L’aéroport Roland-Désourdy engendre des retombées économiques avoisinant 10 millions à l’échelle provinciale, révèle l’étude indépendante dévoilée mercredi aux élus de Granby, Cowansville et Bromont.

Aéroport Roland-Désourdy: Granby, Cowansville et Bromont signent pour un an

L’aéroport Roland-Désourdy engendre des retombées économiques de plusieurs millions de dollars dans la région, révèle l’étude indépendante menée au cours des derniers mois. L’entente qui lie Granby, Cowansville et Bromont à la Régie aéroportuaire régionale des Cantons-de-l’Est (RARCE) a donc été renouvelée pour un an afin d’approfondir le dossier.

Les données dévoilées mercredi aux élus des trois villes par la firme Explorer Solutions sont éloquentes. On parle notamment de retombées économiques dans la région, directes et indirectes, avoisinant 2,8 millions de dollars.

Cette statistique englobe les dépenses d’exploitation et d’immobilisation par ville. Près de 84 % de ces retombées vont à Granby, soit un peu plus de 2,3 millions, tandis que Bromont récolte environ 350 000 $ et Cowansville près de 100 000 $. « Du côté de Granby, je ne m’attendais pas à ça, a concédé en entrevue le maire de la municipalité, Pascal Bonin. Granby a vraiment la grosse part du lion. »

Rappelons que Granby souhaitait se retirer de la RARCE au terme de l’entente de cinq ans en 2018. Notons que celle-ci prévoit que chaque municipalité verse annuellement 96 000 $ afin de maintenir les opérations de l’aéroport. Pour la présidente de la RARCE et mairesse de Cowansville, Sylvie Beauregard, dénouer l’impasse concernant l’avenir de l’aéroport à court terme est « très motivant ». « On avait besoin d’avoir l’heure juste à propos de l’aéroport. Et on a eu de bonnes pistes. [...] La dernière rencontre avec tous les élus a été vraiment constructive. C’est encourageant pour le futur », a-t-elle indiqué.

Même constat du côté du maire de Bromont, Louis Villeneuve. « L’étude valait grandement la peine, a-t-il dit. Ça va bien au-delà d’être heureux pour l’aéroport. Tout le monde est positif. Le processus a commencé dès ma première rencontre comme maire avec Pascal Bonin. Il y avait de l’ouverture de part et d’autre. Sylvie Beauregard est aussi très ouverte au dialogue. Alors, on avance. »

Emplois

Au cours des deux dernières années, le nombre d’emplois au sein des entreprises établies sur le site de l’aéroport, rue du Ciel à Bromont, est passé de 39,3 à 49,8, soit une hausse de 26,7 %.

La masse salariale de ces effectifs a quant à elle grimpé de 44,8 %, passant de près de 1,9 M$ à un peu plus de 2,7 M$. Le salaire moyen est de 47 976 $, alors qu’il est de 42 546 $ à l’échelle du Québec, peut-on lire dans l’étude, dont La Voix de l’Est a obtenu une partie des données. Notons que Granby (avec environ un demi-million de dollars) et Bromont (431 000 $) représentent la moitié de la masse salariale, totalisant 19 emplois.

Outre les impacts économiques, Explorer Solutions s’est penchée, entre autres, sur le mode de fonctionnement, l’état des infrastructures et les investissements à venir à l’aéroport.

En mode action

Au cours des prochaines semaines, les élus des trois villes se pencheront notamment sur la gouvernance de la RARCE. « C’est important que les trois villes soient représentées. Il faut aussi évaluer si on peut avoir autour de la table des gens qui travaillent dans le domaine aéronautique et du transport par avion pour avoir une vision globale », a souligné Mme Beauregard.

« Avec le fameux mur de la 10 qui tombe, la connectivité économique entre les villes est plus grande qu’on pense, a fait valoir Pascal Bonin. [...] Malheureusement, depuis 30 ans, on avait tendance à travailler en silo. Ce ne sera plus le cas. »

Les trois maires sont par ailleurs au diapason à propos de l’importance de recruter, dans leur ville respective, davantage d’entreprises liées à l’aéroport au-delà de la région. Même constat en ce qui concerne des compagnies ou fournisseurs potentiels. À ce chapitre, l’étude ventile les retombées de l’aéroport en dehors des municipalités formant la RARCE, ce qui totalise 7,1 M$. Montréal arrive en tête avec près de 2,6 millions, suivie par Sherbrooke (1,3 million) et Drummondville (354 000 $).