Le policier Guy Rousseau rencontre à quelques reprises chaque année des aînés pour les sensibiliser aux diverses formes d'abus dont ils peuvent être victimes.

Aînés victimes d'abus: briser le silence

Les aînés sont parfois des personnes vulnérables et susceptibles d'être victimes d'abus, comme cette dame de Sherbrooke qui se serait fait soutirer plus de 70 000 $ par son petit-fils. À Granby, les policiers enquêtent chaque année sur ce type d'histoires, qui représentent probablement la pointe de l'iceberg.
En collaboration avec la FADOQ, le policier Guy Rousseau rencontre à quelques reprises chaque année des personnes âgées dans le cadre du programme Aîné-Avisé, qui vise à les sensibiliser à la fraude et la maltraitance. Des capsules vidéos abordant divers sujets leur sont présentées en présence d'un policier, suivies de discussions.
«Ils ont souvent tendance à penser que les gens qui vont venir les frauder, les voler, c'est quelqu'un qu'ils ne connaissent pas du tout. Sans rentrer dans la paranoïa, on leur dit d'être ouverts à ce qui se passe autour d'eux, explique l'agent du service de police de Granby. On leur dit d'être à l'affût et de ne pas avoir peur de dénoncer ces situations-là avant que ça se rende à des montants élevés, comme la dame de Sherbrooke.»
Les policiers les préviennent que si des proches sont aux prises avec un problème de consommation d'alcool ou drogue, ou souffrent de problèmes psychiatriques ou de comportement, ils peuvent parfois avoir besoin d'argent, explique M. Rousseau.
Après ces rencontres, il n'est pas rare que certaines personnes se reconnaissent dans les scénarios ou qu'elles soupçonnent qu'un membre de leur entourage soit victime d'abus.
«La base de tout ça est de briser le silence. C'est le même principe que l'intimidation. C'est de dire non à une situation qui est inacceptable et de trouver le courage de dénoncer la situation et on va pouvoir aider ces gens-là», dit Guy Rousseau.
La pointe de l'iceberg
Les policiers de Granby enquêtent d'ailleurs chaque année sur des dossiers de fraude ou d'abus de gens âgés qui se sont fait soutirer de l'argent par un proche, sans qu'il s'agisse de sommes aussi élevées que dans l'histoire de Sherbrooke. «Je ne suis pas prêt à dire que ça arrive souvent, mais ce sont des dossiers qu'on traite et souvent, c'est la pointe de l'iceberg», dit M. Rousseau.
Le phénomène est toutefois complexe puisqu'il implique des membres de la famille, dit l'agent Rousseau. «Lorsqu'il s'agit de son petit-fils, il y a de la gêne, de la honte.»
Les policiers rappellent que les personnes victimes d'abus peuvent les contacter ou obtenir de l'information à la FADOQ, à l'AQDR ou auprès d'intervenants du domaine de la santé. Ils peuvent aussi discuter avec un intervenant de la ligne d'aide abus aux aînés au 1-888-489-2287.