Mario Boucher, photographié ici au côté de son avocate, Me Crystel Demers, «nie totalement» les faits allégués.

Accusé de contacts sexuels et de voies de fait envers une mineure

Un homme de 47 ans de Granby fait face à des accusations de contacts sexuels, d'incitation à des contacts sexuels et de voies de fait envers une mineure qui faisait jadis partie de son entourage.
Mario Boucher a plaidé non coupable à toutes ces allégations, provoquant la tenue d'un procès qui s'est amorcé mercredi au palais de justice de Granby.
La plaignante aujourd'hui âgée de 18 ans a témoigné par téléconférence. Elle a décrit comment l'accusé - avec qui elle n'a pas de lien de parenté - l'aurait agressée une dizaine de fois alors qu'elle était âgée de 8 à 15 ans, à Roxton Falls et à Granby.
Alors qu'elle regardait la télévision seule avec M. Boucher, il se serait glissé derrière elle pour caresser ses organes génitaux - d'abord sur son pyjama, puis en dessous.
« Il allait ensuite dans la chambre de bain et moi dans ma chambre », a indiqué la jeune femme en répondant aux questions de Me Élise Côté-Lebrun, du ministère public. « Il me demandait de ne pas en parler à personne. »
Plus tard, lors d'une occasion similaire, l'accusé lui aurait demandé de lui faire une fellation en échange de bonbons. Elle a accepté. Le geste aurait duré une trentaine de secondes.
« J'ai trouvé ça tellement dégueulasse », a-t-elle dit.
M. Boucher l'aurait sollicitée pour d'autres faveurs sexuelles par la suite (masturbations et fellations), mais il aurait reculé devant les protestations de la fillette devenue adolescente.
Querelle
Leur relation s'est véritablement effondrée lors d'une querelle en 2016, alors que le quadragénaire l'aurait maintenue immobile sur un comptoir de cuisine avec son bras, d'où l'accusation de voies de fait.
La présumée victime a alors trouvé refuge chez ses grands-parents et s'est confiée par la suite à sa mère, qui a alerté les autorités.
Cette femme a aussi été appelée à la barre des témoins, mercredi. Elle a dit s'en vouloir de ne pas avoir décelé plus tôt le pot aux roses.
« C'est quelque chose que tu ne souhaites pas à ton enfant. C'est la pire des choses... Tu te sens coupable de ne pas avoir été à la hauteur. »
Elle a dit avoir fait le signalement pour protéger son autre fille, encore mineure.
Anomalies
En début d'audience, l'enquêteur au dossier a été le premier témoin appelé à la barre (une ordonnance de non-publication interdit de nommer la plaignante ainsi que toutes les personnes appelées comme témoins).
Le sergent-détective du poste de la MRC d'Acton a mentionné que l'accusé avait bien collaboré lors de leur rencontre et même condamné la pédophilie. Il « nie totalement » les faits allégués.
À la défense, Me Crystel Demers a relevé que les notes d'enquête du policier différaient des déclarations officielles. Citant d'autres anomalies, elle n'a pas hésité à qualifier le dossier concernant son client de « bâclé ».
Le procès de deux jours doit se poursuivre vendredi devant le juge Paul Dunnigan, de la Cour du Québec. L'accusé, qui a assisté calmement à l'audience, n'a pas d'antécédent judiciaire.