Après des années d’engagement politique dans Brome-Missisquoi, c’est finalement dans la circonscription de Shefford que la bloquiste Andréanne Larouche a concrétisé son rêve de devenir députée.

Andréanne Larouche l’emporte dans Shefford

Le cœur de la majorité des électeurs de Shefford a balancé entre le libéral Pierre Breton et la bloquiste Andréanne Larouche, lundi. Mme Larouche a toutefois distancé le député sortant à mesure que la soirée progressait et détenait plus de 1000 voix d'avance passé minuit après dépouillement de 98,8% des boîtes de scrutin.

Après des années d’engagement politique dans Brome-Missisquoi, c’est finalement dans la circonscription de Shefford que la jeune femme a concrétisé son rêve de devenir députée.

Dans une ambiance survoltée, elle suivait les résultats avec attention et excitation.

« Ça résume ce que j’entends. Je sentais que c’était serré, et sur le terrain, je sentais beaucoup de positif. »

« Je pense que le Bloc a été réélu parce que les gens n’ont pas été satisfaits de l’offre qu’ils avaient sur la scène fédérale. M. Trudeau a manqué de crédibilité ; il y a des promesses qui n’ont pas été tenues. Et les conservateurs n’étaient pas une alternative. Je pense que c’est un peu ça qui permet au Bloc de renaître. Et depuis un an, il y a un sentiment nationaliste de vouloir défendre les intérêts d’ici. »

Militante de longue date au sein du Parti québécois et du Bloc québécois, elle avait tenté sa chance aux élections provinciales de 2018 sous la bannière péquiste dans Brome-Missisquoi, mais sans succès.

Elle a expliqué ainsi sa nouvelle tentative. « Quand tu vis une campagne comme l’an passé, tu n’as pas le goût de te relancer là-dedans, mais il y a quelque chose qui est venu me chercher chez Yves-François Blanchet et dans ce que j’entendais autour de moi », a-t-elle commenté. « Il n'y avait plus d'association, plus de compte en banque, on est parti de loin dans Shefford. C'est avec beaucoup d'humilité que je prends ce titre d'élue, mais le travail commence. C'est un tout autre défi. Les gens m'ont fait confiance, il faudra livrer la marchandise. »

Triste ambiance

Au local électoral de Pierre Breton, le cœur n’était pas à la fête. À peine une trentaine de partisans étaient sur place pour suivre le dévoilement des votes.

Le libéral les a finalement rejoints tard en soirée et s’est refusé à tout commentaire aux médias.

Il faut dire que le scénario de lundi ne ressemblait en rien à celui de l’élection de 2015, alors que M. Breton avait remporté le vote par plus de 9800 voix sur Claire Mailhot du NPD.

Pierre Breton

Clermont sereine

Entourée d’une vingtaine de proches et de bénévoles, Nathalie Clermont du Parti conservateur du Canada a pour sa part accueilli les résultats avec sérénité.

La dame occupait la troisième position au scrutin.

« Peu importe le résultat, j’en sors tellement gagnante. Ce ne sont que des acquis positifs, autant personnels que professionnels, a estimé la candidate conservatrice. C’est une grande expérience de vie, une campagne électorale, je me sens privilégiée. »

La candidate conservatrice a dit ne rien regretter de la campagne électorale qu’elle a menée avec son équipe.

Même chose pour la candidate du NPD Raymonde Plamondon, qui acceptait sa quatrième place avec philosophie.

« Ce fut une belle expérience. Je n’avais pas d’attentes pour moi, mais je suis déçue pour le sort des collègues qui ont travaillé fort », a-t-elle confié, en présence d’une poignée de membres de son clan familial réunis dans un hôtel de Granby.

À 23 h 45, Mariam Sabbagh du Parti populaire du Canada, Katherine Turgeon du Parti vert du Canada et Darlène Daviault du Parti pour l’Indépendance du Québec fermaient la marche avec quelques points de pourcentage.

Avec la collaboration d’Isabelle Gaboriault, Cynthia Laflamme, Karine Blanchard et Mickaël Lambert