Anne Joncas a porté le projet de restauration du lac Bromont pendant une douzaine d’années. Elle s’apprête maintenant à passer le flambeau.

Anne Joncas quitte la présidence d’Action conservation du bassin versant du lac Bromont

Anne Joncas a porté le projet de restauration du lac Bromont à bout de bras pendant une douzaine d’années. Alors que le bilan de santé du plan d’eau est désormais positif, la présidente d’Action conservation du bassin versant du lac Bromont (ACBVLB) passe le flambeau.

Comme bien des plages à travers la province, celle du lac Bromont a été fermée à plusieurs reprises au cours de la dernière décennie en raison de la concentration élevée de cyanobactéries, les fameuses algues bleues. Anne Joncas a été au cœur du combat pour la survie du lac. « Je me suis investie à fond dans le projet pendant plus de 12 ans parce que j’y croyais. Je mettais l’équivalent d’un travail à temps plein. C’était littéralement de la gestion de projets. Ça allait bien au-delà des tâches du conseil d’administration [de l’association]. Ç’a été une belle aventure », a-t-elle confié.

En fait, des études de longue haleine menées par un groupe de recherche de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) ont démontré en 2014 le piètre bilan de santé du plan d’eau. Cette collaboration a grandement motivé la présidente de l’ACBVLB à ne jamais baisser les bras. « J’avais tellement investi dans le projet de restauration au fil des ans, en énergie et en temps, que je voulais m’assurer que ça se concrétise. Ce qui m’a toujours passionné, c’est le volet scientifique, la relation avec les chercheurs et le ministère de l’Environnement, puis le travail au niveau de la biologie et de la limnologie [NDLR : l’étude scientifique des lacs]. »

Page d’histoire

Une des choses dont Anne Joncas est la plus fière est que Bromont a écrit une page d’histoire à l’automne 2017, en lançant le projet de réhabilitation du lac.

La municipalité a donc injecté 600 000 $ pour l’épandage dans le plan d’eau de 174 tonnes de Phoslock, un composé unique à base d’argile contenant du lanthane servant à neutraliser le phosphore, ce dernier étant à l’origine de l’apparition de cyanobactéries. Cela représente une première au Québec. Le projet, qui pourrait faire des petits ailleurs en province, a permis d’améliorer la santé du lac de façon significative, a-t-on dévoilé il y a quelques jours.

Continuité

Anne Joncas a commencé à s’impliquer au sein de l’ACBVLB en 1992. Elle est maintenant prête à tirer sa révérence à la présidence de l’organisation. « Ça fait trois ans que je prépare mon départ. Je n’aurais jamais été capable de quitter l’association sans savoir si le projet de restauration a été un succès. Voir qu’on a un lac en santé, c’est très valorisant. Maintenant, je veux m’assurer de la transition des connaissances pour que le projet de sauvegarde se poursuive. »

À ce chapitre, la Ville a accordé un budget récurrent, pendant au moins trois ans, pour un poste de chargée de projets qui suit de près le lac Bromont. « Il faut trouver une façon pour que le conseil d’administration de l’association reprenne son rôle principal et amasser des fonds pour assurer une permanence. »

L’assemblée générale annuelle de l’organisation aura lieu le 23 mars. Selon Anne Joncas, au moins deux membres de l’ACBVLB souhaitent prendre la relève à la présidence. « Je quitte la tête en paix, a dit la bénévole. J’ai fait un grand bout de chemin. »