Le Domaine Château-Bromont a vu sa clientèle d’affaires réduite presque à zéro depuis le début de la pandémie, plombant considérablement les revenus de l’entreprise.
Le Domaine Château-Bromont a vu sa clientèle d’affaires réduite presque à zéro depuis le début de la pandémie, plombant considérablement les revenus de l’entreprise.

Aide financière au secteur hôtelier: «ce n’est pas le Klondike»

Jean-François Guillet
Jean-François Guillet
La Voix de l'Est
Bien qu’accueilli favorablement par des hôteliers de la région, le nouveau soutien financier de 65,5 millions à l’industrie touristique, dont 38 millions à leur secteur d’activité, les laisse sur leur appétit.

«L’aide précédente était sous forme de prêts. Donc, c’était un peu pelleter le problème par en avant. La récente annonce amène des liquidités, donc c’est positif», a indiqué Marie-Joëlle Bourdeau, directrice des ventes et marketing à l’Hôtel Castel de Granby.

En fait, 58% de l’enveloppe globale de 38 millions destinée à l’industrie hôtelière concerne les établissements de 4 à 299 chambres. La ministre du Tourisme, Caroline Proulx, a évoqué que 96% des 1400 hôtels à travers la province comptent moins de 200 chambres», rapportait Le Soleil. «On calculera la différence de taxe sur l’hébergement récoltée pour les deuxième et troisième trimestres de 2020 par rapport à celle versée pour ces mêmes trimestres en 2019. Si la différence est au moins de 30 %, le gouvernement remboursera l’écart jusqu’à un maximum de 200 000 $ par établissement», a résumé le quotidien de Québec.

La représentante du Castel met toutefois un bémol. «On est contents, mais ce n’est pas le Klondike, a imagé Mme Bourdeau. C’est un bon début, mais on souhaite qu’il y ait autre chose qui suive. On sait très bien que l’on subira [les contrecoups de la pandémie] durant les prochains mois.»

Son de cloche similaire du côté du Domaine Château-Bromont. «De l’aide financière gouvernementale, il y en a depuis des mois. C’est évolutif, mais ce n’est jamais assez», a fait valoir Benoit Sirard, actionnaire et gestionnaire de l’entreprise hôtelière, qui compte 166 chambres ainsi que des condos.

«Hécatombe»

Depuis le début de la pandémie, l’industrie touristique est malmenée. Jusqu’ici durant cette période, le Castel a maintenu une moyenne d’environ 20 chambres louées par jour, alors que l’hôtel en compte 136. L’arrêt brutal des congrès plombe considérablement le chiffre d’affaires de l’entreprise. «La situation est grave, a indiqué Marie-Joëlle Bourdeau, soulignant toutefois que l’hôtel a «les reins solides et passera à travers la crise». Au niveau du centre de congrès, c’est vide, alors qu’on serait normalement dans une très forte période. C’est l’hécatombe. Et au niveau de la restauration, ça allait relativement bien avant la fermeture lors du passage en zone rouge. La massothérapie, c’est aussi très tranquille.»

Marie-Joëlle Bourdeau, directrice des ventes et marketing à l’Hôtel Castel de Granby.

Même constat au Domaine Château-Bromont. «La clientèle d’affaires est notre core business. C’est à terre pour un bout de temps. Ce n’est pas ce qui nous permettra de survivre. Ça nous enlève près de 50% de nos revenus. Et avec la zone rouge, c’est l’hécatombe», a fait valoir Benoit Sirard.

L’entreprise bromontoise voit néanmoins les semaines à venir d’un bon oeil, avec le retour des skieurs sur les pentes à quelques pas. «C’est évident qu’on a hâte à la première neige, a dit l’actionnaire de la compagnie. En attendant, on est prêts à accueillir les visiteurs dans le respect des règles de santé publique. On ne disparaîtra pas de la carte, mais on doit trouver des moyens d’être créatifs pour survivre.»

Exode

L’aide financière annoncée par le gouvernement Legault pour épauler l’industrie touristique prévoit une enveloppe de 3 millions pour contrer le ressac de la crise sanitaire sur la main-d’œuvre dans ce créneau.

Une mesure vue d’un bon oeil au Castel. «L’aide dans ce créneau est très pertinente. On voit un certain exode du personnel vers d’autres milieux de travail. On doit être prêts pour la relance», a mentionné Mme Bourdeau.

Idem du côté du Domaine Château-Bromont. «On a dû mettre bien du personnel à pied depuis le début de la pandémie, a dit M. Sirard. Ces personnes doivent manger, alors on ne peut pas s’attendre à ce que tous soient au rendez-vous lors de la relance. L’aide gouvernementale est donc la bienvenue.»