Vincent Fortin-Coderre a bien tenté de corriger les problèmes rencontrés en grande finale provinciale de Science, on tourne!, mais l’état des moineaux de badminton a nui à toutes les équipes. Celle de Granby n’a pas réussi à repartir avec la première place.

À quelques volants d’un doublé

Les cerveaux étaient en ébullition et il y avait de la tension dans l’air au Cégep de Granby, samedi. Les étudiants d’une trentaine de cégeps du Québec étaient mis à l’épreuve dans le cadre de la finale québécoise de Science, on tourne !, le concours scientifique intercollégial du Québec qui se déroulait à l’auditorium de l’établissement. Le moment où leur bolide était en action donnait lieu à toute une gamme d’émotions.

Les concurrents devaient réaliser le défi L’As du volant en construisant un engin capable de se déplacer en suivant un axe et de projeter des moineaux de badminton dans les cases les plus payantes d’une grille. 

Une fois démarré, le bolide était entièrement autonome et les étudiants ne pouvaient plus corriger sa trajectoire.

Lorsque certaines équipes étaient sur le point d’avoir un bon pointage, les exclamations se faisaient entendre dans l’auditorium. 

À Granby, un cours entier était consacré durant la session d’hiver au concours scientifique intercollégial. Les équipes locales avaient donc un double enjeu : les notes et la compétition.

L’équipe choisie à la finale locale a eu un mois pour peaufiner son engin et, lors des pratiques, elle arrivait à inscrire avec constance une marque parfaite de 42 points. 

L’issue du concours a été décidée en toute fin d’après-midi alors que les cinq meilleures équipes étaient en lice. Le duo de Granby avait de sérieuses chances de l’emporter, mais il a finalement terminé en cinquième position.

« On a fini deuxième dans la première partie avec un score parfait, relate Vincent Fortin-Coderre, qui faisait équipe avec Younès Benaddi. On avait le même bolide, on pensait faire le même nombre de points, mais je pense que, comme les moineaux [étaient usés], ça a eu un effet sur notre score. »

Quatre de ces cinq équipes avaient eu précédemment un pointage parfait, mais aucune n’a réussi à répéter l’exploit. Certains moineaux avaient d’ailleurs des signes évidents d’usure, a souligné M. Fortin-Coderre.

« On est fier de ce qu’on a fait. Une cinquième place, c’est quand même bien. Ç’a été un beau projet. On y a mis beaucoup d’heures, beaucoup de nuits blanches. » Ils ont par ailleurs obtenu eu une note parfaite pour leur cours.


Sébastien Godin-Proulx, Stéphane Thériault et Jean-François Rivard ont remporté le volet amateur du concours.

La victoire des profs

Les enseignants et techniciens participaient également, en marge de l’événement principal. Vendredi soir, les huit équipes de profs ont lancé le concours avec leur propre compétition.

L’équipe de Granby était formée de Jean-François Rivard et Sébastien Godin-Proulx, enseignants en physique, et de Stéphane Thériault, technicien en travaux pratiques (physique).

Les Granbyens sont les seuls à avoir obtenu un score parfait. L’an dernier, ils avaient eu un peu plus de difficulté alors que le défi consistait à ramasser des balles de golf avec le bolide. « Cette année, c’est la première fois où on est parti avec plusieurs prototypes à tester et, une fois qu’on avait trouvé la meilleure idée, on a mis du temps dessus », explique M. Godin-Proulx.

« C’est sûr que c’est plaisant [de gagner]. On était les hôtes et on a été sérieux », renchérit M. Rivard.

En temps normal, les étudiants de Granby obtiennent un meilleur résultat que leurs enseignants et ces derniers espéraient bien que la tendance se maintienne afin que le Cégep de Granby soit doublement gagnant. Malheureusement, ce sera pour un prochain rendez-vous.

Des équipes de partout au Québec se sont déplacées à Granby pour la finale provinciale de Science, on tourne!. Sur la photo, l’équipe du Cégep de la Gaspésie est à l’oeuvre.

EXPÉRIENCE DÉTERMINANTE

Science, on tourne ! en était à sa 26e édition. Des représentants de cégeps venus d’aussi loin que de la Gaspésie, de Sept-Îles et de l’Abitibi étaient présents pour se livrer bataille.

Les heures consacrées à ce concours pendant une session permettent d’élaborer et de mettre sur pied une idée pour relever le défi qui est dévoilé au début de l’année. « Pour les étudiants, ça motive leur intérêt pour les sciences et les techniques et permet de réaliser un projet concret mettant en valeur ce qu’ils apprennent à l’école », souligne Marcel Lafleur, directeur du Centre de démonstration en sciences physiques au Cégep Garneau, à Québec, qui coordonne l’ensemble des opérations de Science, on tourne !.

Les témoignages qu’il reçoit régulièrement d’anciens participants lui permettent de constater que les souvenirs du concours restent gravés longtemps dans leur mémoire et que leur participation a été déterminante dans leur parcours scolaire.