Les candidats péquistes d’Iberville et de Brome-Missisquoi, Nicolas Dionne et Andréanne Larouche (à gauche), flanqués de leur collègue dans Berthier et porte-parole en matière d’agriculture, André Villeneuve (complètement à droite), ont visité lundi la ferme d’Yvon Boucher (au centre) en compagnie de l’étudiante Clémence Charbonneau.

À l’écoute des agriculteurs

Les candidats péquistes d’Iberville et de Brome-Missisquoi, Nicolas Dionne et Andréanne Larouche, flanqués de leur collègue dans Berthier et porte-parole en matière d’agriculture, André Villeneuve, ont visité quelques fermes au cours de l’après-midi, lundi, afin de prendre le pouls des producteurs et de les assurer qu’ils étaient présents pour eux.

Ils en ont eu le cœur net en rencontrant Yvon Boucher, copropriétaire de la ferme bovine Boucher & Frères du rang Pipeline, à Saint-Césaire.

Selon lui, la principale préoccupation des producteurs agricoles, à l’heure actuelle, est l’avenir de la gestion de l’offre. « Déjà, depuis quelques années, on a perdu 10 % de nos quotas. Si on s’abaisse encore devant les Américains, ça pourrait être catastrophique », craint le producteur.

Bien que l’enjeu en soit un de juridiction fédérale, M. Boucher et ses confrères veulent des députés et un gouvernement provincial prêt à se tenir debout et à réclamer d’Ottawa qu’il fasse ce que doit, clame le principal intéressé.

Sur ce point, M. Boucher se dit rassuré. « La sortie commune des quatre partis la semaine dernière démontre que la volonté politique est là », dit-il.

Plus de souplesse
Par ailleurs, les producteurs réclament de Québec davantage de souplesse dans l’application des règlements et un allègement de la bureaucratie, qui les détournent de leur mission première, soit de nourrir les Québécois.

« On voudrait qu’ils [NDLR : les inspecteurs] nous lâchent un peu sur les normes environnementales, lâche Yvon Boucher. On est continuellement accusés de toutes sortes de choses. Pourtant, on prend soin de nos terres, c’est notre gagne-pain. »

« Et il y a énormément de paperasse, de formulaires à remplir et à faire signer par des agronomes. Ça prend un temps fou à faire tout ça », renchérit le producteur laitier.

En plus de nourrir la province, les producteurs agricoles font tourner l’économie locale, a rappelé M. Boucher. « Ici, on investit environ un demi-million de dollars chaque année, illustre-t-il. Nos équipements sont construits à Drummondville, on embauche des vétérinaires, des nutritionnistes, des mécaniciens, sans compter les livreurs et les réparateurs qui viennent nous aider. L’argent qu’on gagne est constamment réinvesti dans notre milieu. »

Mesures
« On souhaite reconnaître l’apport environnemental de l’agriculture au patrimoine naturel », a annoncé M. Villeneuve.

« La protection des terres humides, l’aménagement de bandes riveraines... Tout ça fera l’objet d’un crédit d’impôt, indique pour sa part M. Dionne. Actuellement, il n’y a pas d’incitatif à faire ce genre d’aménagement, mais c’est une mesure pour l’environnement et le producteur ne peut pas cultiver sur cette superficie. »

Un gouvernement du Parti québécois renverserait aussi le fardeau de la preuve envers les fonctionnaires en ce qui a trait au moratoire sur les zones de friche. Ainsi, il ne reviendrait plus au producteur de prouver qu’une parcelle de sa terre n’est plus cultivable, et qu’en conséquence il doit défricher un peu plus loin.

En ce qui a trait à la relève, qui peine à accéder à la propriété agricole, le PQ souhaite mettre en place un système de préautorisation de prêt, comme pour une hypothèque, pour permettre aux jeunes producteurs d’approcher concrètement ceux à qui ils veulent acheter des terres. La formation politique souhaite aussi utiliser à son plein potentiel le Fonds d’investissement pour la relève agricole. « Depuis huit ans, ce sont environ 20 des 45 millions de dollars qui s’y trouvent qui ont été utilisés, souligne M. Villeneuve. On veut libérer ces fonds. »

Le système de banque de terres, né dans Brome-Missisquoi, continuera aussi à faire des petits au Québec, indique-t-on. « C’est un modèle particulier, qui a fait ses preuves, indique Mme Larouche. On a vu que ça a permis à des jeunes de se lancer. »

Enfin, la politique de souveraineté alimentaire du PQ, qui souhaite que les repas servis par les établissements publics soient composés, à plus de la moitié, d’aliments locaux, permettra de mettre en valeur les produits d’ici. « Il y a 30-40 ans, les aliments du Québec composaient environ 70 % de l’assiette des Québécois, affirme André Villeneuve. Aujourd’hui, on parle plutôt de 30 %. On souhaite renverser la tendance. »