«Quand j'ai commencé ma pratique, il y a 15 ans, c'était vraiment des fanatiques finies qui faisaient affaire avec nous, des femmes très granolas. Maintenant, c'est un choix parmi tant d'autres», indique Christine St-Onge, responsable des services de sages-femmes au Centre de santé et de services sociaux Haut-Richelieu - Rouville et de la maison de naissance de Richelieu.

Accoucher avec une sage-femme: un choix qui demeure marginal

Aujourd'hui, plus de 70% des femmes qui accouchent au Québec choisissent d'avoir recours à l'anesthésie péridurale pour soulager leur souffrance. Pourtant, parallèlement, les sages-femmes et les maisons de naissance reçoivent de plus en plus de demandes de suivis de la part de femmes qui ont envie de vivre les choses beaucoup plus naturellement. Ouverte il y a tout juste un peu plus d'un an, en octobre 2012, la maison de naissance de Richelieu, la seule en Montérégie, comble sans peine les 240 places de suivis dont elle dispose chaque année.
Pour différentes raisons, notamment culturelles, le choix d'accoucher avec une sage-femme demeure très marginal au Québec. Sur les 15 000 naissances qui surviennent chaque année en Montérégie, seulement 2,6% sont pratiquées par une sage-femme. De ce nombre, 85% accouchent en maison de naissance et environ 15% le font à la maison. Quelques-unes accouchent aussi avec une sage-femme, mais en milieu hospitalier.
«La cible du ministère de la Santé pour 2008-2018, c'est d'atteindre 10% des suivis par des sages-femmes, indique Christine St-Onge, responsable des services de sages-femmes au Centre de santé et de services sociaux Haut-Richelieu-Rouville et donc responsable de la maison de naissance de Richelieu. Mais pour le moment, il n'y a que 12 maisons de naissance au Québec et en Montérégie, nous sommes les seuls. Et, avec six sages-femmes, on a une capacité de seulement 240 naissances par année.»
Malgré le peu de places disponibles, la maison de naissances Richelieu parvient assez bien à répondre à la demande. Pour le moment, toutes les femmes provenant du territoire Haut-Richelieu-Rouville sont acceptées. «Depuis notre ouverture, nous avons environ 160 demandes refusées, en incluant les fausses couches et les désistements, mentionne Mme St-Onge. Les femmes à qui on doit dire non faute de place sont assez rares. À certaines périodes de l'année plus achalandées, ça arrive, mais c'est marginal. Et si les femmes le veulent, on les met sur une liste d'attente et des places se libèrent parfois lorsqu'elles en sont à 20 ou 30 semaines de grossesse.»
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