Au terme de ces péripéties, Roger Paquette a fait part de son intention de se défaire de la carabine à l’origine de sa mésaventure.

Annulation de la plainte contre Roger Paquette

La Cour municipale de Saint-Césaire a annulé mercredi la poursuite intentée contre Roger Paquette et, par conséquent, le constat d’infraction de plusieurs centaines de dollars auquel le citoyen s’exposait pour s’être promené au village avec une carabine à plomb, l’an dernier.

M. Paquette est un citoyen engagé, mais aussi controversé, en raison de ses nombreuses prises de position publique à l’encontre de l’appareil municipal. Il a semé la panique au cœur du village l’avant-midi du 7 septembre 2018, alors qu’il s’est déplacé sur la voie publique avec une carabine à plomb, qui n’était pas rangée dans un étui. Selon nos informations, l’Abbostfordien venait d’aller chercher l’objet chez un ami à qui il l’avait prêtée, et retournait alors à sa résidence de la rue Principale.

Des citoyens en émoi ont toutefois craint le pire. Ils ont alors communiqué avec des employés municipaux qui, en raison du risque qu’une telle situation pouvait poser — il était aux abords d’une école, sur une route provinciale fort achalandée —, ont communiqué avec la Sûreté du Québec.

Protocole oblige, une intervention d’envergure s’est déployée chez M. Paquette, qui a finalement hérité d’un constat d’infraction en vertu de l’article 38 du règlement municipal portant sur la propreté, la sécurité, la paix et l’ordre dans les endroits publics, qui proscrit explicitement « l’utilisation des arcs, arbalètes et armes à feu » dans le périmètre urbain de la municipalité.

Audience annulée

M. Paquette, qui se représentait seul, avait l’intention de plaider non coupable devant la cour municipale.

Quelques minutes avant l’audience prévue dans la salle du conseil de Saint-Césaire et à laquelle le maire Robert Vyncke était assigné comme témoin, mercredi matin, le citoyen s’est entretenu avec le nouveau procureur municipal, Me Jocelyn Bélisle.

Celui-ci a convenu de retirer les charges déposées contre le citoyen étant donné que le règlement municipal n’était pas applicable dans son cas. « La réglementation municipale faisait état d’arme à feu, a-t-il expliqué par la suite à La Voix de l’Est; or, il ne s’agissait pas d’une arme à feu, mais d’une carabine à plomb. »

Comme le citoyen n’avait plus rien à se reprocher, la juge Monique Perron n’a eu d’autre choix que de le laisser partir en lui souhaitant une bonne journée.

« bavure »

Or, M. Paquette ne compte pas en rester là. Il affirme être toujours dans l’attente de documents relatifs à sa cause, notamment un exemplaire du rapport d’enquête à son endroit.

Le citoyen a confirmé à La Voix de l’Est avoir déposé une plainte à la Commission des droits de la personne et en déontologie policière. « Ça n’a pas de sens ce qu’on m’a fait vivre. Sans queue ni tête. Une vraie arnaque! », a-t-il commenté lors de son passage à la cour municipale.

Dans un courriel envoyé à l’auteure de ces lignes mercredi soir, M. Paquette n’hésite pas à qualifier de « bavure » l’intervention de la Sûreté du Québec et déplore la gestion de l’administration municipale « digne d’une république de banane[s] ».

Au terme de ces péripéties, Roger Paquette a fait part de son intention de se défaire de la carabine à l’origine de sa mésaventure. Il espère que celle-ci conscientisera d’autres citoyens. « Je ne la vends pas, je ne la donne pas, je vais la détruire », a-t-il dit.