Une nouvelle étude permettra de statuer si un secteur du 6e rang, sur les rives de la rivière Noire, est exposé ou non aux risques de glissements de terrain.

À risque ou non, le secteur du 6e rang à Ste-Cécile ?

Jugé zone à risque de glis­sements de terrain, un secteur de Sainte-Cécile-de-Milton cause des soucis à la municipalité et à des propriétaires qui, en principe, n’ont plus l’autorisation d’obtenir le moindre permis pour leur résidence du 6e rang bordant la rivière Noire.

Selon le maire de Sainte-Cécile-de-Milton et préfet de la Haute-Yamaska, Paul Sarrazin, une quarantaine de résidences seraient touchées par cet imbroglio. Souvent construites au milieu des années 1900 comme chalets ou résidences d’été sur le bord de l’eau, ces propriétés ont vieilli — et souvent grandi — de façon aléatoire, sans les autorisations nécessaires­, dans certains cas.

Champs d’épuration communs, rénovations ou agrandissements, modifications du terrain... M. Sarrazin­ mentionne qu’un certain laxisme a prévalu au fil des ans.

Aujourd’hui, les modestes chalets sont parfois devenus des résidences principales de bonne taille.

Pourtant, explique M. Sarrazin, l’ancien schéma d’aménagement adopté par la MRC de la Haute-Yamaska il y a une « vingtaine d’années » avait déjà identifié ce secteur comme étant une zone à risque. Et cela se retrouve également dans le nouveau schéma révisé. « Quand on lit attentivement le schéma, on se rend compte qu’on ne devrait pas y délivrer de permis pour quoi que ce soit. »

Résultat : il règne présentement une certaine confusion. « Aujourd’hui, il y a des gens du 6e rang qui demandent des permis pour construire un garage, mettre à jour leurs installations septiques ou faire un agrandissement, par exemple, et à qui on doit dire non. Selon le règlement, si on veut être by the book, on n’émet pas de permis, même s’ils veulent bien faire, comme se conformer aux normes sanitaires par exemple. »

Une situation délicate qui pourrait même, à la limite, nuire à la vente de leurs propriétés. 

Pas plus de risque

André Couture réside dans ce secteur depuis des années. Joint mardi, il a raconté avoir obtenu tous les permis nécessaires pour construire sa maison et son garage en 1998. Selon lui, cet emplacement ne comporte pas plus de risque qu’ailleurs.

« On n’est pas sur l’argile, mais sur le tuf [schiste] ; c’est censé être solide. Il y a toujours un risque sur le bord des cours d’eau, mais je n’ai jamais vu de glis­sement de terrain ici. J’ai 77 ans et j’ai toujours demeuré près de cette rivière ! »

Ancienne étude 

Paul Sarrazin indique que la désignation de la zone exposée aux glissements de terrain — et les problèmes de permis qui en découlent — provient d’une étude datant de l’époque de l’ancien schéma d’aménagement, et qu’il importe que la MRC se penche à nouveau sur ce dossier, avec les outils et les connaissances de pointe d’aujourd’hui.

« On demande à la MRC de corriger le tir, car il y a une lacune identifiée, mais qui est passée sous le radar dans le nouveau schéma d’aménagement. Sans mauvaises intentions, j’en suis certain. »

Les maires de la Haute-Yamaska ont donc octroyé, récemment, un mandat pour identifier les zones potentiellement exposées aux glissements de terrain sur les talus de la rivière Noire et d’un tronçon de la rivière Mawcook, notamment. Ce nouveau portrait sera dressé par l’Agence géomatique montérégienne GéoMont pour la somme de 8512 $ plus taxes.

En rappelant qu’il s’agit d’une urgence, Paul Sarrazin espère obtenir le rapport en février ou mars prochain.

Il s’attend à l’une ou l’autre des conclusions suivantes : « Soit l’ancienne étude n’avait pas sa raison d’être et on l’enlève du schéma d’aménagement ; soit l’interdiction de délivrer des permis est partielle ; soit on fait face à une interdiction totale, ce qui serait le pire scénario. »

Dans un tel cas, M. Sarrazin craint que cela ouvre la porte à « une escalade de poursuites ». « On le fait dans l’intérêt de la municipalité et des citoyens. On veut démontrer qu’on agit en bon père de famille. On prend le problème­ de front et on le règle. »