Le fils d'un des promoteurs de l'abattoir, Jérémy Gince, indique que «ça va donner des emplois et et faire du bien à la ville».

Abattoir de porcs à Lac-Brome: une idée qui suscite la grogne

À l'emplacement d'un éventuel abattoir de porcs, au coin des chemins Fairmount et Mill dans le secteur Bondville, le paysage champêtre respire la sérénité. Un calme qui tranche avec la réaction de certains voisins au projet envisagé de 35 M $.
« On ne veut pas que ça se retrouve dans l'environnement », dit Melissa Flanders, copropriétaire d'une plantation de baies d'argousier.
« Je sais que personne ne veut ça dans sa cour, mais je ne suis pas en faveur, affirme Brigitte Keszthelyi, qui cultive de la rhubarbe et en commercialise le jus. Avec la route des vins à proximité, ce n'est pas l'endroit idéal. C'est très agrotouristique, ici, et ça va défaire le paysage. Quant à l'odeur... On m'a dit que l'odeur d'un abattoir est très forte. Je suis vraiment en défaveur. »
Le propriétaire du vignoble Les Brome, situé à proximité, est du même avis. « On souhaite le progrès, mais il y a bien d'autres endroits où on pourrait faire ça », dit Léon Courville, aussi président de l'Association des vignerons de Brome-Missisquoi.
« C'est une question d'incompatibilité. C'est un milieu touristique et bucolique naturel, ici, un passage traditionnel entre Bromont et Knowlton et peu marqué par l'industrie. Et le trafic serait non-stop. C'est plein de cyclistes sur le chemin Brome. Imagine avec encore plus de camions... »
Les quelque 70 emplois pressentis n'émeuvent pas Mme Keszthelyi. « De quel type d'emploi on parle ? Quelle est la vision de la Ville ? Je pense qu'on devrait développer davantage l'agrotourisme. Avec un abattoir, on se tire dans le pied. »
Pour l'instant, le projet n'en est qu'à ses premiers couinements. La Ville de Lac-Brome doit en étudier les aspects environnementaux et sanitaires. Des autorisations gouvernementales sont aussi requises avant qu'un feu vert soit donné. « C'est pas demain la première pelletée », dit le directeur général de la municipalité, Gilbert Arel. Mais ça reste une bonne nouvelle économique. »
Emplois
La municipalité de quelque 5600 habitants a été durement touchée par la réduction des activités à l'entreprise Canards du lac Brome, victime de trois incendies en 2016. L'abattoir projeté pourrait employer 70 personnes.
« C'est bien d'avoir de nouvelles possibilités d'emploi », concède Melissa Flanders, copropriétaire d'une plantation de baies d'argousier. « Mais avec un abattoir, il y a toujours des préoccupations. On ne veut pas que ça se retrouve dans l'environnement. »
Un des promoteurs du projet, Jean-Guy Gince, assure que si l'installation voit le jour, elle sera propre et à la fine pointe de la technologie. « On vise le respect des animaux et du voisinage », dit celui qui est aussi propriétaire du Marché de la ferme, sur le chemin Fairmount. Une partie de ses terres doit accueillir l'abattoir et ses dépendances.
M. Gince souligne que les gens du coin n'ont pas à craindre les mauvaises odeurs ou le bruit. « Ce sera un petit abattoir avec un volume d'un demi-million de porcs par année, dit-il. Il y en a peu des comme ça, et ça ne sent presque pas. »
L'installation aura ses propres puits artésiens et champs d'épuration, dit le promoteur, tandis que les déchets seraient évacués par le système municipal. « Ça va donner des emplois et faire du bien à la ville », dit son fils, Jérémy Gince, responsable de la ferme.
Sa voisine, la retraitée Lina Roberts, ne s'inquiète pas non plus de la possible venue d'un abattoir en face de sa maison. « Je ne pense pas que ça sentirait tant que ça et pour le trafic, il y en a déjà beaucoup ici, de toute façon ! »