamaska deviendront des cyclistes avertis.

Apprendre aux jeunes cyclistes à rouler en sécurité

La MRC de la Haute-Yamaska sera la première à déployer régionalement le programme Cycliste averti de Vélo Québec sur l’ensemble de son territoire en partenariat avec la commission scolaire du Val-des-Cerfs et le Centre national de cyclisme de Bromont (CNCB). Grâce à ce programme, les élèves de troisième cycle du primaire (5e et 6e année) pourront apprendre toutes les notions nécessaires pour faire du vélo de façon sécuritaire.

Pour le déploiement de ce programme à une échelle régionale, ce qui ne s’était jamais fait jusqu’à présent, la MRC de la Haute-Yamaska contribue financièrement à hauteur de 39 710 $. Vélo Québec injecte pour sa part 30 000 $. Une contribution de 100 $ sera également demandée aux classes participantes.

Le CNCB, en plus d’employer l’ex-olympienne Christel Ferrier-Bruneau à la direction du programme, embauchera deux ressources ainsi que des stagiaires pour enseigner aux enfants sur le terrain. Préalablement, les tuteurs enseigneront les notions théoriques. Les enseignants en éducation physique seront aussi appelés à transmettre des informations pratiques en milieu fermé.

« On a interpellé les MRC Haute-Yamaska et Brome-Missisquoi, mentionne Carl Morissette, directeur général adjoint à la CSVDC. Il y a déjà des municipalités de Brome-Missisquoi qui sont dans le projet et qui vont poursuivre, mais d’autres n’étaient pas nécessairement prêtes. Du côté de la Haute-Yamaska, l’ensemble des villes était intéressé par le projet. »

« C’est un peu un rêve, commente Nicolas Legault, directeur général du CNCB, qui pilote le projet. On a tous des passions et, pour moi, c’est clairement le vélo. Que ça rentre dans un curriculum scolaire, c’est de démontrer que c’est important comme région de développer le vélo. Je suis vraiment choyé. Un peu partout au Québec, je reçois des appels de gens qui me demandent comment on a convaincu le milieu politique d’embarquer là-dedans. »

Les huit municipalités de la MRC n’ont pas été difficiles à convaincre. Le préfet et maire de Sainte-Cécile-de-Milton, Paul Sarrazin, souligne notamment la notoriété de la région en matière de vélo avec sa centaine de kilomètres de pistes cyclables. Il était naturel pour lui d’offrir une formation particulière aux enfants et il compte sur l’effet d’entraînement qu’ils auront sur leurs parents afin de transmettre des connaissances.

« Je pense qu’aujourd’hui, d’être capable de sensibiliser nos jeunes aux bonnes pratiques, de bien comprendre les pictogrammes, de faire nos arrêts, faire les traversées de façon adéquate et sécuritaire, plus tard, ça va faire de jeunes adultes avertis qui vont avoir de bonnes pratiques et ça va se perpétuer dans le temps », croit M. Sarrazin, qui porte aussi le chapeau de président de la commission scolaire du Val-des-Cerfs.

Paul Sarrazin, préfet de la MRC Haute-Yamaska, Nicolas Legault, directeur général du Centre national de cyclisme de Bromont, et Carl Morissette, directeur général adjoint de la commission scolaire du Val-des-Cerfs.

Participation majoritaire

Jusqu’à présent, 15 des 17 écoles primaires dans la MRC de la Haute-Yamaska ont décidé d’embarquer dans le projet. Il est possible que des écoles anglophones de la commission scolaire Eastern Townships participent également.

« On n’impose pas un programme comme celui-là aux écoles, assure le dg adjoint de la CSVDC, puisque ça représente du temps en classe avec l’enseignant titulaire pour aborder certains contenus, du temps en éducation physique et du temps d’école où les gens du Centre national de cyclisme de Bromont font une sortie avec les élèves. »

S’ajoute aussi une formation adressée aux enseignants durant une journée pédagogique.

Les deux écoles francophones qui n’ont pas encore approuvé le programme sont en réflexion. Il faut en effet un minimum de remaniement de l’horaire pour accueillir le programme Cycliste averti.

Le Centre national de cyclisme de Bromont offrira le programme de Vélo Québec dans une quarantaine de classes, principalement de cinquième année, au printemps et à l’automne 2020, durant l’année scolaire.

Nicolas Legault a commencé à offrir ce programme à cinq classes il y a trois ans, après une année de mise en place. L’année suivante, le programme a été reçu dans dix classes. Puis, dans vingt classes.

Responsabiliser les enfants

Il voit facilement les différences après l’évaluation finale.

« Les enfants se sentent très responsables, remarque le cycliste. C’est un privilège d’être capable d’aller sur la route et de pouvoir se déplacer seul sur la route. Alors ils se sentent très responsables quand ils ont eu cette formation-là. Ils circulent de façon plus sécuritaire et les parents sont plus confiants parce qu’ils voient leur enfant parler de règles de sécurité. Les parents apprennent même à travers leur enfant les règles de bonne conduite. »

« On souhaiterait voir des impacts dans la vie quotidienne des jeunes », exprime M. Morissette, notamment en matière de saines habitudes de vie et de transport actif.

Par ailleurs, une flotte de vélos sera fournie par l’organisme Pleins Rayons pour les jeunes qui n’ont pas de vélo. À la fin du programme, ils seront donnés à des écoles où il y a des besoins.

Les différents partenaires du projet souhaitent que le programme se poursuive d’année en année et que l’ensemble des écoles de la commission scolaire y participe.