Saïd Elkoun, Pierre Breton et Patrik Doucet ont dévoilé jeudi les détails d’une aide financière de DEC au CITÉ.

Aide financière au CITÉ: de déchets à écomatériaux

Le développement d’écomatériaux, à base de fibres ou de déchets végétaux, est appelé à s’accélérer au Carrefour d’innovation en technologie écologique (CITÉ) de Granby avec l’acquisition d’équipements qui lui permettront de passer de la théorie à la pratique.

Ces écomatériaux sont déjà développés en laboratoire, entre autres à partir de déchets de pommes de terre et de carottes ainsi que de fibres de lin, de chanvre et d’asclépiade, mélangés à des polymères recyclés. L’acquisition d’une extrudeuse bivis (à double vis) permettra cependant aux étudiants et aux chercheurs de l’Université de Sherbrooke de travailler avec des entreprises de la région sur des applications précises de ces matériaux, a expliqué jeudi en conférence de presse le directeur scientifique au CITÉ et professeur à la Faculté de génie, Saïd Elkoun.

L’achat de l’extrudeuse est rendu possible grâce à une subvention de 100 000 $ de Développement économique Canada (DEC) et d'une contribution de 25 000 $ de l'Université de Sherbrooke. « Cet investissement stratégique aura des retombées concrètes auprès des PME d’ici en leur permettant d’avoir accès à des ressources de pointe », a fait valoir le député de Shefford, Pierre Breton.

« Les nouveaux matériaux sont en demande, mais il reste beaucoup de travail à faire. On est capable de les développer dans les laboratoires, mais on doit aussi les sortir de là », dit Saïd Elkoun.

Des emballages à l’auto
Les entreprises des secteurs de la plasturgie et des emballages pourraient trouver un intérêt à l’utilisation des écomatériaux, tout comme l’industrie automobile, qui utilise beaucoup de plastique, souligne le directeur scientifique du CITÉ. Les PME granbyennes Monark Éco Fibre et Polyvert sont parmi celles qui profitent de l’expertise du CITÉ.

« Nous avons déjà des projets en cours. Mais il nous manquait la partie de la transformation. On n’était pas capable de passer à l’échelle pilote et de fournir aux entreprises des matériaux qu’ils peuvent tester en usine » , note Saïd Elkoun.

Certains modules, telles une presse à injecter ou des filières pour sortir des plaques, pourront être ajoutés à l’extrudeuse bivis, selon les projets. L’équipement devrait être installé d’ici le 31 mars. Actuellement, une dizaine d’étudiants à la maîtrise et au doctorat œuvrent sur cette filière au CITÉ. Ce nombre est appelé à grimper à une quinzaine à court terme.

« Sans équipement, on aurait dû sous-traiter à l’extérieur. Là, on va pouvoir le faire nous-mêmes, ce qui va donner de l’accélération à notre développement », se réjouit M. Elkoun.

Selon lui, des matériaux « 100 % biosourcés » devraient pouvoir être offerts d’ici cinq à 10 ans.

C’est en fait un apport financier total de 600 000 $ que DEC a annoncé jeudi, de façon simultanée, à deux centres de l’Université de Sherbrooke, soit au CITÉ, à Granby, ainsi qu’à l’Institut interdisciplinaire d’innovation technologique, à Sherbrooke. L’objectif visé : que ces centres puissent accroître leur soutien aux industriels pour développer et améliorer des technologies propres dans une perspective de développement durable.

Le CITÉ a pignon sur la rue Bernard depuis 2015. La Ville de Granby a contribué à son implantation en acceptant d’assumer les coûts de location de l’espace occupé par l’Université de Sherbrooke. Le loyer du bail, d’une durée de sept ans, est de 65 000 $ par année, pour un total de 455 000 $.