Selon Karl Fournier, directeur des soins animaliers au Zoo de Granby, l’accréditation devrait faire partie des conditions nécessaires à l’obtention d’un permis, ce qui permettrait de s’assurer qu’un nouvel établissement zoologique se plie aux standards rigoureux de l’industrie.
Selon Karl Fournier, directeur des soins animaliers au Zoo de Granby, l’accréditation devrait faire partie des conditions nécessaires à l’obtention d’un permis, ce qui permettrait de s’assurer qu’un nouvel établissement zoologique se plie aux standards rigoureux de l’industrie.

Allégations de cruauté animale au Zoo de Falardeau: l’importance d’une accréditation

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
Les graves allégations de maltraitance et de cruauté animale révélées par Le Quotidien à l’endroit des exploitants du Zoo de Falardeau, au Saguenay, relancent le débat de l’obligation des institutions zoologiques de répondre à des normes strictes en étant accréditées au sein d’associations reconnues.

« C’est difficile de dire si on est surpris ou pas [des propos tenus dans le reportage], a répondu le directeur des soins animaliers au Zoo de Granby, Karl Fournier. Bien sûr, ce sont des situations qui nous interpellent, mais comme on n’a pas été témoin de ce qui est rapporté, on ne peut pas vraiment confirmer ou infirmer quoi que ce soit. »

Des allégations aussi graves — le quotidien du Saguenay mentionne par exemple que des animaux exotiques seraient morts gelés et que d’autres auraient subi des soins vétérinaires par des employés non qualifiés, ce que le propriétaire de l’établissement nie fermement — font dire à M. Fournier que tous les établissements zoologiques devraient être officiellement accrédités.

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Actuellement, les institutions doivent obtenir un permis d’exploitation émis par le ministère de la Fôret, de la Faune et des Parcs pour entrer en opération. Une accréditation reconnue est pour sa part facultative, mais aussi coûteuse, ce qui explique pourquoi certaines entreprises choisissent de ne pas l’obtenir.

Selon M. Fournier, la démarche devrait être en sens inverse, c’est-à-dire que l’accréditation devrait faire partie des conditions nécessaires à l’obtention d’un permis, ce qui permettrait de s’assurer qu’un nouvel établissement zoologique se plie aux standards rigoureux de l’industrie.

« C’est une manière de s’assurer du bien-être des animaux. On a aussi des comités d’institutions regroupées qui mènent des projets en institut et dans la nature pour la préservation et la conservation des espèces. De cette façon, on approfondit constamment nos connaissances pour améliorer nos façons de prendre soin des animaux », affirme le directeur.

« Advenant que des allégations aussi graves survenaient — et à ma connaissance, ça ne s’est jamais encore produit dans une institution accréditée —, des inspections peuvent avoir lieu et mener à des sanctions. Le zoo devrait aller prendre des actions pour corriger le tir, faute de quoi il pourrait perdre son accréditation », ajoute-t-il.

Le Zoo de Granby est membre de Aquariums et zoo accrédités du Canada, de l’Association américaine des Zoos et des Aquariums de même que de l’Association mondiale des Zoos et des Aquariums.

Pratiques divergentes

En 2017, le Zoo de Falardeau avait déjà défrayé les manchettes pour avoir retiré des bébés à leur mère pour permettre aux visiteurs de les toucher. À l’époque, le Zoo de Granby avait condamné cette pratique en mentionnant que dans son établissement, on préconisait au contraire le contact le plus privilégié possible entre le petit et sa mère.

« À nos yeux, ce n’est pas recommandé de retirer le bébé à sa mère. Ça ne fait pas partie de notre philosophie », réitère M. Fournier.

« Les gens pensent à tort que bon nombre de comportements sont innés, comme la reproduction, mais ils sont en fait acquis par la socialisation avec des congénères de leur espèce », ajoute le zoologue.

À l’heure actuelle, il est trop tôt pour spéculer sur la suite des choses, avertit Karl Fournier. Cependant, si Québec a besoin d’aide ou d’un endroit pour héberger temporairement des animaux, par exemple, le Zoo de Granby pourrait être sollicité.

« Le bien-être des animaux est très important et, si des besoins sont exprimés, on pourra considérer jusqu’où on peut aller, indique le directeur. Mais notre priorité demeure le bien-être des animaux qu’on a déjà. »