En plus des acteurs des milieux agricole et agrotouristique avec qui elle discutera des impacts de la crise pandémique, Mme Larouche ira à la rencontre de représentants de l’industrie touristique et culturelle de sa circonscription. D’autres rencontres avec des élus sont aussi prévus de façon virtuelle.
En plus des acteurs des milieux agricole et agrotouristique avec qui elle discutera des impacts de la crise pandémique, Mme Larouche ira à la rencontre de représentants de l’industrie touristique et culturelle de sa circonscription. D’autres rencontres avec des élus sont aussi prévus de façon virtuelle.

Andréanne Larouche dresse le bilan d’une session forte en rebondissements

Le baptême politique des nouveaux élus à l’automne 2019 n’aura pas été de tout repos. Membre du lot, la députée de Shefford Andréanne Larouche a eu peu de temps pour reprendre son souffle étant donné la grande quantité de rebondissements à teneur politique survenus au pays depuis le début de 2020.

«Disons que ça a été une drôle d’année pour devenir députée!» lance candidement la bloquiste, invitée à commenter la session parlementaire qui vient de se terminer.

«J’ai l’impression d’avoir passé mon temps à gérer des crises depuis mon arrivée!» poursuit la principale intéressée.

Les derniers mois n’ont effectivement pas accordé beaucoup de répit aux élus fédéraux, alors que le débat concernant le nouvel accord de libre-échange États-Unis-Mexique-Canada (AEUMC) a divisé la Chambre des Communes à plus d’une occasion. «Il nous a fallu défendre nos producteurs laitiers qui étaient lesés, comme les producteurs d’aluminium, entre autres, souligne Mme Larouche. Nos dossiers québécois ont été négligés dans le cadre de la renégociation de cet accord.»

L’AEUMC, qui doit officiellement remplacer l’ALENA mercredi prochain, n’a d’ailleurs pas fini de faire jaser. «C’est quand il sera en vigueur qu’on pourra constater toute son ampleur et ses conséquences», relève la députée de Shefford, qui compte profiter de l’été pour rencontrer des représentants des industries agricole et agroalimentaire pour prendre leur pouls. «C’est clair que je vais suivre ce dossier-là avec intérêt», renchérit-elle.

Au même moment où le dossier s’apprêtait à être clos avec l’adoption de l’AEUMC à Ottawa, en mars dernier, une autre crise attendait le pays dans le détour: les blocus ferroviaires. D’abord en opposition à la construction du gazoduc Coastal GasLink par la communauté Wet’suwet’en dans la province de la Colombie-Britannique, le mouvement s’est rapidement répandu d’un océan à l’autre, entraînant des retards dans la livraison de marchandise et de propane, entre autres.

«Il a fallu que je m’implique et que je porte la voix, en chambre, de plusieurs entreprises de la circonscription étant touchées par l’arrêt des trains de marchandises, indique la députée Larouche. Beaucoup de nos entreprises industrielles et des producteurs agricoles ont souffert de ces problèmes d’approvisionnement et la prolongation du conflit aurait pu avoir de graves conséquences.»

Son parti a par ailleurs proposé la création d’une cellule de crise ayant mené à des négociations et à l’arrêt temporaire des travaux sur l’oléoduc, ce qui aux yeux de l’élue, a été l’un des déclencheurs de la sortie de cette crise.

Mme Larouche se félicite par la suite d’avoir réussi à faire adopter une motion réclamant la bonification des prestations de maladie de l’assurance-emploi pour mieux soutenir les personnes souffrant de maladies graves comme le cancer. «C’est un sujet qui me touche au coeur, confie-t-elle. Je ne sais pas ce qui va arriver par la suite, mais c’est à mes yeux un gain d’avoir pu présenter la motion, d’avoir pu en débattre et de l’avoir fait adopter par une majorité de députés.»

Une pandémie qui bouleverse tout

Arriva ensuite la pandémie, qui a complètement bouleversé le calendrier parlementaire. Malgré cela, les provinces, et particulièrement le Québec, «ont été obligées de bouger et elles l’ont fait plus vite que le fédéral», déplore Mme Larouche.

Sur le terrain, la crise de la COVID-19 a mis du pain sur la planche des députés et leurs équipes en circonscription. «On a rapidement aménagé une cellule de crise au bureau pour répondre aux questions des citoyens. En plus de gérer des demandes d’aide pour obtenir la Prestation canadienne d’urgence (PCU), on a géré une trentaine de demandes de rapatriement par des citoyens de Shefford qui se trouvaient à l’étranger», raconte la députée.

Son parti a d’ailleurs oeuvré pour soutenir les travailleurs et les entreprises. «La subvention salariale, à la base, c’était une idée du Bloc. On parlait de 70%, mais on a dû la bonifier à 75%», explique-t-elle, ajoutant que les employeurs de la circonscription de Shefford ont été «plus nombreux que la moyenne nationale» à bénéficier de cette aide pour garder leur personnel à l’emploi.

Le Bloc québécois se targue aussi d’avoir été le premier parti à réclamer du soutien pour les étudiants, indique Mme Larouche, mais elle reconnaît que cela a pu compliquer le recrutement chez ceux qui comptaient sur cette main-d’oeuvre pour combler leurs besoins estivaux. «Le travail n’est pas terminé, dit-elle. On a vu que les producteurs agricoles sont aussi aux prises avec des problèmes de main d’oeuvre, avec le retard de l’arrivée de travailleurs étrangers et qu’ils ont de la difficulté à recruter des étudiants dans leurs champs, notamment à cause de la PCUE. On a aussi constaté beaucoup de problèmes avec le programme Emplois d’été Canada.»

«On est prêts à retourner en Chambre pour revoir le modèle. On pourrait voir comment y ajouter des incitatifs à l’emploi pour ramener des étudiants sur le marché du travail», relève la députée.

Soutenir les aînés

Porte-parole sur la question des Aînés dans le cabinet fantôme bloquiste, Andréanne Larouche continue de militer pour augmenter leur revenu disponible, mais de manière mieux ciblée. «Oui, c’est vrai qu’il y a des aînés qui sont plus favorisés et qui n’avaient peut-être pas besoin de l’aide financière qu’Ottawa leur a accordée, consent-elle. Nous, on propose d’augmenter de 200$ le supplément de revenu garanti pour nos aînés, pour ceux qui en ont vraiment besoin. Entre ceux qui vivent aisément et ceux qui sont en CHSLD, il y a un entre-deux, des gens qui essaient de rester le plus longtemps possible à domicile, mais qui subissent comme tout le monde la flambée des prix, comme la hausse du loyer et la hausse du prix du panier d’épicerie. On sait que dans certains cas, l’aide apportée ne parvient pas à couvrir ces augmentations.»

Mme Larouche revient enfin sur la question des CHSLD, là où on compte le plus de décès de la COVID-19 au Québec. «C’est facile de blâmer les provinces, particulièrement le Québec, et de proposer d’instaurer des normes nationales», dit-elle du premier ministre Justin Trudeau, qui en avril avait envisagé de placer ces établissements de soins sous l’égide de la loi fédérale compte tenu des ratés dans la protection des usagers.

«Quand on regarde le passé, on voit bien qu’Ottawa n’a pas suffisamment investi dans les transferts aux provinces en santé. C’est choquant, martèle-t-elle. Sans ces coupures-là, on n’en serait peut-être pas là.»

Été chargé

En plus des acteurs des milieux agricole et agrotouristique avec qui elle discutera des impacts de la crise pandémique, Mme Larouche ira à la rencontre de représentants de l’industrie touristique et culturelle de sa circonscription. D’autres rencontres avec des élus sont aussi prévus de façon virtuelle.

Shefford devrait par ailleurs recevoir, une fois de plus, la visite du chef Yves-François Blanchet au cours de l’été, lui qui sillonnera les quatre coins de la province dans l’optique d’établir les priorités du Bloc québécois pour la rentrée automnale, prévue le 21 septembre prochain.

Or, contrairement à d’habitude, où la saison estivale est destinée au travail en circonscription, quatre courtes séances parlementaires sont prévues au cours de l’été. Mme Larouche y participera, en plus de siéger sur un comité mandaté pour étudier les effets de la pandémie sur les femmes.