S’il est élu, le Parti conservateur du Canada soutiendrait financièrement « les gens avec une maladie très rare » ne disposant pas de régime d’assurance médicaments, a fait valoir en entrevue Andrew Scheer, qui était de passage à Granby jeudi.

Andrew Scheer fait un arrêt à Granby

De passage à Granby jeudi dans le cadre d’une tournée dans la région, le chef conservateur, Andrew Scheer, est notamment descendu de son autocar le temps d’une entrevue à La Voix de l’Est.

S’il est porté au pouvoir, le Parti conservateur s’est engagé à maintenir les sommes prévues pour des initiatives en transport en commun. Dans la région, un des projets phares est celui de la liaison ferroviaire entre Montréal et Sherbrooke. Le budget est estimé à 300 millions $. On prévoit instaurer un train pour le transport de passagers en plus d’accroître le transport de marchandises.

Pour ce faire, les rails en piteux état devront être remis à niveau. Le modèle préconise l’injection de fonds à hauteur de 50 % pour le fédéral, 35 % pour le provincial et 15 % pour le municipal. Un gouvernement conservateur s’engagerait financièrement dans le projet, a confirmé le chef du Parti conservateur.

« On est ouverts à des projets d’infrastructure qui rendraient la vie plus simple pour les gens. [...] En transportant des biens ou pour les gens qui visitent d’autres régions. C’est la sorte d’investissement qu’on a appuyé anciennement et qu’on va appuyer. »

Autre dossier d’actualité : les aéroports régionaux. Plusieurs d’entre eux souhaitent offrir le service de vols passagers. C’est le cas de l’aéroport Roland-Désourdy, établi à Bromont, puis de celui de Sherbrooke.

Or, la lourdeur des règles de l’Association canadienne de la sûreté du transport aérien (ACSTA), freine les élans des deux organisations. Un gouvernement conservateur allégerait-il les règles de l’ACSTA pour favoriser l’essor d’aéroports en région ? « C’est quelque chose sur lequel on va travailler », a répondu Andrew Scheer.

Emploi

S’il obtient la faveur des électeurs lors du scrutin fédéral du 21 octobre, le gouvernement conservateur s’est engagé à réviser le programme des travailleurs étrangers. Les Canadiens seraient alors privilégiés pour accéder aux emplois disponibles. Le parti abolirait toutefois certains obstacles que doivent surmonter les entrepreneurs qui embauchent de la main-d’oeuvre hors Québec.

Comment cela se traduirait-il concrètement ? « L’objectif est de simplifier le processus quand c’est démontré qu’il y a une pénurie dans un secteur d’activité. Pourquoi la multiplication de la paperasserie ? », s’est questionné Scheer.

Parmi les pistes de solutions, les conservateurs souhaitent supprimer les dédoublements d’études de dossiers au fédéral et au provincial. 

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Immigration

On a vu au cours des dernières années un flot continu de migrants en provenance des États-Unis entrer au Canada par différents passages frontaliers. Le chemin Roxham près de Saint-Bernard-de-Lacolle, les conservateurs veulent y mettre fin définitivement. N’est-ce pas une façon de déplacer le problème ? 

Andrew Scheer croit que non. « Les gens qui arrivent au Canada par Roxham road ne fuient pas une guerre civile ou un désastre naturel s’ils viennent des États-Unis. Notre système d’immigration doit cibler les gens qui sont dans de vraies situations de danger dans des camps de réfugiés. »

Le chef conservateur est d’avis que la situation dénote un « abus de notre générosité. [...] On doit avoir plus de ressources pour assurer la sécurité à nos frontières. »

Le chef met toutefois un bémol concernant l’ajout de personnel et d’infrastructures pour intercepter et héberger temporairement les migrants près du chemin Roxham. « Ce n’est pas une bonne gestion de nos ressources », a-t-il fait valoir.

Santé

Le Parti conservateur se dit par ailleurs défavorable à un éventuel projet national d’assurance médicaments. Andrew Scheer et son équipe préconisent plutôt l’aide ciblée à une minorité de gens qui ne sont pas couverts par des régimes privés ou provinciaux. Appelé à préciser quelle est la teneur de ces mesures, le chef n’a pas voulu s’avancer, prétextant que des annonces suivront durant la campagne.

« Le gouvernement doit être là pour [combler] les [écarts] dans la société. En ce moment, 95 % des Canadiens ont accès à un programme pour des médicaments. On va miser sur les 5 % des gens qui n’ont pas de régime d’assurances », a-t-il mentionné, glissant au passage qu’une des clientèles visées serait « les gens avec des maladies très rares » et dont la médicamentation est très dispendieuse.

La candidate conservatrice dans Shefford, Nathalie Clermont

NATHALIE CLERMONT: «JE SUIS 100% DANS LA CAMPAGNE»

La candidate conservatrice dans Shefford, Nathalie Clermont, a profité du passage du chef Andrew Scheer à Granby, jeudi, pour donner un nouvel élan à sa campagne.

Nathalie Clermont a été plutôt effacée depuis qu’elle a remporté l’investiture conservatrice dans Shefford. Les choses vont toutefois changer, a-t-elle assuré.

« Par le manque de temps à cause de mes obligations, je n’ai pas pu être aussi disponible que je le voulais, a indiqué la dentiste, propriétaire d’un cabinet à Bromont. Maintenant, je veux que les choses changent. Je vais développer ma stratégie pour être sur le terrain. À partir d’aujourd’hui, je suis 100 % dans la campagne. »

Un des chevaux de bataille de Mme Clermont, si elle obtient la faveur des électeurs, sera l’abolition des « inégalités des subventions » accordées par le fédéral entre les municipalités de la circonscription.

« Les municipalités plus grandes ont plus d’avantages. Il y a un ménage à faire dans tout ça. C’est ce que j’entends au niveau des maires. Granby est une excellente grande ville, mais il ne faut pas oublier les autres municipalités autour. »

Une façon d’y arriver, selon Mme Clermont, consisterait à accorder des subventions « au prorata » de la population puis en simplifiant l’administration entourant les demandes. 

Parmi ses autres priorités, elle compte s’attaquer au dossier du manque de main-d’oeuvre ainsi qu’à la pollution des cours d’eau. Une façon d’y parvenir est, dit-elle, de contrer les déversements d’eaux usées, entre autres en limitant les surverses dans les réseaux municipaux. 

Au jour le jour

Elle n’a toutefois pas de plan arrêté pour articuler sa campagne. « J’y vais au jour le jour. Je vais commencer à monter des plans. »

Par ailleurs, elle dit voir d’un bon oeil le fait que le Parti conservateur ne compte pas s’immiscer dans le dossier de la laïcité qui suscite des réactions au Québec avec l’adoption du projet de loi 21. « C’est de juridiction provinciale. On ne veut pas mettre de bâton dans les roues au gouvernement Legault. »

Idem en ce qui concerne le dossier de l’avortement. « C’est un dossier que l’on ne touche pas », dit-elle. Appelée à se positionner à ce sujet, Mme Clermont a mentionné qu’elle « n’est pas contre » le droit des femmes à l’avortement. « C’est un choix individuel », note-t-elle.