Le besoin pour une présence accrue de travailleurs de rue était très fort, affirme la conseillère Julie Bourdon, qui a oeuvré à l'élaboration de la politique jeunesse.

Aide accrue pour le travail de rue

La nouvelle politique jeunesse de la Ville de Granby prévoit un budget accru pour le travail de rue. Le salaire annuel de deux intervenants sera dorénavant assumé par la Ville.
« Actuellement, la Ville subventionne, par le biais de la Maison des jeunes (La Barak), 50 % du salaire d'un intervenant en travail de rue. Avec l'adoption de la politique jeunesse, il va y avoir une subvention équivalente au salaire et au fonctionnement de deux travailleurs de rue », dit Patrice Faucher.
« Actuellement, la Ville subventionne, par le biais de la Maison des jeunes (La Barak), 50 % du salaire d'un intervenant en travail de rue. Avec l'adoption de la politique jeunesse, il va y avoir une subvention équivalant au salaire et au fonctionnement de deux travailleurs de rue. La subvention passe de 19 346 $ à 104 552 $. On va terminer l'année avec deux travailleurs de rue. Ils vont procéder à l'embauche d'un deuxième travailleur et on va compenser les salaires des deux pour le reste de l'année », a souligné vendredi le directeur du service de la coordination du loisir, des arts, de la culture et de la vie communautaire à la Ville, Patrice Faucher.
La politique jeunesse et le plan d'action adoptés en début de semaine par le conseil municipal prévoient en outre que ce financement sera récurrent. Une mesure saluée par le coordonnateur du Groupe action solution pauvreté (GASP) à Granby, Nicolas Luppens. « La décision de la Ville permet de voir à long terme. Et ça, c'est très précieux », a-t-il commenté vendredi. 
Un besoin
Le GASP agit en soutien, avec le CIUSSS de l'Estrie, auprès de la Coalition Impact de rue, qui oeuvre, avec Partage Notre-Dame, la Maison des jeunes La Barak de Granby et la Maison des jeunes l'Exit de Waterloo, pour augmenter les ressources en travail de rue sur le territoire de la Haute-Yamaska auprès des jeunes, mais aussi des adultes et des aînés. Une pétition a circulé à cet effet l'hiver dernier. Des demandes de subventions ont été logées pour pallier la situation, par le biais de différents programmes gouvernementaux. 
« Ça va aider parce que notre travailleuse de rue, qui est là depuis 11 ans, est très efficace, mais elle est aussi très en demande. Les besoins sont très grands. L'aide de la Ville va donc nous permettre de consolider ce service-là, qui était déficitaire. Ça va nous aider à prendre une respiration », a pour sa part affirmé la directrice générale de La Barak, Marie-Ève Houle.
« Le comité jeunesse, formé entre autres de représentants des directions d'écoles, de la Maison des jeunes et du Carrefour jeunesse emploi, s'est rencontré à quelques reprises. Le fait que ça prend plus de travailleurs de rue revenait toujours. On a vu que c'est un besoin très important. Drummondville a cinq travailleurs de rue, Saint-Hyacinthe, quatre, et Sherbrooke, huit. On était vraiment en deçà », a pour sa part expliqué la conseillère municipale Julie Bourdon qui, avec son homologue Éric Duchesneau, a travaillé sur cette nouvelle politique.
Autres mesures
Il a par ailleurs été convenu qu'un budget de 20 000 $ par année sera accordé, à compter de l'an prochain, à la coordination de la politique jeunesse. « C'est une chose de l'adopter, mais c'en est une autre d'assurer son suivi », relève Patrice Faucher.
Autre mesure : le budget participatif de 20 000 $ alloué au comité des Jeunes ambassadeurs de Granby (JAG) pour la réalisation de projets par et pour les jeunes sera maintenu pour les prochaines années.
Le maire, Pascal Bonin, se réjouit de l'engagement du conseil municipal auprès des jeunes. « Pour moi, c'est une belle fierté ce qui est en train d'arriver. Je vois les jeunes en train de s'impliquer. On va les voir partout dans nos événements cette année. Ils sont motivés. Et c'est motivant pour nous », affirme-t-il. 
« Le comité des Jeunes ambassadeurs de Granby est quelque chose de wow ! On ne pensait pas que ça allait prendre de l'ampleur si rapidement », renchérit Julie Bourdon. 
Le JAG permettra en outre à l'administration municipale d'établir une meilleure communication avec les jeunes, croit Patrice Faucher. « Disons qu'ils utilisent moins les médias traditionnels. On aura aussi une réflexion à faire sur quels outils utiliser pour rejoindre les jeunes », dit-il. 
Selon lui, une réflexion sera en outre menée en 2018 pour la mise en place d'un « cadre d'animation dans les milieux de vie des jeunes ». « La stratégie, où elle est novatrice, c'est que plutôt que de demander aux jeunes de venir à nos services, on va aller voir les jeunes où ils sont pour développer des services avec eux », note le directeur du service de la coordination du loisir, des arts, de la culture et de la vie communautaire.