Le juge Serge Champoux de la Cour du Québec n'a pas cru une Granbyenne qui affirmait être derrière le volant lorsque la voiture dans laquelle elle prenait place a frappé une déneigeuse. Il a plutôt déclaré son mari coupable d'avoir conduit avec les capacités affaiblies par l'alcool.

Accusé d'ivresse au volant, il prétend que sa femme conduisait

Le juge Serge Champoux de la Cour du Québec n'a pas cru une Granbyenne qui affirmait être derrière le volant lorsque la voiture dans laquelle elle prenait place a frappé une déneigeuse. Il a plutôt déclaré son mari coupable d'avoir conduit avec les capacités affaiblies par l'alcool.
C'est lors d'une tempête de neige que l'accident est survenu, le 8 février 2015. Un opérateur de camion équipé d'une pelle à neige s'affairait alors à dégager le boulevard David-Bouchard, quand un bruit provenant de sa droite l'a amené à s'immobiliser rapidement sur le côté. 
Le déneigeur a compris qu'en tentant de le dépasser par la droite, une camionnette de type pick-up a percuté sa pelle latérale ; le véhicule s'est retrouvé dans le fossé, renversé. 
D'autres automobilistes se sont arrêtés pour porter assistance aux occupants du pick-up. Un policier s'est présenté sur les lieux et a demandé aux gens entourant la camionnette renversée qui était le conducteur. Joel Beakes répond qu'il était au volant du véhicule au moment de l'accident.
L'accusé a une haleine d'alcool et ses yeux sont vitreux ; il s'exprime lentement et avec difficulté, remarque l'agent de la paix, qui exige de M. Beakes un échantillon d'haleine, où la présence d'alcool est détectée. Des tests supplémentaires réalisés au poste de police confirment que l'automobiliste présente un taux d'alcoolémie plus élevé que la limite permise.
Un mensonge en cache un autre
Bien que M. Beakes ne nie pas ces faits, il n'a pas témoigné pour sa défense lors de l'audience visant à le faire disculper. 
C'est plutôt son épouse qui a pris la parole, expliquant qu'un grave accident survenu 20 ans plus tôt avait laissé beaucoup de séquelles chez l'accusé, qui souffrirait de douleurs sévères et de diabète. 
Or, ce soir-là, M. Beakes prend deux consommations en une demi-heure au Pub Le St-Ambroise, soi-disant pour alléger sa douleur. Pour cette raison, c'est elle qui a pris le volant ce soir-là, raconte son épouse. Comme elle n'a pas de permis de conduire, l'accusé a menti au policier pour lui éviter des ennuis.
Ce témoignage n'a pas convaincu le juge Champoux. Après tout, rapporte l'homme de loi, l'accusé a toujours reconnu avoir conduit le véhicule et n'a jamais fait état de ses problèmes de santé. 
S'il avait menti au policier pour protéger son épouse, n'aurait-il pas mieux fait de dire la vérité lorsque sa situation s'est empirée avec son arrestation? se demande le magistrat, qui rappelle que les témoins sur place n'ont pas contredit l'accusé lorsqu'il a dit au policier être le conducteur de la camionnette.
De plus, ajoute le juge Champoux­, la tentative de dépassement par la droite semble davantage le fruit d'un automobiliste avec les capacités affaiblies par l'alcool que l'oeuvre d'une conductrice sobre et inexpérimentée. 
Comme la Couronne s'est facilement déchargée du fardeau de la preuve, mais que la défense n'y est pas parvenue, le juge Champoux a déclaré M. Beakes coupable d'avoir conduit avec les capacités affaiblies.