« On a besoin de la Ville pour avancer. Il y a tellement de projets importants à réaliser », soutient Richard Morasse.

ABVLW: Morasse fier du travail accompli

Dépolluer le lac Waterloo est un objectif réaliste, assure Richard Morasse. Les études le prouvent et les citoyens le souhaitent, soutient le président sortant des Amis du bassin versant du lac Waterloo. Mais la Ville doit s’engager davantage pour y arriver, estime-t-il.

C’est ce qu’il entendait faire comme maire de la municipalité. Une majorité de citoyens lui ont toutefois préféré Jean-Marie Lachapelle lors des élections en novembre dernier. « Ça a été une déception, oui. On avait des idées, des projets pour le lac, pour toute la ville, pour la dynamiser. Mais c’est correct. Les gens ont décidé que ça ne serait pas moi », dit-il.

Le saut en politique de M. Morasse s’inscrivait dans une suite logique de son engagement depuis 2012 auprès des Amis du bassin versant du lac Waterloo (ABVLW). Le militant a toujours appelé la Ville à en faire plus en environnement. Le courant ne passait cependant pas entre lui et le maire Pascal Russell. Les projets des ABVLW en ont pâti, croit-il. De là est née sa volonté de poursuivre le travail, mais du côté politique. En vain.

En annonçant son départ de l’organisme, M. Morasse souhaite que son successeur, Louis Brenn, tisse une solide relation avec la nouvelle administration municipale. Il ne tient pas à être une source de distraction. « On a besoin de la Ville pour avancer. Il y a tellement de projets importants à réaliser », explique-t-il en entrevue. Il entend toutefois rester non loin. « Si on a besoin de moi, si je peux aider avec des conseils, des contacts, je serai là. »

Richard Morasse quitte avec le sens du devoir accompli. Il est particulièrement fier d’avoir réussi à attirer au sein de l’organisation des gens de « talents et engagés » ainsi que d’avoir misé sur la science pour faire avancer leur cause. « On a créé des partenariats avec des universités, des experts qui sont venus étudier notre lac. On a beaucoup progressé de ce côté parce qu’ils nous ont donné l’heure juste. On connaît mieux notre lac et ce qu’on peut faire pour réduire la charge de phosphore », assure-t-il (voir encadré).

Délinquant de l’environnement
M. Morasse partait de très loin quand il a joint l’organisme environnemental. « J’étais un délinquant de l’environnement. J’ai travaillé avec une pépine dans la bande riveraine chez moi. J’ai eu deux amendes. J’ai fini par comprendre tout le mal que je causais. Je me suis renseigné, éduqué et impliqué pour que ça change », dit-il fièrement.

Sous sa férule, les ABVLW ont lancé un club d’aviron, mis sur pied des campagnes de financement inédites pour payer leurs activités, participé à Auteur d’enfant sur le thème de l’environnement. « Il reste tellement de beaux projets pour se réapproprier notre lac. Les gens doivent embarquer », image-t-il.

LE DRAGAGE ABANDONNÉ

Draguer le fond du lac Waterloo pour en retirer les sédiments chargés de phosphore s’avérerait une vaste et coûteuse opération. Les Amis du bassin versant du lac Waterloo abandonnent cette idée et suggèrent plutôt de se concentrer sur les sédiments qui entrent dans le plan d’eau.

Les dernières études commandées par l’organisme ont déterminé que 1647 kilogrammes de phosphore arrivent dans le lac tous les ans. Or, le lac a une capacité naturelle d’en gérer 1024 kg/an. La quantité en surplus est de 522 kg/an.

L’aménagement de bassins de filtration et le reboisement dans les secteurs urbains permettraient de réduire considérablement les apports en phosphore. Ceux-ci proviennent à 53 % de superficies urbaines, indique Richard Morasse, citant une étude des ABVLW. « On ne peut pas vraiment intervenir dans le lac. Mais on peut certainement voir ce qu’on peut faire pour empêcher que le phosphore continue d’y entrer. »

La Ville devrait regarder de ce côté, croit-il. « On pense que ce sont des solutions très intéressantes. »