Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Selon Dominic Sicotte, le Québec accuse un certain retard par rapport à la France, et un recul encore plus important face aux États-Unis et au marché anglophone, en ce qui concerne l’univers des influenceurs. Il y a donc, à ses yeux, un terrain de jeu immense qui ne demande qu’à être exploré.
Selon Dominic Sicotte, le Québec accuse un certain retard par rapport à la France, et un recul encore plus important face aux États-Unis et au marché anglophone, en ce qui concerne l’univers des influenceurs. Il y a donc, à ses yeux, un terrain de jeu immense qui ne demande qu’à être exploré.

Académie A.-B.-Foster : à l'école de l'influence

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
Article réservé aux abonnés
Synonyme de narcissisme et de vacuité, le métier d’influenceur ? Pas nécessairement! Convaincu que les entrepreneurs de demain devront maîtriser l’art de l’influence, le fondateur et directeur de l’Académie A.-B.-Foster de Waterloo, Dominic Sicotte, lance ce printemps une formation visant à former des jeunes femmes et hommes d’affaires sachant tirer profit de leur présence sur le Web.

Les quelque 15 à 20 membres de la cohorte printanière de l’Académie — la deuxième, après celle qui a débuté en octobre — seront les tout premiers à pouvoir explorer ce parcours multimédia via le Centre d’excellence en influence et en développement des affaires par le Web de l’académie. YouTube, Facebook, Instagram, Snapchat et TikTok n’auront plus de secrets pour les étudiants qui apprendront à préparer des contenus, puis à les réaliser en captant eux-mêmes le son et les images, qui seront par la suite diffusés en ligne.

« L’influence, c’est devenu une business en soi, explique M. Sicotte, lui-même YouTubeur. Oui, ça peut rapidement devenir une trappe à image si tu ne sais pas comment naviguer là-dedans ; mais il faut arrêter de voir ça seulement comme un show de poupounes. Il y a énormément de choses à faire de manière éthique, professionnelle et responsable sur les réseaux sociaux, et c’est sans compter qu’il y a énormément d’argent à y faire avec des partenaires et des commanditaires. Être influenceur, ça peut être une vraie business, avec des revenus et des dépenses, avec de la planification et une équipe. C’est là-dessus qu’on veut miser. »

Trouver sa place

Selon l’entrepreneur en série, qui est également consultant auprès de plusieurs dizaines d’autres, le Québec accuse un certain retard par rapport à la France, et un recul encore plus important face aux États-Unis et au marché anglophone, en ce qui concerne l’univers des influenceurs. Il y a donc, à ses yeux, un terrain de jeu immense qui ne demande qu’à être exploré.

« Les jeunes ont du potentiel hallucinant ; ça prend juste quelqu’un qui croit en leur talent et qui les encadre pour qu’ils en tirent le plein potentiel », mentionne M. Sicotte, entouré d’une équipe de coachs entrepreneurs à l’Académie.

« Qu’il fabrique des tasses ou qu’il soit un influenceur, le jeune aura quelque chose à vendre, et il peut vivre de sa passion, poursuit-il. Par exemple, on sait que le e-sport est le sport le plus populaire du monde. À l’Académie, on va montrer aux jeunes qui aiment le gaming qu’ils peuvent construire une entreprise à partir de ça. »

Attention : ceux qui souhaiteraient devenir riches et célèbres du jour au lendemain sans investir d’efforts et sans songer au contenu pourraient être déçus si c’est là leur objectif en s’inscrivant à l’Académie A.-B.-Foster.

« Tout le monde rêve de notoriété, d’être quelqu’un, souligne M. Sicotte. Avec Internet, c’est devenu facile de se comparer aux autres. Ce que je dirais aux jeunes, c’est que ça ne sert à rien de chercher à copier ou à imiter les autres : de toute façon, la place de l’influenceur que tu admires, elle est déjà prise. Par lui. Par contre, ton spot à toi, il est libre et tu peux l’occuper en étant toi-même. »


« L’influence, c’est devenu une business en soi. Il faut arrêter de voir ça seulement comme un show de poupounes. »
Dominic Sicotte, fondateur et directeur de l’Académie A.-B.-Foster

La première partie de la formation sert d’ailleurs à apprendre à se connaître et à se découvrir, aussi bien comme individu que comme entrepreneur. « Quand on sait qui on est, quand on connaît nos forces et nos faiblesses, c’est plus facile d’en tirer profit et de mieux s’entourer pour aller chercher une certaine complémentarité », relève M. Sicotte, qui compte inspirer ses protégés avec des modèles positifs.

Il songe d’emblée à Lucie Rhéaume qui, à 21 ans, roule sa bosse en ligne grâce à Girl Crush Gang, sa ligne de vêtements qui a même eu droit à une mention dans l’édition britannique du célèbre magazine de mode Vogue.

« C’est une jeune femme intelligente avec une personnalité colorée, explique M. Sicotte. Sa business est solide et son contenu est excellent »

Un endroit pour grandir

Pandémie oblige, les cours sont dispensés de manière virtuelle jusqu’à nouvel ordre.

L’inscription à l’Académie est gratuite, bien que les places soient limitées. En contrepartie, les membres de la cohorte, tous âgés entre 16 et 25 ans, doivent être motivés, axés sur la communauté et être prêts à offrir un minimum de sept heures de bénévolat chaque mois au profit de leur milieu.

« Ça me tourmentait de me dire que dans cinq ans, j’allais peut-être rencontrer des jeunes qui auraient pu profiter des services de l’Académie, mais qui ont manqué leur chance pour une question d’argent », souligne M. Sicotte.

Celui-ci voit grand quand il est question de l’académie. Il aimerait voir son bébé faire des petits un peu partout au Québec, mais aussi au Canada et, pourquoi pas, ailleurs dans le monde. « Notre modèle est unique, allègue-t-il, et quand on en parle, ça suscite toujours un intérêt. On aimerait devenir un volet entrepreneuriat-études pour donner le goût aux jeunes. Surtout pour intéresser ceux qui ont l’impression qu’ils ne fittent pas dans le système. »