Des aménagements où la chaussée d’un segment de piste cyclable ou d’une traverse piétonnière s’illumine la nuit venue pourraient voir le jour à Granby.

Aménagements lumineux: un projet pilote en cours à Granby

Des aménagements où la chaussée d’un segment de piste cyclable ou d’une traverse piétonnière s’illumine la nuit venue pourraient voir le jour à Granby. Un projet pilote est actuellement réalisé rue Saint-Hubert, près de l’école Joseph-Poitevin.

« C’est un work in progress, mais j’y crois beaucoup », laisse tomber le maire Pascal Bonin.

Selon lui, ce type de technologie commence à être utilisé en Europe, mais il demeure encore méconnu au Québec, voire au Canada. C’est lors d’une mission économique portant sur les villes intelligentes qu’il a réalisée au cours des dernières années sur le Vieux Continent que Pascal Bonin dit avoir eu un coup de cœur pour cette innovation.

Aux Pays-Bas, la piste cyclable Van Gogh-Roosegaarde a été aménagée en 2014 sur une longueur de 600 mètres dans la municipalité où le peintre hollandais a vu le jour. Le design de cette piste cyclable a, semble-t-il, été inspiré par le tableau La nuit étoilée de Vincent Van Gogh.

Semblable aménagement a aussi été réalisé notamment dans la région de la Mazurie, en Pologne.

Ces projets sont essentiellement réalisés avec de petites pierres luminescentes qui ont pour propriété d’absorber la lumière du jour pour briller à la noirceur. Ces pierres sont ajoutées lors de la pose d’asphalte à la couche de surface, avant d’être pressées par un rouleau compacteur afin qu’elles soient bien incrustées dans la chaussée, explique Pascal Bonin.

Les petites pierres vertes fluorescentes ont été appliquées sur une surface d’environ 150 mètres carrés sur la piste cyclable près d’une des entrées de l’école Joseph-Poitevin.

Projet pilote

Un premier test a été réalisé à petite échelle l’an dernier dans la cour du garage municipal. Les résultats ont été concluants. Mais la Ville souhaite maintenant mettre à l’essai cette technologie dans les conditions réelles d’utilisation sur un petit bout de piste cyclable.

« On a regardé les travaux qu’on faisait cette année pour diminuer les coûts du projet pilote. Comme on avait une piste cyclable à faire rue Saint-Hubert, on a ciblé ce projet-là », mentionne le directeur du service de la planification et de la gestion du territoire à la Ville, Benoit Carbonneau.

Pour l’heure, les petites pierres vertes fluorescentes ont été appliquées sur une surface d’environ 150 mètres carrés, près d’une des entrées de l’école Joseph-Poitevin. De jour, elles passent presque inaperçues. De soir, un halo lumineux est perceptible, mais le résultat n’est pas aussi probant qu’au garage municipal, où la pollution lumineuse est moins grande, note Benoit Carbonneau

« L’éclairage de l’école (se) reflète sur la partie de la piste cyclable qu’on a faite. Il y a peut-être des correctifs qu’on va faire pour voir si on ne peut pas améliorer l’aspect visuel de la pierre pour que ça soit plus flashant », dit-il.

« Si la lumière ambiante a un impact sur les pierres et que la phosphorescence n’est pas adéquate, on pourrait peut-être plus l’utiliser pour des pistes cyclables reculées du milieu urbain. Mais si on s’aperçoit, qu’au contraire, la phosphorescence est quand même adéquate, on pourrait aller dans des places plus urbaines et en installer dans des trottoirs ou des traverses pour piétons », ajoute le directeur du service de la planification et de la gestion du territoire.

Des aménagements où la chaussée d’un segment de piste cyclable ou d’une traverse piétonnière s’illumine la nuit venue pourraient voir le jour à Granby.

Essais et erreurs

En fait, le projet pilote sera ponctué d’essais et d’erreurs, prévoit Benoit Carbonneau. La planche d’essai sera entre autres soumise aux aléas du déneigement. Les pierres testées au garage municipal n’ont toutefois rien perdu de leur intensité après l’hiver dernier, dit-il.

Il est aussi envisagé d’appliquer un produit, à l’instar d’un revêtement d’époxy, pour s’assurer de fixer les pierres au sol. Car le résultat n’est pas optimal rue Saint-Hubert.

« C’est vraiment un projet pilote. On fait des tests. On change des choses. On va regarder quel produit pourrait être mis sur le pavage. Il ne faut pas que ça soit trop glissant non plus. Il y a des contraintes. On va faire plusieurs tests jusqu’à ce qu’on décide si c’est concluant ou non », affirme Benoit Carbonneau.

Il en a coûté 6400 $ pour l’achat et l’installation des roches phosphorescentes sur la portion de 150 mètres carrés, rue Saint-Hubert. S’il existe un fournisseur de ce type de pierre au Canada, celles installées à Granby proviennent d’Europe, selon M. Carbonneau.

« C’est comme n’importe quelle technologie, quand ça commence, c’est dispendieux, mais les prix vont baisser », estime le maire Pascal Bonin, qui est convaincu que les applications pourraient être multiples.

« On veut être une organisation qui ose faire des choses différentes. Ça fait partie de ça. Des fois, on a du succès, d’autres fois non. Mais on tente des choses », conclut-il.