Aucun ravage ou du surbroutage, laissant entrevoir une surpopulation de cerfs, n’ont été observés dans le secteur, pas plus que des plaintes concernant la présence des animaux comme nuisance n’ont été formulées à la Ville.
Aucun ravage ou du surbroutage, laissant entrevoir une surpopulation de cerfs, n’ont été observés dans le secteur, pas plus que des plaintes concernant la présence des animaux comme nuisance n’ont été formulées à la Ville.

Abattage de cerfs: peu probable à court terme à Granby

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
L’euthanasie annoncée, et confirmée mercredi, de près de la moitié de la population de cerfs de Virginie recensée au parc Michel-Chartrand, à Longueuil, fait réagir. Une telle situation pourrait-elle un jour se produire à Granby, où plusieurs membres de cette espèce sont observés dans les Boisés Miner?

« Depuis que cette nouvelle est sortie, la semaine dernière, j’ai pris le temps de réfléchir », répond Patrick Paré, biologiste et directeur de la conservation et de la recherche au Zoo de Granby, à qui nous avons posé la question.

Selon lui, il est peu probable que la Ville de Granby en vienne un jour à recommander l’abattage de bêtes en raison de plusieurs différences observées entre le parc Michel-Chartrand, d’une superficie de 185 hectares, et le Boisé Miner, qui en fait environ une centaine quand on inclut le Boisé Martel.

« La première chose à prendre en compte, souligne le biologiste, c’est que dans le cas du parc Michel-Chartrand, les cerfs ne peuvent pas en sortir, car il est complètement enclavé par des quartiers résidentiels. Nous, ce n’est pas le cas ici à Granby, même si ça en donne l’impression. Le Boisé Miner s’ouvre vers les Terres Martel et il y a un bon corridor qui mène vers Bromont et des terres agricoles. Si les cerfs ne se sentent pas bien dans le boisé, ils peuvent facilement en sortir. »

Ledit corridor est une bande boisée d’une cinquantaine de mètres de large, située à l’angle des rues George-Slack et John-Dwyer. Maintenir ce passage tel qu’il est est essentiel pour éviter de confiner les espèces animales à ce seul endroit.

Maintenir le corridor à l'angle des rues George-Slack et John-Dwyer est essentiel pour éviter de confiner les espèces animales à ce seul endroit.

« On n’a pas voulu enclaver le boisé, justement pour permettre aux animaux de passer et de quitter par le sud », mentionne Serge Drolet, directeur du service de l’Environnement à la Ville de Granby.

Pas de problématique

Par ailleurs, les cervidés du parc longueuillois sont nourris par les visiteurs et les citoyens avoisinants, une pratique qui est très peu répandue à Granby. « Chaque année, on fait le tour du quartier, explique M. Paré. On a découvert à peine un ou deux sites où il y avait du nourrissage des chevreuils, mais après avoir sensibilisé les citoyens, ça a cessé. »

Patrick Paré est biologiste et directeur de la conservation et de la recherche au Zoo de Granby.

Du même souffle, aucun ravage ou du surbroutage, laissant entrevoir une surpopulation de cerfs, n’ont été observés dans le secteur, pas plus que des plaintes concernant la présence des animaux comme nuisance n’ont été formulées à la Ville.

« S’il y avait une surpopulation, on aurait eu des plaintes, ce qui n’est pas le cas. On en voit régulièrement des cerfs dans ce secteur-là, ça fait partie du plus de vivre dans les Boisés, explique M. Drolet. Mais c’est un animal craintif qui ne va pas vers l’humain. »

Aucun recensement n’a pour l’instant été réalisé afin de connaître le nombre approximatif de cerfs de Virginie vivant dans les Boisés Miner ou à proximité, mais la Ville de Granby, de concert avec le jardin zoologique, œuvre sur un plan de conservation à grande échelle afin de mieux connaître les écosystèmes, la faune et la flore locale de son territoire et pour les mettre en valeur. « On a jamais fait l’inventaire des cerfs au Boisé Miner, mais on est souvent sur place, au moins de 15 à 20 jours par année », indique Patrick Paré, ajoutant que, selon ses observations, l’équilibre démographique de l’espèce semble s’effectuer « naturellement » à l’heure actuelle.

« C’est pour cette raison que je ne suis pas inquiet de vivre quelque chose comme à Longueuil, poursuit-il. En même temps, comme biologiste, je comprends la décision qui a été prise à Longueuil. »

Au moment de publier, nous attendions toujours un retour du ministère de la Faune.