La preuve déposée contre Christian Savoie n’était « pas suffisamment fiable », a déclaré le tribunal.

Agression sexuelle d'un mineur: le propriétaire de camping Wigwam acquitté

LONGUEUIL — Le propriétaire du camping Wigwam d’Upton a été acquitté, vendredi, des accusations d’attouchements et d’agression sexuelle envers un mineur qui pesaient contre lui.

« Je ne suis pas convaincue que l’accusé est coupable », a déclaré la juge de la Cour du Québec Magali Lepage au terme de l’audience.

La preuve présentée au procès « n’est pas suffisamment fiable pour engager la responsabilité criminelle » de Christian Savoie, 50 ans, a-t-elle ajouté.

Selon la poursuite, six infractions auraient été commises à l’été 2012 au centre de villégiature de la rue Principale.

Or, bien que deux autres témoins aient comparu de façon crédible, il en va autrement du plaignant aujourd’hui âgé de 18 ans, a dit la juge Lepage.

Son témoignage a été « laborieux », il s’est contredit plus d’une fois et s’est montré « peu fluide » sur les détails des agressions reprochées.

« Il peine à répondre à des questions très simples sur les attouchements », a mentionné la juge, et « une phrase qu’il a dite à la fin est inconciliable avec le reste ».

« Son manque de transparence devant la cour est inquiétant. Au terme de son récit, je ne suis certaine de rien. »

Pierre angulaire

Comme M. Savoie n’a pas témoigné, les déclarations de la présumée victime « sont la pierre angulaire de cette affaire ».

Et bien que la juge reconnaisse que le plaignant souffre d’un trouble anxieux, « quand il témoigne, son comportement non verbal indique un malaise qui ne s’est jamais atténué ».

Elle a ajouté ne pas penser que le plaignant ait délibérément menti, mais qu’il a relaté une réalité qui s’est peut-être modifiée, avec le temps, dans son esprit.

En vertu de quoi, M. Savoie, qui n’a pas d’antécédents criminels, a été acquitté. Il a enlacé ses proches, dont plusieurs avaient la larme à l’œil, à sa sortie de la salle d’audience.

Quant au plaignant, il était absent de la salle du palais de justice de Longueuil où se tenait exceptionnellement l’audience.

L’accusé était représenté par MeMarie-Ève d’Anjou et la poursuite par Me Marie-Claude Morin, du bureau de la Couronne au palais de justice de Saint-Hyacinthe.