Marie-Claude Morier, directrice générale du CPE les Pommettes Rouges à Bedford, estime que la pénurie de responsables de services de garde (RSG) est en partie attribuable aux exigences plus sévères du gouvernement face aux éducatrices en milieu subventionné qu’en milieu privé.

Agir afin de freiner l’exode des responsables de services de garde

La pénurie de places en service de garde qui a fait l’objet d’un reportage dans La Voix de l’Est de mercredi n’a rien de surprenant, selon Marie-Claude Morier, directrice générale du Centre de la petite enfance (CPE) Les Pommettes Rouges de Bedford, et directrice du bureau coordonnateur y étant rattaché. Celle-ci estime qu’il faut entre autres freiner l’exode des responsables de services de garde (RSG) pour régler une partie du problème.

Notre reportage faisait mention de la difficulté pour de nouveaux parents à trouver une place en garderie pour leur poupon, mais aussi pour certains responsables en service de garde et propriétaires de garderies d’obtenir de nouvelles places à offrir à leur clientèle. Dans les deux cas, l’attente pouvait s’étirer sur plusieurs mois, voire plus d’un an.

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Vérification faite auprès du ministère de la Famille, cela pouvait s’expliquer, entre autres, par le retard dans l’implantation de quelque 19 000 places annoncées entre 2011 et 2013, dont 15 000 seraient en voie de se concrétiser grâce à la mise en place de mesures d’accélération par le gouvernement, a-t-on indiqué.

De ces 19 000 places, 8000 dormaient dans les bureaux coordonnateurs chapeautant les RSG en milieu familial, faute de candidats à qui les attribuer.

« Avant, on avait des listes d’attente au bureau coordonnateur. On avait une vingtaine, voire une trentaine de personnes en attente d’être évaluées pour être accréditées, parce qu’on n’avait plus de places à leur attribuer, explique Marie-Claude Morier, sollicitée mardi par La Voix de l’Est pour le premier volet du reportage. Maintenant, c’est le contraire ; beaucoup de places pourraient être offertes, mais on a de la difficulté à recruter des RSG. »

Mme Morier estime que cette pénurie de RSG est en partie attribuable aux exigences plus sévères du gouvernement face aux éducatrices en milieu subventionné qu’en milieu privé. « Le gouvernement s’est mis à exiger toujours plus des RSG : de la formation continue, des rapports, une surveillance plus étroite, énumère-t-elle. Au privé, ces exigences ne sont pas vérifiées, ou à tout le moins pas autant que dans nos services de garde. Ce n’est pas équitable, alors beaucoup de RSG se sont tournées vers le privé, mais tout de même très peu dans notre région. »

Un équilibre à atteindre

D’ailleurs, dans Brome-Missisquoi, la situation ne serait pas aussi problématique qu’elle n’en a l’air, bien qu’un manque de places est effectivement constaté.

« Il y a cinq ans, les CPE de Cowansville nous ont demandé d’arrêter de développer des places, car ça commençait à être difficile à combler celles qu’il y avait déjà. Les statistiques nous indiquaient aussi qu’on n’avait pas besoin de places supplémentaires, relate Mme Morier. Bref, on avait atteint un certain équilibre. »

Mais comme la démographie de la région est amenée à changer pour une pléthore de raisons — natalité, migration de population, etc. — cet équilibre finit par être rompu.

« On a remarqué un petit boom de naissances récemment, indique la directrice. On atteint aussi un déséquilibre dans le nombre de places parce qu’on n’a pas assez de RSG pour prendre les places. On a actuellement deux CPE qui attendent pour ouvrir 60 places. Alors on essaie de voir si on peut combler les besoins avec nos ressources en milieu familial. »