Les félins, tels que ce bébé léopard, apprennent de leurs congénères le comportement qu'ils auraient en nature, d'où l'importance qu'ils demeurent avec leur mère.

Animaux retirés de leur mère: les zoos n'ont pas tous les mêmes pratiques

Au Zoo de Granby, les bébés animaux demeurent avec leur mère le plus possible, contrairement à ce qui est fait à d'autres endroits. Les institutions zoologiques n'ont pas toutes les mêmes pratiques ni la même philosophie en matière de soins, a réagi jeudi le directeur des soins animaliers, Karl Fournier.
Le directeur des soins animaliers du Zoo de Granby, Karl Fournier
Celui-ci a fait ces déclarations dans la foulée des informations qui ont circulé en début de semaine au sujet du Zoo de Falardeau, au nord de Chicoutimi, qui sépare certains bébés de leur mère pour ainsi leur permettre d'être en contact avec les humains. Une pratique décriée par certains.
M. Fournier n'a pas blâmé nommément le Zoo de Falardeau. Mais il a tenu à souligner qu'il ne faut «pas mettre tous les zoos dans le même panier». «Nous sommes tous des jardins zoologiques, mais nous n'avons pas tous les mêmes standards ni les mêmes façons de travailler. Il y a des zoos qui sont accrédités et qui travaillent avec des standards élevés et d'autres qui ne le sont pas et qui peuvent avoir une approche différente», fait valoir le directeur des soins animaliers.
Membre de l'Association (américaine) des zoos et aquariums, de l'Association des zoos et aquariums du Canada et de la World Association of zoos and aquariums, le Zoo de Granby fait partie du groupe des zoos accrédités. Les pratiques de ceux-ci avec les bébés sont ainsi encadrées. Elles ont été documentées au fil des ans et appuyées par des recherches, note Karl Fournier.
Contacts limités 
Les félins, en particulier, apprennent de leurs congénères le comportement qu'ils auraient en nature. «C'est un comportement qui est appris et non inné. C'est très important que le bébé puisse évoluer avec la mère et d'autres individus. (...) Généralement, le premier mois après la naissance des grands félins, comme les lions et les tigres, on doit les laisser tranquilles le plus possible, donc éviter les contacts humains ou les réduire au minimum», souligne Karl Fournier. 
Selon lui, une certaine réserve s'impose également lors de la période dite de «socialisation», soit de cinq à six semaines après la naissance des petits. «Dans cette période, si on entre avec eux, on les retire de la mère et on les flatte, on va les dénaturer. On va donc en faire des animaux qui s'identifient plus à l'humain qu'à leur propre espèce. Quand ils n'ont plus de comportements naturels, ça ne fait pas de bons reproducteurs. Les femelles ne savent pas comment réagir avec leurs bébés. Elles peuvent les rejeter, les écraser par manque de délicatesse. Ça fait des individus qu'on doit élever à la main et on perpétue le cycle de mauvais parents», affirme M. Fournier. 
«Ce qui est souhaité, c'est qu'ils gardent leur comportement naturel, pour se reproduire de façon naturelle. La raison de la présence des animaux dans les zoos, c'est de préserver leur valeur génétique. Ce qu'on souhaite, c'est d'avoir des animaux qui vont évoluer dans des environnements stimulants et enrichissants et on encourage donc les comportements propres à l'espèce», ajoute-t-il.  
Exceptions
Au Zoo de Granby, il est cependant arrivé que certains bébés aient été abandonnés ou rejetés par leur mère, comme l'an dernier avec Kimi, un macaque japonais, ou Zumba, un kangourou gris. L'équipe de soins animaliers les a pris sous son aile, mais en reproduisant le plus possible les façons de faire propres à leur espèce respective. 
Le petit Kimi s'agrippait ainsi à un toutou à l'image d'un paresseux pour boire son biberon, avant d'être finalement pris en charge par d'autres femelles, tandis que Zumba a été porté par un gardien dans un sac rappelant la poche maternelle, plutôt que directement dans les bras. Tous deux vivent aujourd'hui en groupe avec leurs semblables, relève M. Fournier.