Patrick St-Laurent, directeur général de Granby Industriel, et Francis Deslauriers, dévoilent ce jeudi le tout nouveau Technolab 164.

Aide aux nouveaux entrepreneurs: le Technolab 164 inauguré

Un tout nouveau laboratoire entrepreneurial a été inauguré jeudi matin par Granby Industriel. Le TechnoLab 164 occupe deux locaux de l’Impérial Lofts et offre quatre espaces pour permettre aux jeunes entrepreneurs de penser, valider et développer leur produit avant de se lancer dans la production.

L’idée est née des Fablab, ces laboratoires de fabrication popularisés en Europe et aux États-Unis et qui permettent aux entrepreneurs de mettre au point des prototypes. Granby Industriel a développé son propre concept après que des jeunes aient demandé à avoir un petit espace de travail dans l’incubateur industriel du CITIG. 

Mais, « ce sont des locaux de 3000 pieds carrés, c’est manufacturier. Alors, on s’est demandé ce qu’on pouvait faire pour favoriser la création d’entreprises ici, à Granby, et en même temps, à cause de la popularité et de l’évolution de la technologie, si on pouvait jumeler à ça un Fablab », explique le directeur général de Granby Industriel, Patrick St-Laurent.

L’organisation a profité du nouveau Fonds de développement régional de Desjardins pour présenter son projet TechnoLab 164. Un montant de 70 000 $ a été accordé au laboratoire entrepreneurial, tandis que la MRC de la Haute-Yamaska a contribué à hauteur de 22 000 $. Granby Industriel a avancé les 40 000 $ restants. Après des mois de travail, les locaux sont maintenant ouverts et une première cohorte de sept nouveaux entrepreneurs a commencé à utiliser les installations.

« L’objectif est toujours de favoriser l’émergence de nouveaux entrepreneurs en leur donnant trois éléments. Premièrement, ça prend un lieu physique. Deuxièmement, ça prend un environnement favorable. La pire chose pour un jeune entrepreneur, c’est l’isolement. Quand tu le places ici avec d’autres jeunes qui vont faire des apprentissages, et quand tu le places dans un endroit où il y a déjà 60 entrepreneurs [NDLR : dans l’Impérial Lofts], imaginez l’émulation qui peut se faire, l’échange d’informations et le réseautage. Troisième élément, ce sont les équipements. »

Chaque espace peut être occupé par une clientèle distincte selon leur avancement dans leur entreprise.

Démarrage et croissance

La Voix de l’Est a eu accès aux locaux en primeur. Un premier local se trouve à la même adresse que l’espace collectif de travail Noburo. On y trouve les espaces Startup et Croissance, qui comprennent des tables de travail, deux ordinateurs et un écran utilisé pour les formations. 

« Le but est de démarrer une cohorte à tous les six mois dans l’espace Startup, souligne M. St-Laurent. Ce sont des gens avec des idées, qui veulent valider leur marché, qui veulent parler avec d’autres pour voir si leur affaire est rentable. »

Les membres de la cohorte — qui comportera entre 6 et 10 candidats recrutés par Granby Industriel — pourront ensuite revenir dans ce local pour faire croître leur jeune entreprise. Les espaces Startup et Croissance cohabitent bien puisque le matériel et les ressources nécessaires sont les mêmes.

« J’ai une personne d’Entrepreneuriat Haute-Yamaska qui va venir passer une journée avec eux pour les amener à développer et accélérer leur projet, qui va amener des invités, des gens qui vont les former sur différents sujets que les jeunes auront ciblés. Le jeune aujourd’hui a accès à beaucoup de webinaires, mais quand ils sont sept à vouloir parler d’un sujet précis, on va pouvoir leur trouver quelqu’un. »

Faire son Prototype

Les jeunes entrepreneurs qui en sont déjà à l’étape de fabrication du prototype de leur produit pourront compter sur les espaces Lab et Atelier, qui se trouvent dans un autre local du 164 rue Cowie.

« Il faut d’abord s’inscrire auprès d’Entrepreneuriat Haute-Yamaska pour valider le projet, précise le directeur général de Granby Industriel. Il faut avoir une idée, un produit à développer. »

Cette clientèle aura accès à tout un éventail d’outils, mais aussi à des machines qui permettront, via un logiciel, de fabriquer un prototype et d’y apporter les corrections nécessaires. Il donne en exemple un jeune de la première cohorte en démarrage qui veut développer un nouveau type de planches à roulettes. « Avec les machines qu’on a, il va être capable de faire des roulettes de différentes formes au lieu d’utiliser un moule qui coûte cher. »

Deux postes de travail permettent d’abord de dessiner les pièces en trois dimensions « selon la technique de fabrication qu’ils choisissent, évoque Francis Deslauriers, engagé par Granby Industriel pour s’occuper de ces deux espaces. Il y a la technique de fabrication additive avec les imprimantes 3D et il y a les techniques de fabrication soustractives avec les fraiseuses. »

Il explique que la technique soustractive se fait à partir d’un bloc de matière duquel on enlève de la matière jusqu’au produit voulu. La fraiseuse fonctionne sur trois ou cinq axes, ce qui limite les possibilités. La technique additive, avec les imprimantes 3D de haute technologie, permet de créer des formes très précises à partir de rien. Cette façon de faire est cependant beaucoup plus longue.

L’imprimante stéréolithographique permet de créer des pièces avec grande précision.

Imprimantes 3D

Deux types d’imprimantes 3D ont été achetés pour le laboratoire. D’un côté de la salle, il y a l’imprimante stéréolithographique. En gros, elle utilise de la résine liquide — le concepteur peut choisir le type de résine — et un laser. Le laser crée la forme en traçant la forme et catalysant la résine, couche par couche. « Ça permet de travailler à une précision d’un millième de pouce, qui est plus mince qu’un cheveu », dit M. Deslauriers en montrant une pièce imprimée plus tôt par la machine. L’objet est ensuite nettoyé dans un bain d’alcool avant d’être durci par des rayons UV.

Deux autres imprimantes 3D, installées à l’autre extrémité du local, utilisent un principe de dépôt de matières en fusion. « Il y a un filament qui entre dans une buse chauffée, puis le moteur va pousser le filament selon les paramètres qu’on rentre dans le logiciel, afin de créer la pièce couche par couche. La résolution est beaucoup moins bonne, mais elle est plus rapide. »

Une petite fraiseuse à cinq axes et deux plus grandes fraiseuses à trois axes complètent les équipements. « On a un parc de machines intéressant pour faire des projets, poursuit M. Deslauriers. Il y a beaucoup d’entreprises en démarrage qui vont se tourner vers l’impression 3D pour valider, pour voir si le produit a de l’allure avant de se lancer dans des dépenses coûteuses comme l’achat de moules. »

Pour le moment, ce local sera ouvert entre 16 et 20 heures par semaine. Un coût de 20 $ par mois est demandé pour le laboratoire, en plus de frais près du prix coûtant pour l’utilisation du matériel.