Le conseil municipal a adopté le règlement permettant les immeubles de 12 étages dans une zone du centre-ville, soit celle où est situé le Riverain.

Ancien bureau de poste de Granby: une nouvelle vie pour l'horloge?

S’il n’en tient qu’au maire de Granby, Pascal Bonin, l’horloge de l’ancien bureau de poste se retrouvera sur l’immeuble de 12 étages projeté à la résidence pour retraités, le Riverain, au centre-ville.

Le maire a levé le voile sur ce projet lors de la dernière séance du conseil municipal lundi soir. Car, même si la lutte au coronavirus demeure le dossier prioritaire à l’hôtel de ville, certaines démarches continuent à cheminer, comme la modification au règlement de zonage pour permettre les bâtiments de 12 étages dans un secteur de la rue Principale. 

À l’instar des deux dernières séances, deux élus, Jean-Luc Nappert et Éric Duchesneau, ont manifesté leur désaccord à ce projet. « On s’est dépêché, tant qu’à moi », a laissé tomber M. Nappert. 

Celui-ci a réitéré avoir des réticences sur le plan esthétique, alors que le Riverain est situé près du pont Patrick-Hackett et de la rivière Yamaska. L’élu aurait aussi aimé qu’une consultation soit tenue.

« J’aurais aimé qu’on mette un holà et qu’on regarde le plan de densification », dit-il. 

Jean-Luc Nappert croit que ce ne sont pas que les citoyens de la zone visée qui devraient pouvoir se prononcer sur cette modification au zonage, mais tous les Granbyens. 

Selon la directrice du service juridique et greffière de la Ville, Catherine Bouchard, aucune demande de registre n’a cependant été déposée, dans le cadre de la modification réglementaire.

Pas un lapin

Absent lors des précédentes séances du conseil municipal, le maire Pascal Bonin a profité de l’occasion lundi soir pour manifester son accord à la rénovation et l’agrandissement du Riverain. Il a affirmé avoir rencontré le groupe Katasa, propriétaire de l’immeuble, il y a deux ans pour discuter de ce projet. 

« Ce n’est pas un lapin sorti d’un chapeau », a-t-il lancé.

Il a aussi déclaré avoir proposé d’ajouter au projet l’horloge de l’ancien bureau de poste, jadis situé à l’angle des rues Saint-Jacques et Principale et démoli il y a plus de 40 ans. La démolition de cet édifice patrimonial continue d’ailleurs de susciter les passions, alors que plusieurs ont dénoncé cette décision au fil des décennies. 

« Le conseil a redonné beaucoup d’éléments historiques aux citoyens, dont le sarcophage. On travaille aussi sur la fontaine Wallace. Et un élément qu’on a de façon intégrale et qui pourrait être remis, c’est la fameuse horloge du bureau de poste (...). Elle serait proche de l’endroit où elle était et elle ressortirait énormément à cet endroit-là », a souligné le maire aux médias au terme de la séance. 

Selon lui, le promoteur a « adoré l’idée ». « Depuis le début, on travaille avec cette intégration-là », dit-il sans toutefois être en mesure de préciser à quelle étape le projet se trouve actuellement.

Le maire Bonin dit respecter l’opinion de Jean-Luc Nappert, mais, selon lui, les centres-ville qui réussiront à tirer leur épingle du jeu sont ceux qui pourront compter sur un nombre élevé de résidents. « La cohérence, c’est de densifier », croit-il. 

Réserves

La directrice générale de la Société d’histoire de la Haute-Yamaska, Cecilia Capocchi, a accueilli ce projet avec réserve mardi. « Ça se ferait sûrement, intégrer l’horloge au bâtiment. Mais ça va dépendre de comment c’est fait. Il faudrait que ça s’harmonise le mieux possible avec l’architecture », a-t-elle fait valoir. 

Il demeure toutefois difficile de se prononcer sur cette éventualité à l’heure actuelle,relève-t-elle, car plusieurs éléments n’ont pas encore été précisés.

Selon la DG de la Société d’histoire, la valeur de l’horloge, qui se trouve actuellement dans la salle du conseil, réside en bonne partie dans le fait qu’elle rappelle un bâtiment, l’ancien bureau de poste, construit au début du 20e siècle et aujourd’hui disparu.