Cent trente épinettes noires seront plantées dans le nord du Québec, entre mars et août prochain, pour compenser les émissions de gaz à effet de serre générées par les activités de la députée fédérale de Shefford, Andréanne Larouche, et de son équipe au cours de la dernière année. 
Cent trente épinettes noires seront plantées dans le nord du Québec, entre mars et août prochain, pour compenser les émissions de gaz à effet de serre générées par les activités de la députée fédérale de Shefford, Andréanne Larouche, et de son équipe au cours de la dernière année. 

Andréanne Larouche, députée carboneutre

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
Cent trente épinettes noires seront plantées dans le nord du Québec, entre mars et août prochain, pour compenser les émissions de gaz à effet de serre générés par les activités de la députée fédérale de Shefford, Andréanne Larouche, et de son équipe au cours de la dernière année.

Ce faisant, l’élue concrétise l’engagement qu’elle avait pris durant la campagne électorale de 2019 où elle souhaitait présenter un bilan carboneutre. Les 130 épinettes, qui seront mises en terre par Carobine boréal, compenseront à terme les quelque 18,14 tonnes de gaz carbonique évacuées dans l’atmosphère depuis son entrée à la Chambre des communes.

C’est à la firme Carboneutre Québec, fondée par le Granbyen Mathieu Comtois, que Mme Larouche a confié la tâche de calculer l’impact environnemental de sa première année de mandat, le renouvellement d’un partenariat qui avait mené à la plantation de neuf arbres pour compenser 1,17 tonne de GES émis durant la campagne électorale.

« Ce système de compensation carbone ne nous permet pas de polluer davantage en nous donnant bonne conscience. Au contraire, il nous permet de comprendre notre consommation des ressources et nous encourage à la diminuer. Les changements climatiques ne sont pas une fiction : ils sont malheureusement réels et leurs effets ont déjà d’importantes conséquences sur nos écosystèmes. Collectivement, nous devons réduire nos émissions de gaz à effet de serre. Plus que jamais, chaque geste compte pour aider notre planète », affirme Mme Larouche.

Plusieurs éléments entrent en ligne de compte quand vient le temps de déterminer l’empreinte écologique d’une organisation telle que l’équipe de Mme Larouche : les distances parcourues pour les déplacements, les modèles de véhicules utilisés, les déplacements en train, en avion et en transports en commun, les appareils électroniques utilisés tels que les cellulaires et les ordinateurs de bureau ou portables et les combustibles résidentiels, énumère M. Comtois. «Nous avons notre propre calculateur basé sur différentes données scientifiques, dont le Guide de consommation de carburant 2019 de Ressources naturelles Canada et les rapports spéciaux du GIEC », a-t-il fait savoir dans un communiqué émis récemment.

La carboneutralité, par le calcul de l’équivalence d’émissions et la compensation de celles-ci par la plantation d’arbres, demeure une pratique somme toute rare et individuelle. Bien qu’elle gagne peu à peu en notoriété, nos gouvernements devraient-ils encourager, voire subventionner, ce processus? «C’est une idée qui mérite qu’on s’y intéresse», souligne Mme Larouche, qui a entrepris d’acquérir un véhicule hybride pour améliorer encore plus son bilan vert.

Pour des changements durables

Carboneutralité ou non, la députée de Shefford est d’avis que la pandémie aura eu pour effet de revoir nos priorités environnementales.

«La pandémie va mener à des changements durables, c’est certain, prédit-elle. Il y a des traces qui vont rester, ne serait-ce parce qu’on a vu les effets positifs et concrets sur l’environnement de la chute de nos déplacements pendant le confinement. On ne peut pas revenir comme avant comme si de rien n’était.»

Les mesures mises en place pour poursuivre le travail malgré les restrictions sanitaires démontrent qu’il est possible de faire avancer les dossiers sans avoir à polluer autant, surtout du point de vue des transports.

«En fait, c’est sûr qu’au cours des derniers mois, en raison de la pandémie, j’ai eu à faire beaucoup moins de route que prévu, concède Mme Larouche. Beaucoup de rencontres et de réunions ont été réalisées en ligne. J’ai même siégé à la Chambre de façon virtuelle!»

«J’essaie de penser transport collectif, poursuit celle qui utilise le transport en commun aussi souvent que possible lorsqu’elle se trouve dans la capitale fédérale. Je suis de très près le dossier de train Montréal-Sherbrooke, qui pourrait devenir une avenue intéressante pour diminuer l’achalandage automobile dans la circonscription. Je réfléchis aussi à un projet de navette entre la sortie 74 de l’autoroute 10 et le centre-ville de Granby. Il faut penser en dehors de la boîte.»

L’environnement est cher aux yeux de la députée, qui a siégé pendant plus de dix ans au conseil d’administration du Groupe Écosphère, un organisme à vocation environnementale. «Ce n’est pas juste pour se donner bonne conscience. On n’a pas le choix de s’y intéresser, c’est notre futur et celui des autres générations», relate Mme Larouche, observant que de plus en plus d’individus, d’organisations et même des municipalités, telles que Shefford — la première à être certifiée au Québec — font le pari de la carboneutralité.