Mélissa Bernard et Jo-Annie Lebrun-Demers militent pour qu’une école primaire située à Granby accepte de se transformer en école alternative, où les parents sont davantage impliqués.

Appel à la mobilisation pour une école alternative

Mélissa Bernard et Jo-Annie Lebrun-Demers lancent un appel à la mobilisation en vue de la révision des secteurs scolaires de Granby qui doit être adoptée mardi. Toutes les deux souhaitent qu’une école primaire alternative ait sa place dans cette nouvelle cartographie qui sera effective à compter de l’automne 2019 pour la commission scolaire du Val-des-Cerfs.

Une telle révision des secteurs scolaires a pour but de s’adapter à l’évolution démographique de Granby et aux développements domiciliaires en cours.

Mères de famille et membres du groupe de parents qui militent pour la création d’une école primaire alternative à Granby, Mmes Bernard et Lebrun-Demers seront présentes mardi lors de cette soirée publique du conseil des commissaires de la commission scolaire du Val-des-Cerfs.

Lors de la séance de consultation publique du 13 février, « on a présenté l’école alternative comme une solution pour [...] minimiser le nombre d’enfants qui seraient déplacés », explique Mélissa Bernard.

Les parents intéressés par le programme éducatif des écoles alternatives pouvaient et peuvent toujours signifier leur intention d’inscrire leur enfant à cette école, même si celle-ci n’a pas encore vu le jour. Jusqu’à présent, 450 intentions d’inscription ont été effectuées à Granby.

L’objectif académique d’une école alternative est le même qu’une école traditionnelle, mais la façon de faire est différente et elle implique beaucoup les parents, qui doivent obligatoirement s’impliquer dans l’école à raison d’un minimum de 4 h par mois.

Les deux mères de famille précisent qu’une future école primaire alternative ne nécessiterait pas la construction d’un nouvel établissement. Elles cherchent plutôt à faire adopter ce programme par une école existante.

« On veut être inclus dans la réorganisation des secteurs scolaires, ajoute Mme Lebrun-Demers. On ne crée rien, on déplace des chaises comme la réorganisation va le faire. C’est un des points soulevés avec la commission scolaire qui nous disait qu’il faudrait qu’il y ait une réorganisation pour nous inclure. Là, on est en plein dedans ! »

Dans quelle école ?
Appelé à réagir, le président de la CSVDC assure être sensible au dossier, qu’il suit de près. « Je peux comprendre leur frustration dans le sens que ce n’est pas facile à faire atterrir comme projet, indique Paul Sarrazin. Mais il faut faire attention. C’est vrai que le redécoupage aurait pu être une occasion, mais ça prend une école prête à les accueillir. La commission scolaire doit recevoir par résolution la demande officielle d’un conseil établissement qui est prêt à recevoir en totalité ou en partie une école alternative. »

Il confirme que la CSVDC les accompagnera une fois l’étape de la demande officielle réalisée.

Les deux femmes affirment avoir rencontré plusieurs conseils d’établissement et directeurs d’école, mais que le redécoupage scolaire fait en sorte qu’il n’y aurait plus de classe libre pour les accueillir.

Convaincre
M. Sarrazin ajoute que l’école alternative n’aurait pas un impact majeur sur le redécoupage scolaire.

« On y va par secteur et les parents qui voudraient profiter de l’école alternative sont éparpillés un peu partout à Granby. Ils vont libérer des places, mais ça ne veut pas dire que ça va libérer des classes et que ça va éviter le redécoupage scolaire. Quand on fait cet exercice-là, on doit le faire avec une vision pour l’ensemble de la commission scolaire pour voir les impacts sur l’ensemble des bassins identifiés. C’est pas simple. »

De plus, l’installation à même une école traditionnelle nécessiterait peut-être un mélange des niveaux dans une même classe. Il croit que l’idéal serait d’avoir une école complète. « Le problème est d’essayer de convaincre une école à changer son type d’enseignement. »

Un comité de parents désirant instaurer une école primaire alternative à Granby s’est formé il y a environ trois ans. Depuis, leurs efforts se poursuivent.

Le président de la commission scolaire du Val-des-Cerfs, Paul Sarrazin

« IL VA Y AVOIR DES CHANGEMENTS » 

Au départ, il était question de déplacer 450 élèves. Tout en voulant garder l’exclusivité de l’annonce des changements à venir pour la séance publique de mardi, le président de la commission scolaire du Val-des-Cerfs (CSVDC), Paul Sarrazin, laisse entendre que ce nombre sera revu à la baisse.

« Je pense que ça va être intéressant ce qu’on va annoncer mardi prochain », dit-il.

« Je ne peux pas en faire part maintenant parce que je vais le présenter mardi prochain. Le conseil des commissaires a eu à évaluer diverses modifications en lien avec les propositions et les commentaires. Il va y avoir des changements. »

Le redécoupage des secteurs scolaires est un sujet sensible. Comme pour le secteur sud du territoire de la commission scolaire du Val-des-Cerfs (CSVDC), il y a deux ans, le présent projet provoque une levée de boucliers. En plus de Jo-Annie Lebrun-Demers et Mélissa Bernard, plusieurs parents se sont inquiétés sur les réseaux sociaux, comme les résidents des Boisés Martel.

« De la façon que ça a été fait, c’est un effet domino, constate Mme Lebrun-Demers. Des élèves du haut de la ville, qui vont à Eurêka, Saint-Bernard et Saint-André, s’en vont en bas. »

Un processus de consultation et d’information a eu lieu cet hiver. Les comités, conseils d’établissement, municipalités, organismes et individus ont pu faire entendre leur opinion et leurs solutions le 13 février.

« Ma fille ne sera pas déplacée, mais elle va perdre des amis, souligne Mme Bernard. Il y a une maman qui est venue témoigner qu’il y a quatre ans sa fille avait été transférée d’école et qu’elle a vécu l’enfer. Elle avait eu besoin de soutien. Là, elle serait encore déplacée, mais pas dans son ancienne. C’était très émotif, le 13 février. Je comprends que ça déborde et qu’il faut faire quelque chose, mais il y a peut-être une autre façon de faire. »

Consultation

Elles auraient voulu que la CSVDC consacre plus de temps à consulter la population et les écoles avant l’adoption de la révision des secteurs scolaires. Mmes Lebrun-Demers et Bernard invitent les parents à se rendre à la séance du conseil des commissaires, mardi soir, pour se faire entendre.

Le président de la CSVDC, Paul Sarrazin, invite lui aussi la population puisque le projet a changé.

Cet exercice difficile avait été réalisé il y a deux ans et certains secteurs avaient été plus touchés que d’autres. Il rappelle qu’à la suite des consultations publiques, des modifications avaient été apportées pour que les changements soient plus doux pour les élèves.