Comme au terme de son premier procès, Jean Boissonneault a été trouvé coupable, lundi, d’agression sexuelle sur une mineure.

Agression sexuelle sur une mineure: Jean Boissonneault de nouveau coupable

Nouveau procès, même verdict. Le coureur automobile et employé d’une entreprise de remorquage Jean Boissonneault a de nouveau été trouvé coupable, mardi, de l’agression sexuelle d’une mineure.

L’homme de 36 ans bénéficiait d’un second procès après que la Cour d’appel ait statué en avril que la juge de première instance avait erré en rendant sa décision en 2016, au terme de plusieurs semaines d’audiences.

Cette fois-ci, le juge Claude Provost, de la Cour du Québec, a été nettement plus expéditif. La victime a témoigné en matinée, les parties ont plaidé en après-midi et le magistrat a rendu son verdict sur-le-champ.

« Elle me convainc hors de tout doute raisonnable », a déclaré le juge à propos de la plaignante, qui avait 17 ans au moment de l’infraction et M. Boissonneault, 19 ans.

Il a évoqué une « sincérité », de la « vraisemblance » et de l’« authenticité » dans son témoignage, qui n’a « jamais été véritablement mis en contradiction ».

« Oui, il y a des imprécisions, des détails qui manquent », a-t-il ajouté, mais pas assez pour nuire à la crédibilité de la femme, aujourd’hui âgée de 34 ans, dont l’identité est protégée par une ordonnance de non-publication.

Sentence

Les parties ont convenu de se retrouver en cour mercredi afin de débattre de la peine à imposer à l’accusé. « Toutes les sentences sont ouvertes », a mentionné Me Roger Paquin, de la défense.

Pour la poursuite, Me Valérie Simard-Croteau n’a pas élaboré sur la peine que pourrait recevoir M. Boissonneault. Il avait été condamné à neuf mois de prison à la suite du premier procès ; sa demande d’appel avait eu pour effet de suspendre cette sentence, que sa victoire en Cour d’appel a ensuite annulée.

Ni Jean Boissonneault ni la victime ne se sont adressés à La Voix de l’Est, mardi.

Le crime est survenu au domicile de l’accusé au début de 2003. Il a agressé la victime pendant qu’elle dormait avec une main tout en se masturbant de l’autre.

Il avait été arrêté en 2011 et faisait face, à ce moment-là, à six accusations en lien avec quatre présumées victimes âgées de huit à 17 ans au moment des faits reprochés. L’une d’elles ne s’est jamais présentée au procès entamé en 2015, et la juge Julie Beauchesne, de la Cour du Québec, avait acquitté l’accusé des infractions concernant deux autres plaignantes.

M. Boissonneault avait finalement été trouvé coupable d’une seule infraction, soit d’agression sexuelle en lien avec une seule victime, celle qui a répété son témoignage, lundi.

Contrairement au précédent procès, l’accusé n’a, comme c’est son droit, pas témoigné pour sa défense. Le témoignage de la plaignante est le seul à avoir été entendu, lundi.

Délai

Les avocats ont ensuite rapidement livré leurs plaidoiries. Me Paquin a rappelé que sept ans séparaient le geste reproché de la plainte de la victime à la police, déposée avec l’assentiment de l’ex-conjointe de Jean Boissonneault. Le couple s’était séparé de façon acrimonieuse.

Le jeune femme avait aussi continué à habiter chez l’accusé pendant plusieurs années après les faits, a souligné l’avocat.

Or « il n’y a pas de règle immuable dans les dénonciations », a rétorqué Me Simard-Croteau. Toutes les victimes d’agression sexuelle ne réagissent pas de la même façon et le discours de celle au présent dossier a été « logique » et « cohérent ».

La question du délai avant de dénoncer « ne devrait jamais conduire à inférer sur la crédibilité » d’une plaignante, a-t-elle ajouté.

Une opinion partagée par le juge Provost. « Qu’elle ait continué de vous côtoyer est normal dans le contexte, a-t-il dit à Jean Boissonneault en rendant son verdict. Ça ne veut pas dire que [l’infraction] n’est pas vraie. »

La victime lui est apparue comme une personne « vulnérable » et « fragile » autant physiquement que psychologiquement. L’idée d’un crime inventé pour nuire à l’accusé dans un contexte de divorce « ne tient pas la route », a dit le juge.