Le fondeur Alex Harvey croit avant tout à la persévérance, cette valeur ayant teinté son discours tout au long de la soirée.

Alex Harvey: la persévérance avant tout

Le complexe sportif Artopex a reçu de la grande visite, lundi soir. Le fondeur olympien Alex Harvey est venu y présenter une conférence portant sur son parcours sportif professionnel des 15 dernières années. C’est devant 600 personnes, dont la moitié était des étudiants de différentes écoles de la commission scolaire du Val-des-Cerfs, que l’athlète a été accueilli par une ovation.

Guidé par son agent Denis Villeneuve, Alex Harvey a partagé ses expériences sportives devant un public qui a pu lui poser une quinzaine de questions. Quatre heures plus tôt, il partageait son expérience à des élèves d’une école primaire de Kingsey Falls.

Les rêves, la persévérance, la motivation, la déception et les objectifs ont notamment été abordés.

« Je montre mon parcours pour prouver que c’est applicable dans d’autres domaines », a lancé Harvey.

Ulysse, qui a participé aux Jeux du Québec il y a deux ans, était dans la salle avec son frère et ses parents. Le jeune de 15 ans fait du ski de fond de compétition depuis quatre ans et il était très, très emballé de rencontrer son idole. Il lui a d’ailleurs demandé ce que ça lui faisait d’être l’idole de plusieurs jeunes.

Le fondeur de 30 ans avoue que c’est difficile pour lui de se faire à l’idée, mais qu’il s’agit d’un véritable honneur.

« J’espère vous inspirer d’aller au bout de vos rêves », a-t-il dit.

De son côté, Joseph, 11 ans, était venu avec sa maman pour assister à ce moment. Grand amateur de sport, le jeune a adoré la conférence qu’il a qualifiée d’inspirante.

Sa mère était elle aussi très heureuse de voir qu’un athlète peut inculquer de bonnes valeurs aux jeunes.

Elle faisait référence au moment où Harvey a expliqué qu’un rêve se bâtissait de façon progressive.

« Comme il a dit, je trouve ça bien que le parent doive être là en appui et que l’intérêt pour le sport vienne de l’enfant. C’est un bel exemple », croit-elle.

L’athlète croit beaucoup en la persévérance, une valeur qui a teinté son discours tout au long de la soirée.

Aux Jeux du Québec en 2000, à Rimouski, alors qu’Harvey avait douze ans, tout le monde s’attendait à ce qu’il gagne, car son père Pierre Harvey avait déjà connu du succès dans la même discipline. Cela n’a pas été le cas, et l’athlète souligne avoir gravi les échelons un à un.

« Je tripais juste à m’entraîner et à être meilleur que la veille. L’amélioration me motivait. »

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L’importance de l’équipe

Alex Harvey a mis un terme à sa grande carrière en mars dernier sur les plaines d’Abraham alors qu’il avait raflé deux podiums en autant de jours.

Depuis son tout premier podium, en 2009 lors de sa quatrième course chez les seniors, le fondeur a remporté deux titres de champion du monde et totalisé 29 podiums en Coupe du monde.

À la vue de ces résultats, l’expérience peut être grisante, voire euphorisante, mais Harvey avoue qu’il n’aurait jamais pu réaliser ces exploits sans son équipe.

Certains curieux lui ont d’ailleurs demandé combien de personnes composaient son équipe.

« Beaucoup de personnes sont derrière la performance », a-t-il mentionné avant d’énumérer les nombreux professionnels qui l’ont encadré. À commencer par son entraîneur en chef Louis Bouchard, six « farteurs », un massothérapeute, un ostéopathe, un nutritionniste et le médecin d’équipe… qui était sa mère !

« C’est une grande famille », a-t-il dit.

Même si gagner la première place le rend fier, Harvey a confié que son plus grand plaisir est de « donner du bonheur à son équipe », a-t-il dit à une personne du public qui lui a posé la question. Au niveau sportif, à ses yeux, son titre de champion du monde au 50 km à Lahti est l’événement qui le rend le plus fier.

Il est aussi revenu sur les moments plus difficiles de sa carrière, dont les Jeux olympiques de Sochi en 2014.

« Quatre ans avant, l’équipe canadienne avait les meilleures performances de l’histoire. Le momentum de ces quatre ans-là était incroyable. On avait tous des grosses attentes », explique-t-il.

Mais lors de la première des cinq courses au Jeux, des problèmes d’équipement ont miné le rendement de l’équipe.

« On a parlé publiquement des déboires avec nos équipements et ça a entraîné une spirale négative », poursuit-il.

À travers ce genre de déception, Harvey croit que la meilleure façon de s’en remettre est de vivre sa tristesse.

« Tu as un mini deuil à faire, parce que tu as tellement travaillé fort. J’essaye de vivre la déception au lieu de tourner la page trop rapidement », a-t-il témoigné.

Études

Si le sport a occupé la majorité de sa vie, Harvey croit qu’il a été choyé d’avoir des parents qui lui ont inculqué de bonnes valeurs dont les études.

« Ma mère me disait qu’elle m’hébergerait tant que j’irais à l’école », se souvient-il. Je me rappelle que je faisais mes devoirs dans l’autobus et s’ils étaient bien faits je pouvais aller en ski 45 minutes. »

Depuis 2008, Harvey étudie en droit et cette dimension de sa vie lui permet de garder les deux pieds sur terre.

« [Dans mon sport], tout le monde travaille pour nous pour être le meilleur au monde. Il faut être un peu égocentrique par moment, mais à l’école ça fait du bien d’être une personne parmi tant d’autres. »

Il avoue qu’il est heureux de retrouver sa famille, lui qui a manqué plusieurs Noël et Saint-Valentin auprès des siens. « Mais l’intensité, elle, va beaucoup me manquer », a-t-il glissé.