Cent vingt des 150 ruches de l’entreprise apicole Les Trois Acres doivent être repeuplées.

Abeilles décimées: « On recommence à zéro »

« En octobre, quand mon conjoint a fermé les ruches, il a vu qu’il y avait pas mal de mites, beaucoup plus que d’habitudes. Et puis, en mars-avril, quand il est allé voir, il n’y avait pas de son, pas de bourdonnement. » Liliane Morel était optimiste, mais c’en était ainsi dans la douzaine d’emplacements où se trouvent les 150 ruches de la petite entreprise apicole Les Trois Acres, à Dunham.

Son mari, Stephen Crawford, a découvert que 80 % de ses colonies d’abeilles étaient décimées. Les colonies peuvent parfois changer d’endroit, mais dans leur cas, environ 5 millions d’abeilles étaient tout simplement mortes dans leur ruche. Leur nourriture était encore abondante.

Plusieurs facteurs ont été écartés pour expliquer ce désastre qui représente environ 100 000 $ de pertes pour l’entreprise. Même si rien n’est sûr, les mites pourraient être en cause puisqu’elles affaiblissent le système immunitaire des abeilles et qu’elles étaient particulièrement nombreuses.

Le couple a vu 28 hivers passer depuis que les premières ruches ont été installées. En automne, pour préparer les colonies à l’hiver, du miel ou du sirop sont notamment ajoutés aux ruches pour permettre aux abeilles de se nourrir tout l’hiver et pour les aider à rester fortes.

Des cadres à changer
Depuis 28 ans, Les Trois Acres n’ont jamais eu besoin d’acheter de nouvelles colonies d’abeilles. Les deux apiculteurs divisaient les colonies existantes pour augmenter leur production de miel et de cire d’abeille.

« On a eu des hivers où il faisait -40 où on en a perdu un peu. On n’a jamais eu une perte aussi significative, laisse tomber Mme Morel. On recommence à zéro. »

Une colonie d’abeilles coûte 250 $. Cent vingt colonies ont été perdues. C’est sans compter le matériel à remplacer.

« On a une perte de boîtes et de cadres qui sont pleins de miel ou de sirop. On ne peut pas mettre ça en pot parce que ce n’est pas juste du miel. » Ces cadres ne peuvent pas être nettoyés, il faut donc les remplacer.

Il y aura aussi des pertes en vente de miel. L’année passée, l’entreprise apicole avait eu une bonne récolte de miel et de cire. Il reste encore des pots qui pourront être vendus cet été, mais il n’y aura pratiquement aucune récolte cette année, même si les apiculteurs achètent des colonies pour occuper leurs 150 ruches. Liliane Morel explique que les abeilles doivent prendre des forces après avoir été installées dans une ruche.

Sociofinancement
L’entreprise n’est pas assurée. Les assurances coûteraient annuellement presque aussi cher que le remplacement d’une colonie d’abeilles.

« Une amie nous a conseillé de faire [une campagne de financement]. Elle nous a monté la plateforme. On l’a mis en marche vendredi. On n’a rien à perdre et on va voir ce que ça fait. La réponse des gens est vraiment... wow ! Il y a beaucoup de gens qu’on ne connait pas. On est vraiment touché par la générosité des gens. »

Sur un objectif de 20 000 $, une somme de 5000 $ a déjà été reçue en dons de toutes sortes sur le site gofundme.com/3acres.

Liliane Morel rappelle l’importance des abeilles dans l’écosystème notamment pour la pollinisation. « Un tiers de tout ce que nous mangeons est pollinisé par les abeilles, lit-on sur la page de sociofinancement. Les abeilles sont essentielles si nous voulons mettre de la nourriture sur notre table. Sans elles, beaucoup de ces fruits, noix et légumes que nous aimons tant ne seraient plus disponibles. »