Les commissaires scolaires sont « en meilleure position qu’un conseil d’administration pour résoudre rapidement et efficacement un problème dans nos établissements­ », dit le président de Val-des-Cerfs, Paul Sarrazin.

Abolition des élections scolaires: Sarrazin dénonce la «perte de repères»

Québec fait erreur en voulant abolir les commissaires et les élections scolaires, estime le président de la commission scolaire du Val-des-Cerfs, Paul Sarrazin.

Celui qui est également maire de Sainte-Cécile-de-Milton et préfet de la MRC de La Haute-Yamaska a évoqué une « perte de repères », de stabilité et de démocratie lors d’un bref discours prononcé à l’ouverture de l’assemblée publique des commissaires, mardi.

« Étant près de la population, avec beaucoup d’humilité, je crois sincèrement que nous sommes en meilleure position qu’un conseil d’administration pour résoudre rapidement et efficacement un problème dans nos établissements, mais aussi pour comprendre ce qu’il y a de mieux pour notre communauté d’élèves parce que nous y vivons et connaissons ses particularités », a-t-il déclaré.

Le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge veut éliminer les élections scolaires et remplacer les commissaires par des conseils d’administration bénévoles formés de parents, de directions d’école, d’enseignants ainsi que d’autres membres du personnel et de la communauté.

Les commissions scolaires deviendraient du même coup des « centres de services aux écoles » ; on ignore si ce changement de nom amènera d’autres modifications.

Mais pour M. Sarrazin, le réseau a davantage besoin de stabilité que de changement, d’autant plus que « toute réforme structurelle engage des frais importants », un élément dont « le ministre ne fait aucune mention ».

« Si l’on réinvestit de l’argent en éducation, il doit servir à la réussite éducative de nos jeunes, aux infrastructures, aux enseignants et non au brassage de structures », dit le président de Val-des-Cerfs.

Indépendance

Paul Sarrazin a aussi souligné l’indépendance des commissaires et le fait qu’ils sont « guidés par les besoins locaux ».

« Ça ne veut pas dire pour autant qu’il n’y a pas de place à l’amélioration dans le processus démocratique actuel, reconnaît-il. En tant qu’élus, nous sommes ouverts aux changements, à contribuer à une bonification en matière de gouvernance. L’idée de moderniser les élections scolaires, par exemple, en mettant en place le vote électronique, c’est ce type d’action qui peut alléger la structure et engendrer des économies importantes. »

Le président de Val-des-Cerfs a aussi fait remarquer que la démocratie scolaire est « le seul palier où la parité hommes-femmes a été atteinte » et, citant le chroniqueur Réjean Parent : « L’abolition des commissions scolaires, c’est moins de démocratie, si imparfaites soient-elles, ce qui devrait toujours nous alarmer contre la montée de l’autoritarisme ».

« Enlever un droit de vote est un recul considérable pour une société. »

Les élections dans les 72 commissions scolaires du Québec sont en général boudées par les citoyens, le taux de participation n’atteignant même pas 5 %. Un tel scrutin scolaire coûte environ 20 M $ tous les quatre ans. La rémunération globale annuelle des commissaires s’élevait à 10,2 M $ en 2016-2017.

Commissaire à Granby, Pierre Lavoie a commenté que ces frais sont bien peu comparativement au budget annuel du ministère de l’Éducation qui s’élève à 24 milliards de dollars.

« Ça ne représente que six sous du 100 $, a-t-il illustré. Quand tu veux tuer ton chien, tu dis qu’il a la rage. »