Andréanne Larouche, du Bloc québécois, est la nouvelle députée fédérale de la circonscription de Shefford.

Andréanne Larouche: l’appel du terrain

La soirée électorale lui a fait vivre « des montagnes russes d’émotion ». Une soirée à l’image d’une campagne au début de laquelle elle n’était pas donnée gagnante. Mardi matin, pourtant, Andréanne Larouche est devenue la nouvelle députée de la circonscription de Shefford. La réalité a rattrapé celle qui défend les couleurs du Bloc québécois. « C’est une autre étape qui commence », a-t-elle indiqué.

Mme Larouche a rapidement endossé ses nouvelles fonctions. Effectivement, c’est Isabelle Charest qui l’a tirée du lit tôt ce matin, la députée provinciale de Brome-Missisquoi souhaitant féliciter la nouvelle élue. Puis cela a été le tour de François Bonnardel, député caquiste de Granby. « D’avoir de leurs nouvelles dès ce matin, tu te dis “ok, il y a quelque chose qui se passe”. »

Ses nouvelles responsabilités ne semblent pas pour autant lui être montées à la tête.

« Le matin quand tu te lèves, tu as peut-être gagné, mais mes pensées vont beaucoup ce matin aux collègues qui ont perdu, ici dans Shefford, et à ceux que je connaissais [dans d’autres circonscriptions], a-t-elle souligné au début de l’entrevue qu’elle nous a accordée dans les bureaux de La Voix de l’Est. M. Breton, Mme Clermont, Mme Turgeon, Mme Sabbagh, Mme Plamondon, il y a un côté très humain à [une campagne], on développe des liens avec ces personnes-là, et ma première pensée a été pour eux. »

Les candidates du Parti conservateur et du Parti vert ont d’ailleurs été les premières à la féliciter pour sa victoire, lundi soir.

Rencontres citoyennes

La nouvelle étape qui commence consiste à représenter les 111 139 citoyens de Shefford à la Chambre des communes du Canada.

Jusqu’à récemment chargée de projets en sensibilisation à la maltraitance et à l’intimidation envers les personnes aînées pour l’organisme Justice alternative et médiation, à Granby, cette femme âgée de 37 ans souhaite partir à la rencontre de la population aux quatre coins du territoire. Les zones périphériques de sa vaste circonscription ne seront pas oubliées.

« Je veux rapidement faire le tour et mettre en place des rencontres citoyennes pour être représentative de l’ensemble du territoire et prendre le pouls un peu partout, s’engage-t-elle. Pour moi, c’est important pour garder le contact avec tout le monde. »

Elle dit avoir hâte de découvrir les enjeux spécifiques aux différents endroits. « Entre Rougemont et Valcourt, les enjeux ne sont pas les mêmes, et je veux être à l’écoute. »

Originaire de Brigham et résidante de Cowansville, Mme Larouche ne sera pas en terrain totalement inconnu à Ottawa. Elle a en effet été l’adjointe politique du député bloquiste Christian Ouellet de 2007 à 2011. Elle connaît donc certains rouages de l’appareil politique canadien.

Diplômée en journalisme et en sciences politiques, elle a hâte de plonger dans les dossiers. Trois priorités lui viennent déjà à l’esprit : d’abord, compenser les producteurs laitiers qui ont été lésés par les ententes commerciales signées dans le cadre d’accords internationaux ; ensuite, rencontrer les organismes responsables du logement social puisqu’aux dernières nouvelles, la région faisait pâle figure dans ce domaine ; et enfin, accompagner les groupes en environnement.

Fille d’action

Toujours engagée dans différentes causes, Andréanne Larouche dit n’avoir « jamais peur de mettre la main à la pâte ».

« L’engagement citoyen fait partie de mes valeurs, insiste-t-elle. En dehors du travail, il y a d’autres causes pour lesquelles il est important de donner du temps. Je crois beaucoup au bénévolat. »

Membre bénévole de plusieurs conseils d’administration, elle rappelle l’importance de l’implication citoyenne. « Je donne souvent en exemple un groupe de citoyens qui s’étaient mobilisés à Dunham contre l’inversion d’un oléoduc et qui étaient venus nous rencontrer au bureau du député pour nous dire que ce projet n’avait pas de bon sens. Ensemble, nous avons ensuite mobilisé d’autres élus le long de l’oléoduc. Mais c’était parti au départ d’un engagement citoyen. »

La députée souligne l’importance de ces « éclaireurs », car « comme élu, on ne peut pas tout voir, dit-elle. Être à l’écoute des gens engagés, c’est aussi comme cela qu’on fait avancer les dossiers ».

Elle essaie d’ailleurs d’appliquer ce principe dans sa propre vie. « Je suis une fille de terrain, car j’aime ça voir les milieux se mobiliser et mettre en place de belles initiatives, comme le Marché Locavore à Racine, par exemple. »

Si Andréanne Larouche n’est pas l’élue la plus connue au Québec, elle ne compte pas rester dans l’ombre. « Les gens vont me voir, c’est sûr et certain. »