Des compensations financières doivent être versées aux municipalités qui accueillent sur leur territoire des aires protégées, comme les montagnes Vertes dans le canton de Potton, soutiennent les MRC de Brome-Missisquoi et Memphrémagog.

Aires protégées: deux MRC s'unissent pour réclamer une compensation

Brome-Missisquoi et Memphrémagog feront front commun pour convaincre Québec de verser des compensations financières aux municipalités qui accueillent des aires protégées sur leur territoire. L'organisme Corridor appalachien épaulera leurs efforts.
Des représentants des deux MRC préparent une demande pour que le gouvernement du Québec paie les taxes foncières des aires protégées qui échappent aux municipalités, explique Robert Desmarais, directeur général de la MRC Brome-Missisquoi. « Les municipalités veulent jouer un rôle pour que le Québec atteigne son objectif de protéger 17 % de son territoire. Mais c'est un objectif qui a été fixé par Québec. Le gouvernement doit assumer ses responsabilités auprès des municipalités qui sont touchées en leur offrant des compensations. Leurs pertes fiscales sont importantes », signale-t-il.
Parallèlement à ces démarches, Corridor appalachien, qui gère un territoire de 5664 hectares d'aires protégées dans la MRC Brome-Missisquoi, demande aux autorités provinciales d'exempter de taxes foncières tous les groupes sans but lucratif qui administrent des aires protégées au Québec. Chaque année, calcule Mélanie Lelièvre, directrice générale de Corridor appalachien, ces organismes versent plus de 750 000 $ en taxes foncières. 
La survie de certains groupes est en jeu, soutient Mme Lelièvre. « On n'a pas d'argent. On galère pour survivre. On fait ça pour l'ensemble de la population, pour protéger des forêts et des milieux naturels exceptionnels. On ne devrait pas payer de taxes foncières. »
Les groupes de conservation sont d'avis que les municipalités n'ont pas à se priver des revenus fonciers. « On est super sensibles à leur situation. À Potton, 16 % de son territoire est en aires protégées. Ça représente beaucoup d'argent pour la municipalité. On les comprend. On ne veut pas qu'elles se privent de ces revenus », indique Mme Lelièvre.
Le pire scénario, selon cette dernière, est que les municipalités en viennent à s'opposer à la création de nouvelles aires protégées. Il y a danger de les « antagoniser », dit-elle. « Ça affecte la vitalité du mouvement pour qu'on ait plus d'aires protégées. »
Une cinquantaine de maires, de conseillers et de directeurs généraux des deux MRC ont pris part le 28 novembre à une rencontre spéciale sur le sujet. Ils ont entendu Steeve Morasse, responsable des aires protégées au ministère de l'Environnement. Le fonctionnaire leur a expliqué le cadre juridique des aires protégées.
D'autres MRC intéressées ?
Les deux MRC présenteront leur demande au ministre de l'Environnement, a dit M. Desmarais. Il est probable que des discussions seront lancées également avec les ministères des Affaires municipales et des Finances, a-t-il indiqué. D'autres MRC pourraient selon lui se joindre au duo. « Il y a sûrement d'autres MRC qui s'interrogent également sur ce qu'elles peuvent faire. Nous sommes en train d'étudier tout ça. »
Le gouvernement du Québec espère protéger 17 % de son territoire d'ici 2020. En date du 31 mars 2016, les aires protégées recouvraient 9,32 % du territoire (155 436 km2). Les aires marines protégées représentaient 1,3 % du territoire (1957 km2).
On compte 210 réserves naturelles reconnues au Québec, dont 91 en Montérégie (surtout dans le sud), 42 en Estrie, 25 dans les Laurentides et 17 dans chacune des régions de Chaudière-Appalaches et de la Capitale nationale, selon M. Morasse. Le ministère de l'Environnement étudie 72 demandes pour de nouvelles aires protégées.