Yvon Ouellet a confié les rênes de l’entreprise à sa fille Annick.
Yvon Ouellet a confié les rênes de l’entreprise à sa fille Annick.

Annick et Yvon Ouellet: la confiance règne

Le nom de l’entreprise ne laisse place à aucune confusion : Toitures Ouellet Père & fille. Une façon claire d’annoncer que la relève — féminine — est bien installée et là pour rester. Rencontrez Annick Ouellet, fière fille d’Yvon.

Elle avait à peine dix ans lorsque ce dernier s’est lancé en affaires avec son épouse en 1985. Deux ans plus tard, Annick pliait déjà de l’aluminium dans la ferblanterie pour faire des larmiers de départ (ou « flashings » en bon français). « J’aimais ça ! Mais à cette époque, je ne savais pas que je prendrais la relève un jour. »

C’est pourtant ce qui s’est lentement produit quand la jeune fille a pris de plus en plus de place au sein de la compagnie familiale. Sa mère lui a appris le volet administratif. Pour le côté technique, elle a aussi gagné ses galons.

Un monde d’hommes

En 2002, alors qu’elle est la seule fille parmi 30 étudiants, elle suit une formation de l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec pour devenir entrepreneure générale, puis passe l’examen à la Régie du bâtiment du Québec, l’année suivante, pour devenir entrepreneure spécialisée pour les toitures plates. C’est à ce moment que Toitures Ouellet devient officiellement Toitures Ouellet Père & fille. Elle a alors 28 ans.

Aujourd’hui, à 45 ans, Annick possède tous les permis d’exploitation de l’entreprise. Elle s’occupe du service à la clientèle et de toute la gestion.

Son expérience et son assurance naturelle imposent le respect, tant au sein de son équipe de couvreurs majoritairement masculine que face à sa clientèle. Finie l’époque où certains clients exigeaient de parler à un homme !

« Oui, c’est un défi de travailler dans un milieu d’hommes, mais je suis à l’aise là-dedans. Je suis comme un gars manqué ! Si c’était à recommencer, je referais la même chose. J’ai du bon monde dans ma gang ! »

Annick insiste sur un point : c’est le travail « admirable » de son père qui lui a donné envie de faire carrière à ses côtés. « Comme lui, j’aime les gens et j’aime rendre service. On est souvent appelés à la rescousse quand les toits coulent. Quand les clients sont satisfaits et reconnaissants, c’est ma paye ! »

Elle relate une anecdote qu’elle n’a jamais oubliée. « Quand j’étais jeune, j’ai vu mon père refaire gratuitement la toiture d’un homme qui s’était retrouvé seul avec ses enfants. Il était sans le sou pour refaire son toit qui coulait. Mon père est un héros qui a aidé une famille... et j’ai les mêmes valeurs que lui », dit-elle en soulignant sa grande générosité. « La preuve, c’est qu’il est Grand Chevalier au conseil 1093. »

L’admiration est mutuelle. Quand le père évoque sa fille, cela s’entend au bout du fil. « Je suis très content de lui avoir confié l’entreprise. J’aurais dû le faire dix ans plus tôt ! Annick, elle sait bien s’entourer et elle est généreuse de son temps. Elle m’a enlevé des charges. Ma fille, elle a le vent dans les voiles ! » lance l’homme de 70 ans, qui demeure très présent sur le terrain.

« Mon père et moi, on s’obstine parfois. Oui, il nous arrive d’être en désaccord, mais on a les mêmes grandes valeurs. C’est un homme qui délègue et qui fait confiance. Et on finit toujours par s’entendre ! »