Sitôt le verdict tombé, le tribunal a exigé l’incarcération immédiate de Savvas Kalymialaris.
Sitôt le verdict tombé, le tribunal a exigé l’incarcération immédiate de Savvas Kalymialaris.

Agression sexuelle d'une adolescente: Savvas Kalymialaris coupable

Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est
C’est à travers les sanglots de membres de l’audience et du jury qu’un restaurateur de Bedford a été trouvé coupable, jeudi, de toutes les accusations de nature sexuelle déposées contre lui.

Que ce soit pour l’agression sexuelle de la victime, une adolescente alors âgée de 15 et 16 ans, les attouchements ou les incitations à le toucher alors qu’il était en situation d’autorité, les six femmes et six hommes jurés ont statué que Savvas Kalymialaris, 42 ans, était coupable. Leurs délibérations auront duré une journée.

L’audience, très émotive, s’est conclue par l’incarcération immédiate de l’homme de Stanbridge Station, tel qu’exigé par le juge Claude Villeneuve, de la Cour supérieure, qui présidait le procès amorcé le 10 février dernier. 

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La plaignante, aujourd’hui majeure, a accueilli le verdict avec « grand soulagement » et « le sentiment que justice a été rendue », indique Me Valérie Simard-Croteau, du bureau de la Couronne.

La procureure se dit « très satisfaite que le jury ait pris le temps d’analyser toute la preuve et de rendre justice à partir de celle-ci ».

« Ce n’était pas une preuve facile à entendre pour le commun des mortels, mais j’ai senti une grande ouverture d’esprit des jurés », a-
t-elle spécifié.

Gradation

La preuve du ministère public, qui reposait essentiellement sur le témoignage de la victime, a fait état de nombreuses avances et attouchements, des gestes qui ont culminé par des relations sexuelles complètes.

L’accusé, propriétaire d’une pizzeria et père de cinq enfants, l’avait enjointe de ne pas en parler « parce que sinon il aurait de gros problèmes ». Il déplorait ne pas assouvir suffisamment ses envies sexuelles avec sa femme.

M. Kalymialaris, qui n’avait pas d’antécédent judiciaire, s’expose aujourd’hui à une peine médiane pouvant aller entre trois et quatre ans de prison. Il était défendu par Me Alexandra Caissie, qui n’a pas rappelé La Voix de l’Est.

Au procès, la défense avait soulevé que le témoignage de la plaignante souffrait d’un « manque total de fiabilité » par ses contradictions et inexactitudes.

La poursuite a plutôt évoqué un récit « clair et limpide » et qu’il était normal que la mémoire de la jeune femme se soit atténuée sur « des détails banals ».

Ce procès a permis à la poursuite de s’attaquer aux mythes et stéréotypes associés aux victimes d’agression sexuelle, dit Me Valérie Simard-Croteau. 

Par exemple, le fait qu’une victime perde en crédibilité si elle a gardé contact avec son agresseur, ou qu’elle ne peut décrire ses organes génitaux.

« Il fallait s’élever au-dessus de ça », dit-elle.

Les parties doivent se retrouver en cour le 26 février pour les observations sur la peine. « On fera la preuve des conséquences que [les agressions] ont eues sur la victime », dit Me Simard-Croteau.