La candidate du Bloc québécois dans Shefford, Andréanne Larouche, fait de la défense de la gestion de l’offre une de ses priorités.

Andréanne Larouche veut défendre les agriculteurs d’ici

La candidate du Bloc québécois dans Shefford, Andréanne Larouche, fait de la protection de la gestion de l’offre son cheval de bataille à Ottawa si elle est élue. Elle en a fait l’annonce vendredi.

Tôt dans son point de presse, Andréanne Larouche a décoché une flèche à son rival, le député libéral sortant et à nouveau candidat dans Shefford, Pierre Breton. Selon la candidate du Bloc québécois, des agriculteurs rencontrés au cours des dernières semaines se sont dits insatisfaits de la défense de leurs intérêts à Ottawa.

« J’étais là lorsque des agriculteurs sont allés manifester devant le bureau de M. Breton (en octobre 2018). Il y a peut-être une gorgée de lait [américain] qui a été crachée [par le député] et une phrase pour dire qu’il allait les défendre. Mais, force est de constater que ce n’est pas le cas. [...] En fait, Pierre Breton a mis le genou par terre. »

La gestion de l’offre a été créée pour protéger le secteur de l’agriculture contre les industries étrangères du lait, de la volaille et des œufs. Ce mécanisme stabilise les prix à travers le Canada et limite les importations. Cela permet de diminuer les variations de valeurs tout en assurant une production linéaire, réglementée par des quotas.

Or, des nouvelles ententes de libre-échange ouvrent une brèche à l’entrée de produits étrangers concurrents. On parle notamment de l’Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne ainsi que l’Accord de Partenariat transpacifique global et progressiste. Dans son budget, le gouvernement Trudeau propose une aide financière aux agriculteurs sous la gestion de l’offre, liée à un programme quinquennal, pouvant atteindre
3,9 milliards $. Mme Larouche déplore toutefois qu’aucun échéancier pour verser ces sommes ne soit encore sur la table, pas plus qu’elles ne sont dans les colonnes budgétaires.

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Insuffisant

Le spectre de l’entrée en vigueur de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique, signé par les trois pays en novembre, laisse présager un imposant manque à gagner pour les producteurs. Selon Andréanne Larouche, plusieurs agriculteurs d’ici se disent mécontents de l’aide financière promise par le gouvernement fédéral.

« Les indemnisations, ça ne suffit pas. Un producteur laitier me disait que ça couvre à peine ses profits. »

La candidate du Bloc québécois veut donc « porter la voix » des agriculteurs de la région à Ottawa pour obtenir une juste compensation. 

Autre ramification à l’agriculture, Mme Larouche prône l’achat local. « Avec les ouvertures à l’international, notamment pour le lait, ça n’a pas de logique d’aller chercher des produits aux États-Unis. On a déjà des producteurs extraordinaires ici. C’est une force économique et c’est surtout un moyen de diminuer les gaz à effet de serre quand on achète local. »