Une excavatrice a reculé sur le pied d’un employé, lundi matin, dans la cour de Sani-Éco, à Granby. Son pied a été broyé par le poids de la machinerie.

Accident de travail chez Sani-Éco

Un travailleur du centre de tri Sani-Éco à Granby a été hospitalisé après avoir été victime d’un accident de travail, lundi en avant-midi. Son pied a été broyé par une excavatrice qui faisait marche arrière. L’homme était toujours hospitalisé, mercredi, au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke.

Lundi matin, le jeune père de famille âgé de 23 ans effectuait son travail de journalier à l’extérieur lorsqu’une petite pelle mécanique, qui sert à faire le tri de matériaux secs dans la cour, a reculé sur son pied, rapporte Julie Gagné, directrice des opérations chez Sani-Éco.

Mme Gagné est intervenue elle-même sur les lieux lorsque l’accident est survenu. « Ma priorité a été de donner les premiers soins à mon employé », indique-t-elle. Elle a ensuite communiqué avec la Commission des normes, de l’éthique, de la santé et de la sécurité au travail (CNESST). 

« On leur a donné tous les documents dont ils ont besoin et on est ouvert à travailler avec eux », ajoute la directrice des opérations, relevant que les employés disposent de toute la formation nécessaire pour travailler sécuritairement dans l’entreprise.

La CNESST confirme que le travailleur était derrière une excavatrice quand une manœuvre de recul a été entreprise. L’inspecteur est arrivé sur les lieux en début d’après-midi. 

« Il a interdit l’accès et l’usage du véhicule, informe Hélène Bruneau, communicatrice étudiante à la CNESST. Les lieux ont été fermés jusqu’au 7 août. Il y a une enquête qui est en cours. L’inspecteur a rencontré des témoins sur le site. On attend le constat qui devrait venir dans les semaines qui viennent. »

L’employé est trieur dans la cour depuis moins d’un an. Il a été transporté à l’hôpital de Granby avant d’être transféré à Sherbrooke, où il était toujours hospitalisé mercredi matin. 

Grave, selon le syndicat

Le syndicat des Métallos se fait plus alarmant quant à cet accident de travail, le qualifiant de grave. « Il a quasiment perdu son pied. Je pense que c’est grave. Sa vie n’est pas en danger, mais il n’aura pas une vie facile à son retour », commente le coordonnateur des Métallos en Montérégie, Denis Trottier.

Il prétend par ailleurs qu’il y a des lacunes en santé et sécurité chez Sani-Éco et que le comité de santé et sécurité au travail doit travailler encore plus fort pour rendre les conditions de travail plus sécuritaires. 

« Il y a beaucoup de mouvements qui se font, beaucoup de manutentions tant manuelles qu’avec de la machinerie. En 2013, il y a eu un accident mortel et là il y a un accident qui est grave. Quelque part, il va falloir faire de quoi, il va falloir inculquer [des normes] de santé et sécurité aux employés. Le matin, on part travailler et on aime bien retourner chez soi avec tous nos membres. [La santé et sécurité au travail] est partie prenante pour l’employeur et les employés. Il faut travailler ensemble pas que ça se reproduise. »

M. Trottier croit que l’accident de lundi aurait pu, lui aussi, se solder par le décès d’un travailleur, comme en 2013, alors qu’une femme avait péri sous un chariot élévateur. Cette dernière avait été éjectée du véhicule, puisqu’elle n’était pas attachée, après avoir heurté un muret. Son chariot s’était renversé sur elle.