La perspective d’un été sans rassemblement ni voyage incite plusieurs propriétaires à investir dans la cour arrière de leur résidence, confirme Marc-Antoine Chagnon, de la succursale granbyenne de Trévi.
La perspective d’un été sans rassemblement ni voyage incite plusieurs propriétaires à investir dans la cour arrière de leur résidence, confirme Marc-Antoine Chagnon, de la succursale granbyenne de Trévi.

Acheter une piscine à défaut de voyager

Marie-France Létourneau
Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est
La perspective d’un été sans rassemblement ni voyage incite plusieurs propriétaires à investir dans la cour arrière de leur résidence. Résultat: les marchands de piscines ont été pris d’assaut depuis leur récente réouverture.

C’est entre autres le cas au Club Piscine Super Fitness de Granby. «On a eu plus ou moins 55 demandes de soumissions de piscine en une seule journée, quand on a ouvert lundi. On était abasourdis à la fin de la journée», lance l’un des copropriétaires de la succursale, Marco Bernier.

Ce dernier affirme que toute son équipe est à pied d’oeuvre pour répondre à la demande, dans les circonstances.

«On a beaucoup de demandes sur le web et en magasin. Mais on préfère fonctionner par rendez-vous», affirme celui qui, avec ses partenaires d’affaires, est également propriétaire des points de vente de Cowansville et de Saint-Hyacinthe.

Même son de cloche chez Trévi à Granby, où les clients sont invités à prendre rendez-vous.

«Les bureaux sont assez grands pour respecter les consignes de distanciation sociale. Les clients peuvent entrer dans le bureau et avoir une bonne conversation avec le vendeur. S’ils ont besoin d’aller voir les produits, il y a des zones protégées. (...) Le magasin a été réorganisé de A à Z. La logistique est améliorée chaque jour», souligne pour sa part Marc-Antoine Chagnon, un des dirigeants du commerce.

Selon ce dernier, trois employés supplémentaires ont été embauchés à temps plein pour s’adapter à la réalité de la COVID-19, que ce soit pour superviser les déplacements dans le magasin, assurer le service à l’auto ou accélérer les tests d’eau, tout en respectant les consignes d’hygiène.

Pertes à combler

Marc-Antoine Chagnon, de Trévi Granby, calcule que l’engouement pour l’achat des piscines a débuté environ un mois à l’avance.

«Habituellement, on sent la frénésie plus au milieu du mois de mai, quand il y a les premières grosses chaleurs. Mais là, les gens sont chez eux et n’ont que la piscine sur laquelle se concentrer. On s’en va vers une très bonne année, si ça continue comme ça», dit-il.

Certains clients sont même prêts, semble-t-il, à réserver sans tarder une date pour l’installation de leur piscine, en échange d’un dépôt, avant même d’avoir choisi leur modèle.

«C’est vraiment extrême. C’est pas mal du jamais-vu pour nous au niveau de la demande», laisse tomber Marco Bernier, de Club Piscine.

Selon lui, les piscines hors terre, les spas et les spas de natation ont particulièrement la cote ces temps-ci. «Tout ce qui a de l’eau dedans, en fait. Et les gens ne lambinent pas. Ça tarde à démarrer pour les meubles. Mais c’est une question de temps», estime-t-il.

La fermeture des succursales à la mi-mars a toutefois porté un dur coup aux finances du détaillant.

«On a perdu 1,2 million $ de chiffres d’affaires pendant que nos trois magasins étaient fermés. Ça va être difficile de le rattraper. Mais comme on sent déjà l’engouement, ce n’est pas impossible que d’ici la fin de la saison on réussisse à le rattraper. On fait 70% de notre chiffre d’affaires en cinq mois. On a perdu un mois là-dedans. C’est sûr que ça fait mal», déplore M. Bernier.

Même si les marchands de piscines, comme les autres commerçants, mettent des mesures en place pour répondre le plus vite possible à la demande, certains délais sont malgré tout inévitables.

«La réponse de la clientèle est très positive. Je pense que les gens sont conscients que force est d’admettre que ça va être un petit peu plus long en 2020 pour se faire servir. Tout est un peu plus long à cause des mesures», conclut Marco Bernier.